L'un des mineurs interpellés après l'incendie d'un bus à Marseille © TF1/LCILe parquet a requis la mise en examen et un mandat de dépôt contre seulement quatre des cinq mineurs arrêtés mardi en lien avec l'incendie d'un bus à Marseille, a déclaré jeudi le procureur de la République Jacques Beaume, lors d'une conférence de presse.
Il a demandé que le cinquième, âgé de moins de seize ans, soit entendu comme témoin assisté. Le procureur a précisé qu'une information judiciaire pour "incendie volontaire ayant entraîne une infirmité ou une mutiliation permanente" avait été ouverte concernant le cas de Mama Galledou, la passagère de 26 ans grièvement brûlée dans l'incendie du bus samedi soir, qui est toujours entre la vie et la mort. Une autre information pour "infirmité ayant entraîné une incapacité de travail de huit jours ou plus" a également été ouverte. Elle concerne les quatre autres passagers intoxiqués lors de l'incendie.
"Faire quelque chose à un bus"
"Ce n'étaient ni des délinquants d'habitude, ni des criminels mais des trublions de banlieue, connus jusqu'ici pour des infractions de petits loubards de banlieue, comme recel de scooter, dégradations...", a précisé le procureur. Ils auraient agi "par mimétisme" avec les événéments en région parisienne où plusieurs bus ont été mis à feu la semaine dernière : "il y a eu une excitation collective dans l'après-midi avec l'idée 'on va faire quelque chose à un bus'. Certains sont passés à l'acte".
Si trois d'entre eux ont admis "avoir eu des actes personnels en lien avec cet incendie", "aucun n'a admis être l'auteur du versement de l'essence ni d'avoir mis le feu", a précisé Jacques Beaume. Des témoignages ont permis de mettre en lumière le rôle des adolescents, selon le parquet et la police judiciaire. L'exploitation des preuves matérielles, comme les enregistrements vidéo, sont encore en cours. "Ils s'étaient bien organisés pour répondre aux questions qui allaient leur être posées et il a fallu que les enquêteurs posent beaucoup de questions" pour mieux cerner leur implication, a précisé le procureur.
Bloquer la circulation
L'avocat d'un des mineurs, Me Thierry Ospital, a déploré que le temps n'ait pas été pris pour "vérifier les renseignements anonymes" transmis aux enquêteurs. "On ne sait toujours pas exactement qui a mis le feu et pourquoi", a-t-il affirmé.
Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs bloqué la circulation à Marseille dans le quartier où les cinq adolescents ont été interpellés. Venus des cités voisines des Oliviers et des Lilas, les manifestants de tous âges, dont de nombreux enfants, entendaient protester contre certaines des interpellations, à l'appel de la famille d'un des jeunes. Des pancartes de fortune étaient brandies à l'adresse de Nicolas Sarkozy, venu la veille à Marseille réclamer la plus grande sévérité contre les incendiaires : "Sarko, fais pas ta pub!!!", "Sarko tu seras pas président".
Coma artificiel
Dans la matinée, les jeunes gens, âgés de 15 à 17 ans et ayant eu affaire à des degrés divers à la police ou à la justice, avaient été présentés à un magistrat instructeur. Ils encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle, si Mama Galledou subit une infirmité permanente - la perpétuité si elle décède, avec possibilité pour une cour d'assises d'écarter l'excuse de minorité pour les plus de seize ans.
Mama Galledou était toujours jeudi dans un "état clinique stationnaire", a indiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) dans un communiqué. La jeune femme "ne présente aucune complication significative. Elle est toujours traitée par ventilation artificielle sous appareil respiratoire et les médicaments sédatifs sont poursuivis", la gardant dans un coma artificiel pour qu'elle ne souffre pas. "Le traitement local de ses brûlures est poursuivi dans les mêmes conditions", par bain antiseptique quotidien et pansements à l'aide de crème antibactérienne.
D'après agence
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