Une voiture au coeur des violences urbaines © LCIPlusieurs policiers ont été agressés par une trentaine de jeunes, dans la nuit de vendredi à samedi à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, et l'un d'eux, blessé, a été hospitalisé, a-t-on appris samedi de source policière à Paris. Des syndicats de police ont indiqué samedi matin que ce policier, blessé à la mâchoire et hospitalisé "après avoir reçu une pierre au visage". Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance (1er syndicat de gardiens de la paix) a déclaré qu'il s'agissait d'un "guet-apens". Les jours du policier blessé ne sont pas en danger, a précisé la police.
Selon les premiers éléments de l'enquête, des policiers locaux ont été appelés vendredi peu avant 23h pour un vol à la roulotte du côté de la cité sensible Orgement, à Epinay-sur-Seine. Arrivés sur place en voiture, entre deux et quatre policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) ont été "entourés par une trentaine de jeunes dont certains encagoulés". Ces derniers ont bloqué le véhicule de la BAC avec leurs voitures et ont aspergé les policiers avec du gaz lacrymogène. Les policiers ont réussi à sortir de leur véhicule de service en tirant des coups de feu en l'air.
Volonté nouvelle de "se faire un flic"
"Les policiers en ont ras-le-bol d'être pris à partie et caillassés par une minorité de jeunes", a déclaré Frédéric Lagache. "L'administration doit réagir et nous donner les moyens de travailler", a-t-il ajouté. Les policiers "sont tombés dans un véritable traquenard, selon mes informations", a également déclaré Nicolas Comte, secrétaire général du Syndicat général de la police (SGP - FO). "Je veux dire mon sentiment de révolte et de colère. Les policiers sont inquiets car la situation se dégrade dans les banlieues. Il y a maintenant la volonté, nouvelle, de se faire un flic, une volonté de tuer, et c'est inacceptable", a-t-il estimé.
L'UNSA-police a dénoncé des "agressions de plus en plus violentes" contre les forces de l'ordre. Dans un communiqué de son secrétaire général, Joaquin Masanet, l'UNSA "met en garde les autorités de l'Etat contre les agressions de plus en plus violentes et de plus en plus fréquentes à l'encontre des policiers". Le syndicat indépendant des commissaires de police (SICP-CFDT) exige pour sa part des "sanctions exemplaires".
Dans un courrier adressé à ce policier de la brigade anti-criminalité, rendu public par la place Beauvau, Nicolas Sarkozy exprime son "total soutien" ainsi que ses "voeux de prompt rétablissement" au policier blessé. Le ministre a également envoyé une lettre au Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Seine-Saint-Denis, lui demandant d'adresser le même message de soutien aux deux autres policiers qui se trouvaient en sa compagnie.
Des policiers ont utilisé leurs armes jeudi à La Courneuve |
Des policiers ont fait usage de leurs armes, jeudi à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, a-t-on appris samedi de source policière. Jeudi midi, selon cette source, deux policiers d'une section opérationnelle de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG) étaient "en exercice de filature" non loin de la cité HLM des 4000 quand ils ont été "témoins d'un vol à l'arraché". Ils sont alors intervenus "afin de tenter de maîtriser" l'auteur présumé des faits, mais ont "été pris à partie par une trentaine de jeunes qui les ont roués de coups", selon la même source policière. Ils ont été très légèrement blessés et ont utilisé leurs armes de service "afin de se dégager", selon cette source, faisant fuir les jeunes alors que des renforts de police intervenaient.
Par ailleurs, environ 200 personnes ont manifesté samedi aux Mureaux, dans les Yvelines, à l'appel de plusieurs associations pour "le respect" et "la dignité", après des échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre le 1er octobre, suivies d'une intervention très médiatisée de la police.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



