© AFP/ Michel GangneMama Galledou, l'étudiante marseillaise d'origine sénégalaise, brûlée sur plus de 60% de son corps dans l'incendie du bus, samedi soir à Marseille, luttait toujours lundi soir contre la mort. La jeune femme de 26 ans, "a passé avec succès le cap des premières 36 heures" même si le pronostic vital reste "engagé", selon son médecin, qui donne un "délai pour se prononcer de trois semaines", d'autant qu'"un certain nombre de complications sont susceptibles d'apparaître, d'ordre respiratoire, neurologique, nutritionnel, rénal".
"Le temps des greffes viendra lorsque sera évalué de manière plus fiable la profondeur des blessures", a-t-il ajouté. En attendant, Mama Galledou "est maintenue en coma artificiel pour calmer sa douleur et la ventiler, elle ne souffre pas en ce moment". La famille de la victime a pu se rendre discrètement à la mi-journée à son chevet. Mama Galledou est inscrite en première année de master de nutrition à la faculté de Marseille-Aix III au campus de Saint-Jérôme, selon l'université. Un rassemblement de soutien à la victime est prévu à 11h30 mardi à Marseille à l'appel des enseignants et de la faculté Saint Jérôme où elle a étudié.
Jeunes des cités voisines
Lundi matin, Nicolas Sarkozy a déclaré sur Europe 1 que la police était sur la piste des incendiaires de l'autobus. "Il y a un énorme travail qui a été fait depuis que cet acte criminel inadmissible, inacceptable, et qui ne restera pas sans réponse, a été commis", a-t-il expliqué. Je me suis "engagé devant la famille, que j'ai eu plusieurs fois au téléphone, à ce que nous retrouvions les coupables et j'ai bon espoir que, dans les prochains jours, il y ait des éléments nouveaux", a-t-il souligné. "Nous avons des éléments qui nous permettent de penser qu'il y a dans les auteurs des mineurs", a-t-il ajouté.
Selon les premiers témoignages, ce sont quatre jeunes au visage dissimulé par une capuche qui ont incendié l'autobus avec du liquide inflammable ou un cocktail Molotov. Le fait qu'ils se soient enfuis à pied laisse penser aux 30 à 35 enquêteurs en charge d'élucider ce drame qu'il s'agit de jeunes du coin, des cités des Lilas, des Oliviers ou des Hirondelles, même si aucune interpellation n'a eu lieu. Les indices matériels sont difficilement exploitables, l'incendie ayant rendu inutilisable la vidéo du bus et détruit les empreintes.
Mais "ça pourrait avancer très rapidement", a confié une source proche de l'enquête, d'autant que trois ou quatre personnes de quartiers proches ont livré lundi soir des témoignages qui pourraient être rapidement "exploitables", selon le procureur de la République de Marseille. En revanche, les trois ou quatre passagers qui avaient pu sortir rapidement du bus et rentrer chez eux ne se sont toujours pas présentés pour témoigner de cette attaque malgré les nombreux appels à témoins, a-t-il précisé.
Sécurité renforcée
Les conducteurs de bus, qui avaient exercé leur droit de retrait dimanche, ont tout de même repris le volant lundi à Marseille, dans la peur et l'indignation. En revanche, à Nice, en signe de solidarité, des conducteurs de bus ont refusé de travailler à l'appel de la CGT. Dominique de Villepin a présidé ce lundi matin, à Matignon, une réunion sur la sécurité et les transports publics (lire notre article), après l'émotion unanime suscitée par l'incendie volontaire d'un bus samedi à Marseille où une jeune femme a été grièvement brûlée.
Face à cet incident, le plus dramatique autour de 'l'anniversaire' redouté de la première nuit d'émeutes de 2005, l'émotion a été générale et a amené le gouvernement à décider un renforcement de la sécurité dans les transports. Des mesures ont été immédiatement arrêtées : le nombre de CRS a été doublé à Marseille, avec l'envoi de deux compagnies s'ajoutant aux deux déjà en place. Depuis dimanche, une "tolérance zéro" est appliquée dans huit zones "sensibles" de la ville, a indiqué le préfet de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur) Christian Frémont, ajoutant que les quatre terminaux principaux de bus feraient par ailleurs l'objet d'une "surveillance permanente" par la sécurité publique (lire notre article).
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



