La marche silencieuse à Clichy-sous-Bois, après la mort de deux adolescents en octobre 2005La police des polices, l'IGS, qui enquête sur les circonstances du drame qui a causé la mort de deux adolescents dans un transformateur, le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a établi que la police avait bien poursuivi les deux jeunes, a indiqué jeudi Jean-Pierre Mignard, un avocat des familles, confirmant une information parue dans l'édition de vendredi du Monde. D'après le rapport de l'IGS, cette course-poursuite aurait conduit les jeunes à s'abriter dans le transformateur EDF.
Selon l'avocat des familles de victimes, cité dans Le Monde, "les policiers savaient que les adolescents avaient pénétré sur le site EDF, et leur seule attitude a été l'indifférence", assure-t-il. "L'urgence aurait voulu que fussent appelés les services d'EDF", estime notamment le rapport, cité par Le Monde, tout en soulignant qu'une intervention de ces services n'aurait pas nécessairement prévenu la mort des deux jeunes. Le quotidien assure que les conclusions de l'IGS font état d'une "distraction surprenante" et de "légéreté" de la part de certains policiers.
"Ils ont fait ce qu'ils devaient faire en fonction de la connaissance qu'ils avaient des faits et de la situation", rétorque Nicolas Comte, secrétaire général du SGP-FO (3e syndicat de gardiens de la paix). "Les policiers n'ont pas été légers, ils ont fait leur travail et n'ont pas eu conscience de la gravité de la situation car ils ne le pouvaient pas".
"Non assistance à personne en danger"
La police des polices ne se prononce pas cependant sur la culpabilité éventuelle des cinq policiers entendus comme témoins assistés, avance Le Monde. Le rapport de l'IGS a été remis récemment au juge d'instruction en charge de l'enquête sur la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna, qui avait déclenché des émeutes dans cette ville puis dans toute la France, indique Le Monde.
Mercredi, les avocats des familles ont déposé une nouvelle plainte, pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui", notamment sur le fondement de ce rapport. Jusque-là, le juge Olivier Géron était uniquement saisis de faits de "non assistance à personne en danger", une qualification pénale moins grave.
(D'après agence)
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