La garde à vue de José Bové prolongée de 24h

le 05 novembre 2006 à 17h39 , mis à jour le 05 novembre 2006 à 22h29

Le militant altermondialiste est toujours entendu par les gendarmes après la destruction samedi d'une récolte de maïs OGM qui a failli tourner au drame.

TF1/LCI - José Bové arrose un silo de maïs lors d'une opération de "traçabilité" à Lugos, en Gironde, le 4 novembre 2006José Bové arrose un silo de maïs lors d'une opération de "traçabilité" à Lugos, en Gironde, le 4 novembre 2006 © TF1/LCI

24 heures de plus. José Bové a été maintenu dimanche en garde à vue après la destruction d'une récolte de maïs OGM en Gironde qui a failli tourner au drame. A la tête de 150 Faucheurs volontaires, José Bové avait mené samedi à une opération de "traçabilité des OGM" dans une exploitation de la commune de Lugos, dans le Sud de la Gironde. Des militants ont alors versé de l'eau et un colorant naturel sur 2000 tonnes de maïs OGM stockées dans un silo. Rendant aussi les céréales impropres à la consommation. Et provoquant la colère du gérant qui a ouvert le feu, sans faire de blessé, avec son fusil de chasse.

Cette "destruction ou détérioration" du contenu du silo explique la garde à vue de José Bové, selon le parquet. "L'enquête doit évaluer son degré de participation", a-t-il précisé. Ironie de l'histoire, José Bové a été placé en garde à vue alors qu'il s'était rendu lui-même à la gendarmerie pour y déposer plainte pour "tentative d'homicide". Entendu également par les gendarmes, le gérant, âgé d'une cinquantaine d'années, a quant à lui été libéré dimanche en début d'après-midi. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, le ministre de la Justice Pascal Clément a affirmé que l'agriculteur avait eu "un gros malaise cardiaque", ce qui explique sa libération.  

"Principe de précaution"

Les Verts ont dénoncé dimanche le prolongement de la garde à vue de José Bové. Sergio Coronado, leur porte-parole, a estimé que "la décision du parquet de Bordeaux, soumis à l'autorité de la Chancellerie, est de nature politique, prise en accord avec le gouvernement". "Rien ne la justifie vraiment si ce n'est l'acharnement contre le syndicaliste paysan et les faucheurs volontaires", puisque José Bové "ne compte pas se soustraire à l'enquête" portant sur l'action anti-OGM menée samedi, souligne-t-il encore.

Noël Mamère avait également demandé plus tôt dans la journée la remise en liberté du leader altermondialiste. "José Bové ne fait qu'agir au nom du principe de précaution inscrit dans la Constitution à la demande du président de la République", estime Noël Mamère, pour qui "on bafoue le droit d'expression d'un syndicaliste". Le parti communiste et la Ligue communiste révolutionnaire ont tous deux également demandé la libération du syndicaliste.

"Semences autorisées"

Ségolène Royal a estimé pour sa part que la lutte de José Bové était "un bon combat" tout en se déclarant "pas favorable à l'atteinte au droit de propriété". La candidate socialiste a promis "un moratoire sur les condamnations liées aux OGM" si elle arrivait au pouvoir.

L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a dénoncé au contraire "la violence" des Faucheurs volontaires, estimant que les militants anti-OGM étaient à l'origine de la réaction de l'exploitant agricole. "L'impunité accordée aux Faucheurs, voire les mesures d'amnistie annoncées par certains politiques, sont pour nous autant d'encouragements aux Faucheurs", a regretté le directeur de l'AGPM, Luc Esprit, rappelant que les producteurs de maïs qui "font de la culture OGM aujourd'hui en France, le font avec des semences autorisées et ne sont pas dans l'illégalité".

D'après agence

le 05 novembre 2006 à 17:39
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