Opération de police aux Mureaux le 4 octobre 2006 © TF1-LCIIls recherchaient cinq personnes, il y a finalement eu une interpellation. Sous les caméras des journalistes prévenus de l'intervention (mais par le ministère de l'Intérieur selon la Direction générale de la police), une centaine de policiers est intervenue ce mercredi matin, à 6h dans la cité des Musiciens, aux Mureaux dans les Yvelines, après les échauffourées entre des jeunes et des policiers dimanche. Les domiciles des cinq personnes recherchées ont été perquisitionnés. Mais on ignore encore si le matériel dérobé dimanche à la police -un flash-ball et ses munitions et deux radios de police- avait été retrouvé.
Et l'intervention aux Mureaux vire à la polémique. S'il n'y a pas eu d'incident avéré, certains habitants criaient à leur fenêtre leur hostilité à l'opération et d'autres ont dénoncé la brutalité de cette intervention. Ils ont affirmé que leurs portes avaient été défoncées, leurs habitations "retournées" et leurs enfants "braqués" avec des armes. Une cinquantaine de jeunes étaient présents devant les immeubles voisins, se moquant de la police.
Une expertise va être menée
Critiquée par les habitants, l'opération l'est aussi par le maire des Mureaux, François Garay (DVG), qui s'est déclaré indigné de ne pas en avoir été informé. "Suis-je un maire qui compte pour du beurre? (...) On me parle des pouvoirs étendus du maire mais je n'ai été prévenu qu'à 7h45 de l'intervention de la police alors que l'ensemble des médias étaient présents dès 5h30".
La police des Yvelines a réclamé une expertise sur les conditions dans lesquelles s'est déroulée l'opération. Elle sera menée par la direction centrale de la Sécurité publique avec les autorités locales, répond la police nationale. Les conclusions de l'expertise "seront communiquées en toute transparence dès qu'elles seront disponibles", promet la police nationale.
Mercredi, en fin d'après-midi le préfet des Yvelines, Christian de Lavernée, a assuré qu'après "une révision minutieuse de l'ensemble de l'intervention", il était parvenu à la conclusion que "les policiers avaient strictement respecté la procédure". Il a toutefois admis qu'ils avaient pénétré "suite à une erreur de renseignements" dans un appartement qui n'avait rien à voir avec l'affaire, mais a assuré qu'ils s'en étaient excusés. Selon le préfet, une seule des quatre personnes recherchées a été arrêtée. Elle serait fichée pour 14 vols à main armée, les trois autres étant aussi selon lui des multi-récidivistes.
Sept policiers légèrement blessés
L'opération faisait en tout cas suite aux incidents qui ont éclaté dimanche dans ce quartier à l'entrée des Mureaux (où des émeutes s'étaient déjà produites à plusieurs reprises lors des violences de novembre) après le refus d'obtempérer d'un jeune conducteur lors d'un contrôle routier. Des sources judiciaires et policières avaient affirmé que de 130 à 250 personnes s'étaient opposées aux forces de l'ordre tandis que des témoins parlaient tout au plus d'une cinquantaine de personnes et se disaient révoltés par la brutalité avec laquelle, selon eux, les policiers avaient arrêté le suspect. Sept policiers avaient été légèrement blessés, selon des sources policières. La police avait aussi indiqué qu'une de ses voitures avait été brûlée.
En début de semaine dernière, la police était intervenu aux Tarterêts, à Corbeil-Essonne, également avant l'aube, pour un vaste coup de filet : une douzaine de personnes avait été interpellées (toutes recherchées) après l'agression violente de deux CRS la semaine précédente.
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