Réunion à Matignon le 16 octobre avec les associations travaillant dans les quartiers sensibles © TF1-LCIDominique de Villepin a réuni ce lundi à Matignon des professionnels d'associations travaillant dans les zones sensibles à l'approche du premier anniversaire des émeutes de l'automne 2005. La réunion était prévue de longue date, mais elle a pris toute son ampleur avec les incidents récents entre policiers et jeunes des cités difficiles des Tarterêts, des Mureaux et encore samedi d'Epinay et de Ris-Orangis. Alors que les policiers parlent de "recrudescence" des agressions à leur encontre et réclament des "renforts", le Premier ministre a demandé aux ministres de l'Intérieur et de la Justice, Nicolas Sarkozy et Pascal Clément, "d'étudier un renforcement des poursuites et des peines en cas d'agression des forces de l'ordre".
Le chef du gouvernement a aussi réclamé un "renforcement de la coordination de tous les services de l'Etat dans le domaine de la prévention de la délinquance". Dans ce cadre d'ailleurs, Dominique de Villepin réunira le 7 novembre "les préfets, les procureurs, les procureurs généraux et les recteurs". Il a par ailleurs tenu à rappeler que, depuis la crise des banlieues, il y a un an, "plus de cent mesures ont été décidées et sont actuellement mises en oeuvre pour inverser des processus de ségrégation et d'exclusion sociale".
Les syndicats de police reçus place Beauvau
Côté associations, le Collectif Banlieue Respect a expliqué à LCI avoir demandé au Premier ministre "une commission parlementaire sur l'attribution et la répartition des 700 millions d'euros" alloués il y a un an par le gouvernement pour améliorer la situation dans les banlieues. Selon le Collectif, 100 millions sont allés aux associations, tandis que les 600 millions restants ont été versés aux élus locaux, "donc on doit se poser la question de l'utilisation de ces fonds". Autre réclamation du Collectif : "que les policiers soient obligés de vouvoyer les jeunes afin que le respect entre police et jeunes" s'instaure.
Pour leur part, les syndicats de police seront reçus mardi au ministère de l'Intérieur. Ils devraient s'entretenir des violences dans les banlieues à leur égard et des moyens pour y remédier avec le directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Le ministre lui-même, Nicolas Sarkozy, a exprimé lundi à Limoges sa "solidarité la plus totale" avec les policiers après l'agression d'un membre de la brigade anti-criminalité à Epinay-sur-Seine, assurant que les auteurs seront "pourchassés" et "arrêtés".
Ce qui n'a pas empêché le porte-parole du PS, Julien Dray, d'affirmer qu'il "n'y a plus de ministre de l'Intérieur" et que Nicolas Sarkozy "ne s'occupe plus de la sécurité des Français, il est en campagne électorale." Réponse immédiate de la porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse : le PS "instrumentalise l'insécurité dans les banlieues" et a un "comportement de pompier pyromane". De son côté, le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult veut inciter les habitants des cités à témoigner sur les attaques contre les policiers avec des récompenses de 15.000 euros et préconise des émissions de dénonciations anonymes, sur le modèle anglo-saxon.
Violences contre les personnes : la hausse se ralentit |
Les violences contre les personnes ont augmenté de 6,23% entre octobre 2005 et septembre 2006, selon le bilan publié lundi par l'Observatoire national de la délinquance. Avec 426.848 actes recensés, cette hausse se situe toutefois son "niveau le plus faible de l'année", comme le relève Le Monde de mardi. A une augmentation de 5,59% des violences dites "crapuleuses" (128.517), liées aux vols (+5,62 %) pour 99,82% d'entre elles, s'ajoute surtout l'augmentation des violences "gratuites" : 199.996, + 9,35%. Parmi elles, 24.700 ont été commises contre les "dépositaires de l'autorité" (policiers, gendarmes, pompiers et enseignants), soit une augmentation de 9,78%. |
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