Quatre mises en examen requises

le 02 novembre 2006 à 06h34 , mis à jour le 02 novembre 2006 à 21h08

Dans la matinée, les jeunes gens, âgés de 15 à 17 ans, avaient été présentés à un magistrat instructeur.

TF1/LCI : L'un des mineurs interpellés après l'incendie d'un bus à MarseilleL'un des mineurs interpellés après l'incendie d'un bus à Marseille © TF1/LCI

Le parquet a requis la mise en examen et un mandat de dépôt contre seulement quatre des cinq mineurs arrêtés mardi en lien avec l'incendie d'un bus à Marseille, a déclaré jeudi le procureur de la République Jacques Beaume, lors d'une conférence de presse.

Il a demandé que le cinquième, âgé de moins de seize ans, soit entendu comme témoin assisté. Le procureur a précisé qu'une information judiciaire pour "incendie volontaire ayant entraîne une infirmité ou une mutiliation permanente" avait été ouverte concernant le cas de Mama Galledou, la passagère de 26 ans grièvement brûlée dans l'incendie du bus samedi soir, qui est toujours entre la vie et la mort. Une autre information pour "infirmité ayant entraîné une incapacité de travail de huit jours ou plus" a également été ouverte. Elle concerne les quatre autres passagers intoxiqués lors de l'incendie.

"Faire quelque chose à un bus"

"Ce n'étaient ni des délinquants d'habitude, ni des criminels mais des trublions de banlieue, connus jusqu'ici pour des infractions de petits loubards de banlieue, comme recel de scooter, dégradations...", a précisé le procureur. Ils auraient agi "par mimétisme" avec les événéments en région parisienne où plusieurs bus ont été mis à feu la semaine dernière : "il y a eu une excitation collective dans l'après-midi avec l'idée 'on va faire quelque chose à un bus'. Certains sont passés à l'acte".

Si trois d'entre eux ont admis "avoir eu des actes personnels en lien avec cet incendie", "aucun n'a admis être l'auteur du versement de l'essence ni d'avoir mis le feu", a précisé Jacques Beaume. Des témoignages ont permis de mettre en lumière le rôle des adolescents, selon le parquet et la police judiciaire. L'exploitation des preuves matérielles, comme les enregistrements vidéo, sont encore en cours. "Ils s'étaient bien organisés pour répondre aux questions qui allaient leur être posées et il a fallu que les enquêteurs posent beaucoup de questions" pour mieux cerner leur implication, a précisé le procureur.

Bloquer la circulation

L'avocat d'un des mineurs, Me Thierry Ospital, a déploré que le temps n'ait pas été pris pour "vérifier les renseignements anonymes" transmis aux enquêteurs. "On ne sait toujours pas exactement qui a mis le feu et pourquoi", a-t-il affirmé.

Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs bloqué la circulation à Marseille dans le quartier où les cinq adolescents ont été interpellés. Venus des cités voisines des Oliviers et des Lilas, les manifestants de tous âges, dont de nombreux enfants, entendaient protester contre certaines des interpellations, à l'appel de la famille d'un des jeunes. Des pancartes de fortune étaient brandies à l'adresse de Nicolas Sarkozy, venu la veille à Marseille réclamer la plus grande sévérité contre les incendiaires : "Sarko, fais pas ta pub!!!", "Sarko tu seras pas président".

Coma artificiel

Dans la matinée, les jeunes gens, âgés de 15 à 17 ans et ayant eu affaire à des degrés divers à la police ou à la justice, avaient été présentés à un magistrat instructeur. Ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle, si Mama Galledou subit une infirmité permanente - la perpétuité si elle décède, avec possibilité pour une cour d'assises d'écarter l'excuse de minorité pour les plus de seize ans.

Mama Galledou était toujours jeudi dans un "état clinique stationnaire", a indiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) dans un communiqué. La jeune femme "ne présente aucune complication significative. Elle est toujours traitée par ventilation artificielle sous appareil respiratoire et les médicaments sédatifs sont poursuivis", la gardant dans un coma artificiel pour qu'elle ne souffre pas. "Le traitement local de ses brûlures est poursuivi dans les mêmes conditions", par bain antiseptique quotidien et pansements à l'aide de crème antibactérienne. 

D'après agence

Effet d'imitation à Lille

Quatre mineurs âgés de 14 à 16 ans et un majeur de 18 ans ont été interpellés mercredi et devaient être mis en examen jeudi pour avoir tenté de mettre le feu à un autobus dimanche à Lille, a annoncé jeudi le procureur de la République de Lille Philippe Lemaire. Les cinq jeunes gens, originaires du quartier populaire des Bois-Blancs où se sont déroulés les faits, "ont avoué avoir tenté d'incendier le bus" et "reconnu qu'ils voulaient faire comme à Marseille", Une information judiciaire pour destruction par substance incendiaire en bande organisée a été ouverte. Les cinq jeunes risquent jusqu'à 20 ans de réclusion. Le procureur a requis leur placement en détention provisoire. Ni le chauffeur, qui a rapidement maîtrisé le départ d'incendie grâce à un extincteur, ni les deux passagers présents dans le bus à ce moment, n'ont été blessés.  

le 02 novembre 2006 à 06:34
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

22 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Eliot., le 02/11/2006 à 14h06

    Il est urgent de réformer l'ordonnance de 1945 sur les mineurs. Pas vraiment de rapport entre un ado soumis de 1945 et un ado dans la toute puissance voire capable de tout en 2006

  • Alazard, le 02/11/2006 à 14h01

    J'ai 30 ans, je viens d'un milieu Bourgeois, celui que les cites detestent. Mes parents m'ont interdis a ma souer et moi de sortir avant 18 ans, mais s'occupaient de nous en echange. Un jour, j'ai ete exclu quelques jours de mon college, le soir, j'etais persuade qu'il allait me mettre une rouste, il m'a juste dit que je l'avais decu. Le respect que j'avais pour lui a suffit a ma peine. Punissons les parents si ils sont mineurs, reclusion a perpetuite pour les majeurs.

  • Gillou, le 02/11/2006 à 13h01

    Et les parents dans tout cela... Ils sont responsables de l'éducation de leurs enfants. Mais comme on ne peut plus mettre une fessée sans courir le risque de finir au commissariat, alors que faire ?

  • FAISSOLE, le 02/11/2006 à 12h29

    Bonjour, A chaque fois qu'il y a telle ou telle affaire il est précisé"les personnes risquent... années de prison". Et lorsque le jugement est rendu la ou les personnes se trouvent condamnées à une peine tres tres en dessous de ce qui est prévu. Arretons de nous faire croire que la justice est sévere. Bonne journée. Chris.

  • Jean-Pierre, le 02/11/2006 à 12h19

    Bravo pour Marseille, mais que fait la police pour retrouver les incendiaires du Blanc-Mesnil?

  • Marine, le 02/11/2006 à 11h41

    Il ne faut pas dire ils risquent 30 ans il faut leur coller et sans remise de peine.Enlever les allocations aux parents qui laissent trainer des enfants dans les rues .

  • Genie Michel, le 02/11/2006 à 11h13

    Bravo pour les policiers et enquêteurs sur cette affaire. En espérant que le PS se calme et ne tape plus a boulets rouges sur Monsieur Sarkosi,il y'a longtemps que ces pinochios auraient dûs prendre des mesures quand ils étaient au pouvoir. Faire une manipulation politique de ce sujet est ecoeurant,aucun respect des souffrances de la victime et de ses proches. Que ces jeunes soient sanctionnés à la hauteur de l'évenement et continuer Mr Sarkosi, d'agir sans vous préoccuper de ces attaques de basse classe

  • Pat, le 02/11/2006 à 11h06

    Cela mérite la prison à vie, cet acte est inqualifiable, c'est de la barbarie. Il y a un peu plus d'un an, une personne de 23 ans avec une petite fille de 3 ans, est mort dans l'incendie de l'Hay les Roses, il était à un anniversaire dans l'appartement au dessus des boites aux lettres, c'était un ancien collègue, j'espère que les filles vont en subir les conséquences.

  • Beber58, le 02/11/2006 à 10h40

    A ceux qui n'ont que le respect de la loi à la bouche je leur rappelle ceci: "respect de la présomption d'innocence". Rappelons nous d'Outreau !

  • GROMAT, le 02/11/2006 à 10h38

    Les propos tenus par Nicolas SARKOSY vont dans le bon sens pour une amélioration durable dans les bvanlieues. Les parents sont également responsables de l'éducation de leurs enfants.Les musiques modernes ne poussent t'elles pas à la violence.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience