"Les policiers sont tombés dans un guet-apens"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 02 octobre 2006 à 19h15 , mis à jour le 02 octobre 2006 à 22h18

Après l'agression de six policiers aux Mureaux dimanche, un représentant du syndicat Alliance fait part à LCI.fr de son exaspération.

La cité des Mureaux dans les Yvelines. TF1/LCILa cité des Mureaux dans les Yvelines © TF1/LCI

LCI.fr : En l'espace de deux semaines, deux CRS ont été tabassés aux Tarterêts, d'autres pris pour cibles à Vitrolles. Et là, ces nouvelles échauffourées, aux Mureaux. Constatez-vous une recrudescence des violences dans les banlieues ?

Jean-Philippe Cambier, Alliance, secrétaire départemental des Yvelines : Pour les statistiques, je ne sais pas. Une chose est sûre en revanche : on a atteint un cran supplémentaire. Les actes sont beaucoup plus violents, beaucoup plus organisés. Ils ne sont plus le fait de deux-trois mecs qui veulent se coltiner un flic.

Vous parlez d'échauffourées, c'est bien plus : les policiers sont tombés dans un guet-apens. L'automobiliste a refusé d'obtempérer puis il a foncé délibérément sur la voiture de policiers qui lui barrait la route. Il est ensuite sorti armé d'un cutter. Quand trois de mes collègues ont essayé de l'interpeller, 250 individus sont venus les encercler. Ils leur ont envoyé des projectiles de toutes sortes. Ce sont des gens pour la plupart connus des services de police. L'un des frères du conducteur est venu armé d'un bouclier artisanal armé de manche de pioches. Il a lancé aux policiers : "vous ne sortirez pas vivant d'ici". Ce genre d'échauffourées, moi j'appelle ça une tentative d'homicide.

LCI.fr : Il y a deux semaines, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait crée la polémique en parlant de démission de la Justice, vous partagez cet avis ?

J-P. C. : Je ne veux pas relancer le débat mais il existe un vrai sentiment d'impunité chez les jeunes de la cité qui les pousse à aller beaucoup plus loin dans les violences. Un sentiment qui leur permet de jouer les caïds dans les cités. Les valeurs y sont inversées. Le héros là-bas n'est pas celui qui défend la veuve et l'orphelin, c'est celui qui vend le plus de dope ou qui arrive à se "faire un flic". Tant que les grands frères auront un sentiment d'impunité, les petits frères continueront.

Attention, je ne vise pas que la Justice. Il y a aussi l'administration centrale qui fait défaut. Le véhicule du GSP (groupement de sécurité publique) qui est venu aider les policiers qui se trouvaient dans la voiture percutée, est tombé en panne. Confrontés à 250 individus, les policiers ont voulu partir même si ça fait mal à l'orgueil. Le véhicule n'a pas redémarré. Abandonné, il a été dépouillé avant d'être incendié. Parmi le matériel volé : un flashball et une trentaine de cartouches, un cougard (lance-grenade, NDLR.), un poste de radio et les effets personnels des fonctionnaires.

LCI.fr : Les émeutes ont éclaté il y a bientôt un an, craignez vous que cela recommence ?

J-P. C. : Les dates anniversaires font toujours peur donc oui nous sommes très attentifs, très. Ca peut repartir n'importe quand, il suffit d'un "détonateur". Ces cités sont devenues des zones de non-droit avec certaines jeunes qui cherchent la confrontation. Cette violence devient quasi meurtrière. Là, ça commence à faire beaucoup. Y aura peut être un mort. Nous on dit halte, y en a marre. Nous ne sommes pas des cibles vivantes. Il faudrait enfin prendre le problème à bras le corps. Les Mureaux sont la poudrière des Yvelines.

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 02 octobre 2006 à 19:15
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5 Commentaires

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  • RFLEF @thorwald, le 03/10/2006 à 06h57

    Le policier a le droit comme tout citoyen d'agir de manière proportionnée en cas de légitime défense. Le gendarme a le droit de tirer sur une personne suspecte qui n'obtempère pas et ne s'arrête pas à un barrage routier par exemple. La différence est énorme et n'a pas à être comblée.

  • Gerard, le 02/10/2006 à 20h06

    Je confirme ca fait plus de dix ans que j'ai quitté ce quartier et rien n'a changé. ca a même empiré apparemment. Il est aussi bon de savoir que dans les années 60, les Mureaux était une des villes les plus criminogène de france, m'as t-on dit. une seule question : à qui la responsabilité ?

  • Anti, le 02/10/2006 à 19h59

    Je ne serais sans doute pas publié, mais je suis de tout coeur avec la police. Lorsque l'on a en face de soi des voyous armés, qui veulent vous faire la peau, il faut que les policiers puissent répondre.

  • Jean thorwald, le 02/10/2006 à 19h54

    Les policiers devraient avoir comme les gendarmes la possibilité de tirer pour se dégager de situations insurrectionnelles . Il en va de l'avenir de notre société.Veut-on que celle-ci soit laissée à l'encan à ces vandales?

  • Alain, le 02/10/2006 à 19h43

    Il faut arreter de dire (comme certains politiques) qu'il faut faire du social dans ces cités, il faut tout simplement y mettre des moyens pour établir l'ordre dans ces "zones de non droits" et sanctionner les délits et faire appliquer la double peine pour les étrangers délinquants. Si celà continue on vas droit à une guerre civile...

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