Manifestation à Nantes après la mort d'un supporteur du PSG, le 26 novembre 2006 © TF1/LCILeur mot d'ordre : "respect pour Julien". Une marche silencieuse à la mémoire du hooligan du PSG décédé jeudi a rassemblé 300 supporteurs dimanche à Nantes. Réunis à 15h au centre ville de Nantes, 75 supporteurs du PSG du club "Boulogne Boys" ont été rejoints par d'autres supporteurs parisiens, avant de partir dans le calme en tramway pour s'arrêter à deux stations du stade nantais. Une cinquantaine de supporteurs nantais, dont les "Brigade Loire", ont remis une gerbe de fleurs aux supporteurs parisiens. Tous ont défilé en silence derrière une banderole "Pouvoir assassin, Vérité pour Julien", jusqu'au stade où ils se sont séparés pour rejoindre leur tribune.
Jeudi, à l'issue d'un match opposant le PSG et le club israélien de Tel-Aviv au Parc des princes, une centaine de hooligans s'en étaient pris à un jeune Français juif qui quittait le stade. Un policier martiniquais en civil avait défendu le jeune avant d'être insulté et molesté par ces mêmes hooligans proférant des insultes racistes et antisémites à l'encontre des deux hommes. Le policier avait été contraint, en état de légitime défense selon les premières conclusions de la justice, à tirer avec son arme de service, tuant l'un des agresseurs et en blessant un autre.
Echauffourées en février
Ces faits avaient déclenché le renforcement des mesures de sécurité pour le match contre Nantes dimanche. 300 policiers et gendarmes avaient été mobilisés ainsi que 450 stadiers. Les péages entre Paris et Nantes ainsi que les stations services et aires de repos avaient fait l'objet d'une surveillance accrue des forces de l'ordre, avec un accompagnement prévu sur l'A11 des supporteurs entre Ancenis et le stade, à l'aller comme au retour. Dans le stade, une tribune avait été réservée aux supporteurs parisiens. La rencontre s'est soldée par un match nul, 1-1 et en fin de journée, aucun incident n'était à déplorer.
Dans les tribunes où se trouvaient 620 supporteurs parisiens, seules quelques banderoles affichaient "Eric on pense à toi" pour le supporteur blessé jeudi soir et "La vérité pour Julien". Les supporteurs se sont tenus silencieux dans leur tribune, et sont repartis de même, une fois le stade vide, parqués et surveillés à chaque moment de leur présence au stade. Environ 350 d'entre eux sont repartis dans sept cars, pris en charge par les policiers.
En février, à l'issue d'un match Nantes-Paris SG, des échauffourées entre deux groupes de supporteurs parisiens avaient eu lieu sur le chemin du retour dans la cafétéria d'une station-service de l'A11. 22 supporteurs avaient été interpellés et deux mis en examen pour "violences et dégradations en réunion" puis remis en liberté.
En attente des expertises balistique et médico-légale
Après les événements de jeudi soir, le policier a été entendu comme "témoin assisté" samedi soir par un juge d'instruction parisien - statut pénal impliquant un degré de mise en cause moins important que la mise en examen. Il a été laissé libre. Le juge a ainsi suivi les réquisitions du parquet de Paris. Dans la matinée, le parquet avait ouvert une information judiciaire pour "coups mortels" et "violences avec arme" en retenant "la légitime défense" à l'encontre du policier face à une "horde" de supporteurs "excités".
Dans cette information judiciaire, le parquet vise également des infractions contre X de "violences en réunion" contre le policier et contre le supporteur juif avec la circonstance aggravante de racisme dans les deux cas. Si la légitime défense est retenue à la fin de l'instruction, le policier ne sera donc pas "pénalement responsable". Un seul coup de feu serait parti, selon l'hypothèse retenue jusqu'à présent, blessant d'abord Mounir Douchaer au poumon (ses jours ne sont pas en danger) et tuant Julien Quemener en plein coeur. Pour l'heure, les enquêteurs ne disposent pas encore des expertises balistique et médico-légale qui permettront notamment de savoir combien de balles ont été tirées et dans quelle direction.
D'après agence
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