Véronique Courjault et son mari Jean-Louis © TF1-LCILa justice a entamé une enquête qui s'annonce complexe pour répondre aux questions posées par le triple infanticide imputé aux époux Courjault. Des enquêteurs français doivent d'ailleurs se rendre en Corée du Sud. Véronique Courjault, âgée de 38 ans, a passé vendredi sa première journée à la maison d'arrêt d'Orléans, après avoir été mise en examen jeudi soir pour assassinat de trois de ses enfants, dont deux ont été retrouvés par son mari dans leur réfrigérateur à Séoul. Mis en examen pour "complicité d'assassinats", son mari Jean-Louis a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Il a retrouvé ses deux garçons de 11 et 10 ans.
Malgré les zones d'ombres, cette affaire ressemble déjà en tous points à une autre affaire d'infanticide qui s'était déroulée il y a six ans dans le Loiret. Le 9 janvier 2000, un homme, séparé depuis trois mois de sa femme partie pour la Bretagne, vidait l'appartement commun à Pithiviers. En ouvrant le congélateur, il avait découvert trois sacs plastiques contenant les corps de nourrissons, a rappelé vendredi le quotidien La République du Centre.
Elle n'avait pas pu se résoudre à se débarrasser de ses bébés
Rapidement interpellée, la femme, âgée de 39 ans, avait reconnu être la mère des bébés et avoir dissimulé ses trois grossesses à son mari qui ne voulait pas d'autres enfants. En 1990, ils avaient eu un garçon et le mari avait mal accepté cette naissance.
La première fois, en 1992, elle avait accouché seule d'un bébé mort-né dans l'appartement. Deux ans plus tard, l'accouchement s'était déroulé dans les toilettes du magasin du mari. Le bébé était né vivant, elle l'avait alors placé dans un sac et ramené au domicile. En 1996, elle avait mis au monde un enfant mort-né sous la douche de l'appartement. La mère avait avoué aux enquêteurs n'avoir pas pu se résoudre à se débarrasser de ses bébés.
D'abord poursuivie pour homicide volontaire sur le bébé vivant, elle avait finalement été poursuivie pour homicide involontaire, l'enquête n'ayant pas permis de démontrer la volonté infanticide. La prescription étant dans ce cas de trois ans -les faits datent de 1994- le juge avait dû prononcer un non-lieu en 2002. La mère ne pouvait être poursuivie légalement pour meurtre dans le cas des deux enfants morts-nés. Le père n'a pas été inquiété par la justice.
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