"Il a fallu ce drame pour que le ministère réagisse"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 16 janvier 2007 à 18h19 , mis à jour le 17 janvier 2007 à 15h18

L'Intérieur a reçu mercredi les syndicats de Transport de fonds, 2 jours après un braquage. Gérard Apruzzese (FO) explique à LCI.fr les inquiétudes de la profession.

Gérard Apruzzese FOGérard Apruzzese, secrétaire général de FO transports © DR

LCI.fr : Vous allez être reçus mercredi au ministère de l'Intérieur par le conseiller pour la sécurité au cabinet de Nicolas Sarkozy. Deux jours après le braquage de Metz, qu'allez vous lui dire ?

Gérard Apruzzese, secrétaire général de FO Transports : On va d'abord écouter ce que lui a à nous dire étant donné que c'est lui qui nous invite. Ensuite, on va lui rappeler qu'on lui avait adressé plusieurs courriers où on lui demandait un rendez-vous pour discuter des problèmes de sécurité dans la branche. En novembre, on voulait faire le point sur la dégradation des conditions de travail pour les transporteurs de fonds et lui demander de modifier un décret permettant de réduire les équipages des fourgons de trois à deux hommes armés. Notre dernier courrier remontait à la semaine dernière. Toutes ces demandes de rendez-vous sont restées lettre morte.

Il a fallu ce drame de Metz pour que le ministère réagisse et nous convoque dans l'urgence, c'est inacceptable. C'est l'histoire bien connue en France du feu rouge au carrefour : tant qu'il n'y a pas de mort, on n'installe pas de signalisation. On est dans le médiatique, c'est une décision purement électorale. On n'avait pas été reçu depuis 2003. Nous on dénonce les choses au quotidien.

LCI.fr : Quelles sont les dérives constatées ?

G.A. : Principalement, celles qui découlent du principe de la réduction des coûts des entreprises. Dans l'Est, pour revenir sur l'objet de notre dernier courrier, certaines entreprises de convoyages de fonds mettent en place des méthodes qui ne permettent pas de bonnes conditions de sécurité. Cela vaut aussi pour les banques, et toujours au détriment de la sécurité.

Il y a le non-respect de l'interdiction de convoyage de fonds entre 22 h et 5 heures. Mais aussi celui des règles des dessertes d'argent en terme de volume. En clair à partir d'une certaine somme d'argent, l'entreprise doit la faire transporter par une société spécialisée dans le transport de fonds. Là encore, cette règle n'est pas respectée. Dans notre dernier courrier, nous demandons au ministre de l'Intérieur de rappeler d'une manière très nette les obligations des uns et des autres, et que soient appliquées des sanctions exemplaires à ceux qui persisteraient à contrevenir à ces règles. La société Sécuritas dont le fourgon a été attaqué lundi à Metz, n'est pas concernée par ce type de dérive. Cela étant dit, ce drame est révélateur de l'ambiance et des tensions qui règnent au sein de notre profession.

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 16 janvier 2007 à 18:19
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5 Commentaires

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  • Merigeau, le 17/01/2007 à 15h16

    Les elections arrivent,les politiques sont a votre ecoute messieurs les convoyeurs de fond.Condoleances a la famille du defunt

  • Cecile, le 17/01/2007 à 14h50

    Bon tout d'abord bon courage a eux , car c'est bien un des travail que je ne voudrait pas que mon marie face... mes condoleances a sa famille car malheureusement il y a encore un deces.

  • Bean, le 17/01/2007 à 10h39

    D'un autre côté, quand le gouvernement prend des mesures qui évientent des morts, on n'en parle pas justement parce que rien ne s'est passé...

  • Patrick, le 17/01/2007 à 08h18

    Bonjour je ne crois pas que les attaques de convoyeurs de fonds se fassent sans que les malfaiteurs en soient avertis comment savent il si il y a de l'argent dans les fourgons et a quels horaires l'argent y est transporte

  • Jacqueline92, le 16/01/2007 à 21h42

    Il est temps d'appliquer des mesures de sécurité adaptées à la violence de notre époque car il s'agit d'un métier à haut risque. Je pense au stress de ces convoyeurs de fonds qui exercent leur métier dans le stress et à leurs familles qui vivent dans la peur.

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