Anthony Roko, toujours hospitalisé au lendemain de l'accident dont il a été victime © TF1/LCIAu lendemain de l'incident du match Nice-OM lors duquel Anthony Roko, un pompier volontaire de 20 ans, a eu deux doigts arrachés par un engin explosif (voir son témoignage) lancé depuis les gradins des supporters de l'OM, les dirigeants du club marseillais ont décidé lundi de se réunir mardi avec les responsables des clubs de supporters. Il faut dire que les supporters de l'OM font partie intégrante du club. Ils gèrent les abonnements, la sécurité...
Mais garde "à l'amalgame ! Tous nos supporteurs ne sont pas des voyous. Les brebis galeuses se mêlant aux supporteurs ne sont pas toujours identifiées suffisamment tôt pour pouvoir être écartées", prévient le président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf. "Depuis ce lundi matin, nous discutons déjà avec eux, et tous condamnent les faits. Ils sont mortifiés." D'ailleurs, affirme-t-il, "dimanche soir, avant que beaucoup de gens ne prennent la portée de cet événement, nous nous sommes tout de suite exprimés pour condamner très sévèrement cet acte. Nous avons immédiatement minimisé le résultat de notre match (défaite 2-1), en expliquant que l'acte majeur de la soirée était cet accident".
Emballé, l'explosif n'a pu être flairé par les chiens
Parallèlement, l'OGC Nice a annoncé lundi sur son site internet avoir porté plainte contre X pour cette blessure grave et s'être constitué partie civile. "Nous allons lutter pour que cela ne se produise plus. Le dispositif de sécurité pour cette rencontre était pourtant au point", a commenté le président niçois Maurice Cohen, précisant que la fouille des supporters marseillais avait été réalisée par les CRS et non par les stadiers niçois, conformément à la procédure en vigueur pour les matches classés à haut risque par la Ligue professionnelle de football.
Deux gardés à vue d'une vingtaine d'années arrêtés à la fin du match, mais qui ne seraient pas les suspects du jet d'explosif contre le pompier, ont été présentés mardi devant le parquet et seront cités en correctionnelle le 17 novembre. Ils sont poursuivis sur citation directe pour "détention et introduction de fumigènes à l'intérieur de l'enceinte du stade". Ils risquent trois ans d'emprisonnement, 4.000 euros d'amende et une interdiction de stade pendant 5 ans. Un troisième supporteur de l'OM, originaire de Narbonne, qui avait quitté Nice dimanche soir s'est présenté spontanément mardi à la mi-journée à la gendarmerie, se sachant recherché à la suite des témoignages recueillis par les enquêteurs. Cet homme, âgé de 21 ans, sur lequel pèsent les soupçons des enquêteurs va être transféré depuis Narbonne vers Nice pour être entendu par la sûreté de Nice.
L'explosif a semble-t-il pu échapper à la fouille pratiquée à l'entrée du stade par des policiers après avoir été dissimulé dans un emballage qui permet de tromper le flair des chiens spécialisés dans la détection de la poudre. Les quelque 900 supporters marseillais qui se trouvaient dans la tribune d'où est parti l'engin explosif ont été photographiés par la police et leurs identités ont été relevées, a annoncé la préfecture lundi.
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