La collision de deux trains à Zoufftgen en Moselle, le 11 octobre 2006 © LCI-TF1Une collision frontale entre un convoi de voyageurs et un train de marchandises s'est produite mercredi en Lorraine, à la frontière franco-luxembourgeoise, faisant cinq morts et cinq blessés, selon le dernier bilan officiel provisoire. En début de soirée, la préfecture de Moselle faisait état de cinq "décès confirmés", dont les conducteurs des deux trains, deux blessés graves, trois blessés légers et 10 personnes "choquées". "Ces dernières ont, toutes, regagné leur domicile", a-t-on ajouté de même source. "Des personnes sont encore incarcérées, ce qui peut encore faire évoluer le bilan humain", a précisé la préfecture, en ajoutant que les victimes étaient de nationalités française, luxembourgeoise et italienne, sans autre précision.
Peu après le choc, qui s'est produit vers 11h45 sur une voie unique à Zoufftgen, dans le Nord de la Moselle, la SNCF-Lorraine avait fait état de 12 morts et de 21 blessés. "Il y avait dans les wagons moins de personnes que l'on croyait", a indiqué le ministre des Transports, Dominique Perben, sur France Info, expliquant ainsi la distorsion entre les différents bilans.
La collision, d'une grande violence, s'est produite dans un virage entre un train régional luxembourgeois et un convoi de matériels sidérurgiques qui allait de Thionville (Moselle) à Luxembourg, a indiqué la préfecture. D'une capacité de 350-400 places, le train de voyageurs ne transportait qu'une "vingtaine" de personnes entre Luxembourg et Nancy. Le matin et la soir, ce train régional est habituellement bondé avec des travailleurs frontaliers français.
"Nez-à-nez"
Quelque 150 sapeurs-pompiers français et luxembourgeois, une centaine de gendarmes français, 50 véhicules de secours, sept équipes de désincarcération françaises et luxembourgeoises, et un hélicoptère du Samu étaient toujours à pied-d'oeuvre en début de soirée. Les opérations de secours devaient se poursuivre toute la nuit dans des conditions difficiles, avec plusieurs engins de désincarcération et de levage attendus sur les lieux. "En raison de travaux en cours depuis un mois, une seule voie était en service et le trafic ferroviaire était alterné", a expliqué un porte-parole des chemins de fer français à Metz. "Pour des raisons devant être éclaircies, les deux trains se sont retrouvés nez-à-nez" dans un virage, a-t-il ajouté.
Selon le directeur exécutif de la SNCF, Guillaume Pépy, "le train de fret s'est engagé le premier sur la voie" et a "passé un signal au vert, de voie libre". "Le conducteur, qui est décédé, n'a pas franchi un signal au rouge", a-t-il insisté. Pour Bertrand Mertz, vice-président du Conseil régional de Lorraine interrogé par France 3, il s'agirait d'une "erreur d'aiguillage des Luxembourgeois". Le porte-parole des chemins de fer luxembourgeois, Paul Potter, a indiqué de son côté qu'il ne pouvait "ni confirmer ni démentir" cette déclaration. Le train de voyageurs comportait trois rames Alstom à deux niveaux de nouvelle génération tandis que le convoi de fret était tracté par une locomotive Alstom, également de construction récente.
Numéro vert
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, s'est aussitôt rendu sur place avec Dominique Perben, où il a été rejoint par le chef du gouvernement luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, pour exprimer leur sympathie aux familles des victimes. Il avait décollé en tout début d'après-midi pour la Guadeloupe mais avait fait demi-tour pour rejoindre les lieux de l'accident.
Jacques Chirac a appelé à faire "rapidement toute la lumière sur les circonstances de ce dramatique accident". Les syndicats de cheminots ont également fait part de leur émotion en soulignant l'importance de la "sécurité ferroviaire (...), jamais un acquis". Deux enquêtes ont été ouvertes, l'une par la SNCF, l'autre par le "Bureau enquêtes accident", tandis que le parquet a ouvert une information pour "homicide involontaire". Un numéro vert, le 0800.130.130, a été mis en place pour les familles des victimes.
D'après agence
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