L'interpellation le 31 octobre 2006 de l'un des 5 jeunes auteurs de l'incendie d'un bus à Marseille, ayant gravement blessé une femme © TF1-LCI/AFP-M.GangneIls étaient toujours interrogés par les enquêteurs mardi soir, avant une probable mise en examen. Dominique de Villepin a confirmé mardi à l'Assemblée nationale que les cinq mineurs interpellés mardi à l'aube à Marseille et placés en garde à vue étaient bien "les auteurs présumés" de l'incendie du bus samedi à Marseille, ayant gravement brûlé une jeune femme. La conductrice du bus attaqué les a d'ailleurs reconnus. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, doit se rendre ce mercredi à Marseille pour rencontrer sa famille, ainsi que les enquêteurs et les services concernés.
Parmi les cinq mineurs arrêtés, "trois ont à peine plus de 17 ans, deux à peine plus de 15 ans", a affirmé le ministre délégué à l'Aménagement du territoire, Christian Estrosi, qui s'exprimait au nom de Nicolas Sarkozy. L'opération de police a débuté dans des immeubles de la cité des Oliviers, située à quelques centaines de mètres du rond-point où le bus de la RTM a été incendié. Elle s'est poursuivie dans la cité voisine des Lilas. L'opération, qui a mobilisé une cinquantaine d'agents de la brigade criminelle et des brigades anti-criminalité (BAC), s'est déroulée sans incidents. "C'est mon fils, il a quatorze ans, il a un alibi", a crié un père lorsque son garçon a été emmené par les policiers.
Ils encourent 30 ans de prison
Interrogé par LCI, Bernard Coumes, secrétaire régional du syndicat Police Alliance, a expliqué que les cinq suspects avaient pu être identifiés grâce aux témoignages de certains passagers du bus, mais aussi d'habitants du quartier. Ceux-ci avaient été prévenus notamment par des tracts dans leurs boîtes aux lettres les appelant à témoigner, méthode nouvelle mais qui "a porté ses fruits" a-t-il expliqué. L'information du Parisien de mardi n'a en revanche pas été confirmé : il affirmait que les films du système vidéo du bus n'avaient pas été trop endommagés et qu'ils avaient pu être décryptés par les enquêteurs.
Ces mineurs sont en tout cas tous "un peu connus" et pour l'un d'eux "gravement connu des services de police" (pour vols ou trafic de drogue), selon le procureur. Ce dernier devrait décider mercredi soir ou jeudi matin s'ils seront déférés en vue d'une mise en examen. Ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle, l'enquête visant un incendie volontaire ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
Mama Galledou, brûlée aux deux-tiers samedi soir, est toujours entre la vie et la mort. Elle est toujours sous assistance respiratoire. 250 personnes ont participé en fin de matinée à une manifestation pour la soutenir. "Nous faisons partie de ce quartier et regrettons le drame qui s'y est déroulé", a déclaré Ahmed Charaï, doyen de la faculté des sciences et techniques, où s'est déroulé le rassemblement. Nicolas Sarkozy doit se rendre mercredi à Marseille pour rencontrer la famille de Mama Galledou. Le ministre de l'Intérieur devrait ensuite réunir à la préfecture les enquêteurs et les services concernés.
(Avec agence)
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