Les opérations de désincarcération à Zoufftgen en Moselle, le jeudi 12 octobre 2007 © LCI-TF1Que s'est-il passé mercredi à Zoufftgen ? La découverte d'une boîte noire d'un des trains jeudi matin, alors que se poursuivent les opérations de désincarcération, devrait aider à y voir plus clair sur la collision des deux convois qui a fait cinq morts et deux blessés graves. Il reste un mystère : cinq minutes avant l'accident survenu à 11H45 et, avant de passer la frontière, le train régional reliant Luxembourg à Nancy s'est arrêté en gare. Il est alors reparti, "mais on ne sait pas pourquoi", a expliqué jeudi le patron des chemins de fer luxembourgeois.
"Il a redémarré parce qu'il a eu l'autorisation de redémarrer", assure fermement le pdg luxembourgeois, sans exclure que cette autorisation ait été donnée en dépit d'un feu rouge. "C'est prévu dans les réglementations aussi bien en France qu'au Luxembourg. Il se peut très bien qu'il y ait un dérangement de feu, on ne peut pas arrêter tous les trains", a-t-il ajouté. Un tel redémarrage suppose alors "beaucoup de conditions" dont une bonne coordination avec "le poste directeur en face". C'est-à-dire en France...
"Erreur d'aiguillage"
La SNCF a pour sa part affirmé dès mercredi que son train de marchandises s'était "engagé sur la voie au feu vert", assurant qu'un passage au rouge aurait provoqué l'arrêt automatique du convoi. Bertrand Mertz, vice-président du Conseil régional de Lorraine, avait quant à lui parlé d'une "erreur d'aiguillage des Luxembourgeois". "Si les dispositifs ont fonctionné comme il se doit, c'est l'erreur humaine qui est probable", a renchéri jeudi matin sur France Info le secrétaire fédéral CFTC des Transports, Bernard Aubin.
Les parquets de Thionville et de Luxembourg ont ouvert chacun une information judiciaire pour "homicides et blessures involontaires". Des observateurs de chaque pays suivront la procédure ouverte par le voisin. Des enquêtes techniques ont également été ouvertes par la SNCF, le Bureau enquêtes analyses (BEA) du ministère des Transports et les CFL.
"Les investigations seront longues, techniques et délicates", a indiqué Catherine Galen, vice-procureur du TGI de Thionville. Elle a souligné qu'à ce stade "aucune perspective sérieuse ne peut être donnée dans ce dossier", se refusant à privilégier une des pistes suivies par les enquêteurs. Elle a confirmé que le train de voyageurs luxembourgeois s'était arrêté deux minutes avant l'accident pour une raison inconnue. "Il y a eu forcément un dysfonctionnement quelque part", a-t-elle noté. Elle a reconnu que "la double compétence judiciaire complique singulièrement l'enquête".
Pas de miracle
Les personnes décédées sont deux Luxembourgeois et trois Français. Parmi elles, les deux conducteurs de train et un ouvrier du chantier. Aucune nouvelle victime n'a été découverte jeudi matin dans les décombres. "La probabilité de découvrir des personnes encore en vie apparaît désormais très faible", a averti la préfecture. Le parquet de Thionville a toutefois indiqué jeudi après-midi qu'une personne susceptible d'avoir voyagé à bord du train de voyageurs était encore portée disparue. Il s'agit d'un résidant en France, dont "la famille déplore la disparition", et à propos duquel "des éléments laissent à penser qu'il aurait pu se trouver dans ce train".
Dans la matinée, deux wagons de fret ont été enlevés et posés sur un talus attenant par les grues acheminées sur place. Deux wagons de voyageurs restés sur les rails étaient en cours de retrait à la mi-journée, tandis que le relevage de la motrice surmontant un wagon luxembourgeois devait avoir lieu "dans le courant de l'après-midi". La circulation des trains entre Luxembourg et Thionville a été interrompue et remplacée par un service d'autobus.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





