Haro sur les aides au PSG

le 27 novembre 2006 à 14h17 , mis à jour le 27 novembre 2006 à 14h35

Plusieurs groupes du conseil de Paris demandent à la ville d'utiliser "l'arme des subventions" pour obliger le club à agir contre la violence des supporters.

Les supporters du PSG perturbent l'entraînement au lendemain de la mort d'un des leurs Les supporters du PSG perturbent l'entraînement au lendemain de la mort d'un des leurs © TF1/LCI

Il n'y a pas eu de nouvelles violences à l'occasion de la rencontre Nantes-PSG dimanche soir, placée sous haute surveillance avec un dispositif policier exceptionnel. Mais le problème reste entier, après les violences de jeudi dernier en marge d'une rencontre PSG-Tel-Aviv au Parc des Princes, qui s'étaient traduites par la mort d'un supporter, tué par un policier qui tentait de protéger un spectateur juif pris à partie par plusieurs centaines d'individus violents. Lundi, les élus UMP du Conseil de Paris ont demandé la "suspension immédiate du versement de la subvention de 2,3 millions d'euros" de la Ville au PSG, "jusqu'à ce que le club ait pris les mesures qui s'imposent". Demande reprise par les Verts et l'UDF parisiens : "Quand on est financeur, on a un moyen de pression. La ville n'a pas utilisé son moyen de pression", a déploré le président du groupe des Verts sur France Inter.

Alors que l'enquête sur la mort du supporter du PSG semble s'orienter vers la légitime défense pour le policier, la question déborde largement du cadre des stades et du domaine judiciaire. Les retombées pourraient toucher à la fois le club et les associations de supporters. Dans les colonnes du Parisien, le directeur de la police nationale, Michel Gaudin, a confirmé que certaines d'entre elles "seront dissoutes". Et de constater : "on voit sur les vidéos du Parc des Princes des attitudes qui n'ont rien à voir avec des attitudes républicaines". Aussi, "les associations ayant des attitudes antirépublicaines pourront être et seront dissoutes". Selon lui, pour assurer la sécurité des matches, "le total de gens à exclure serait de l'ordre de 200 à 300 personnes".

"Un match de foot, c'est pas la guerre"

La violence dans les stades devient un enjeu politique. Nicolas Sarkozy s'est voulu ferme samedi, lors d'une table ronde ; et ce lundi encore, il a martelé : "je préfère des tribunes vides à des tribunes qui font honte (...) Je n'accepte pas que des individus qui vont voir des matchs de foot sortent en criant +mort aux juifs+ ou +sales nègres+ en 2006 (...) Si des gens ont besoin d'être soignés, on va les soigner". Devant 700 policiers, gendarmes et responsables de la sécurité, à l'occasion de la présentation d'une expérience pilote de la sécurité du futur, il a réaffirmé : "Un match de foot, c'est pas la guerre".

Mais le PS réclame des explications du ministre de l'Intérieur et de la direction du PSG, affirmant qu'"aucune action" n'avait été entreprise pour prévenir les violences de jeudi. Pour sa part, Marie-George Buffet, ancienne ministre des sports, avait estimé dimanche que le PSG devait "rompre avec ses supporteurs racistes", par exemple en "jouant à guichets fermés". Pour la secrétaire nationale du PCF, "on a tout essayé, on a fait des campagnes contre le racisme, la police nationale a mis des policiers partout, mais on voit toujours des saluts nazis dans des tribunes, on me dit que c'est une minorité, alors si c'est une minorité, raison de plus pour l'exclure des tribunes du PSG".

Nantes-PSG, soirée sous haute tension

La rencontre s'est bien passée dimanche soir... sans violence dans ou hors du stade. Les supporters parisiens, dont près de la moitié avaient participé avant le match (qui s'est conclu sur un nul : 1-1), à une marche silencieuse à la mémoire du hooligan du PSG décédé jeudi, sont repartis de La Beaujoire dans le calme. Mais le dispositif policier tout autour du stade, et tout le long du parcours des supporters, était impressionnant. Environ 350 d'entre eux sont repartis dans sept cars, pris en charge par les policiers qui les ont accompagnés jusqu'au péage d'Ancenis sur l'A11, puis par des gendarmes jusqu'aux limites du département. La surveillance était aussi assurée sur l'ensemble des aires de repos, péages et stations service du parcours jusqu'à Paris. D'autres sont repartis en voiture ou encore en tramway pour rejoindre la gare.


le 27 novembre 2006 à 14:17
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5 Commentaires

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  • Bidou, le 27/11/2006 à 17h15

    Le football est gangrené du plus modeste club jusqu'aux plus hautes instances. Celà fait 30 ans que celà empire. Mettons vite la tête sous le sable et attendons que nos stades soient autant de Bagdads pour appeler au secours. Ayant vu l'ambiance vers 1995, tant chez les dirigeants que chez les parents des jeunes joueurs, j'ai retiré mes enfants du foot pour leur faire pratiquer un sport beaucoup plus paisible et respectueux de l'adversaire : le tir à l'arc. Il faut déserter les stades de foot. Seuls quelques nantis profitent de ce sport qui pourrit tout par le fric qu'il brasse.

  • Philippe, le 27/11/2006 à 17h08

    Je trouve scandaleux d'apprendre qu'une partie des salaires faramineux des joueurs est payé avec l'argent des contribuables qui peinent de plus en plus à boucler leurs fins de mois. C'est proprement SCANDALEUX

  • Vastre, le 27/11/2006 à 16h09

    L'argent public n'a rien à faire dans des sociétés qui financent le train de vie de nantis roulant dans des limousines luxueuses, mènent grand train de vie et ne déclarent pas toujours leurs revenus ? Qui peut croire que les citoyens accepteront de supporter un tel scandale ? Les pouvoirs publics doivent devenir raisonnables et cesser de parler avec emphase de la fracture sociale !.

  • DAN, le 27/11/2006 à 16h04

    Je suis quand même étonné que la ville de Paris donne des subvention à un club qui appartient à des sociétés privées. Il me semblait que seuls les clubs associatifs pouvaient recevoir des subventions.

  • Melinda, le 27/11/2006 à 15h38

    Hélas, le racisme est difficile à endiguer, surtout dans le sport. Et quand on voit les scores réalisées parl 'extreme droite en France, il est à parié que le racisme a malheureusement de beaux jours devant lui?

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