Les personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Ici à Toulouse. © LCIUn "réseau" d'acheminement de volontaires français pour combattre la coalition en Irak, soupçonné d'être "en liaison avec Al-Qaïda", a été démantelé mardi et mercredi avec l'interpellation de onze personnes à Toulouse, en Ariège et dans la région parisienne, selon le ministère de l'Intérieur. La plupart de ces personnes, parmi lesquelles quatre femmes, sont "soupçonnées d'être en liaison avec l'organisation terroriste Al Qaïda", selon un communiqué du ministère.
Ce réseau, qui fonctionnait "depuis plusieurs mois" selon une source proche du dossier, faisait l'objet d'une surveillance par les spécialistes de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la direction centrale de la police judiciaire, dans le cadre d'une "enquête préliminaire" du Parquet antiterroriste de Paris.
"Combattre la coalition"
L'opération a commencé mardi, avec l'arrestation à Orly de deux jeunes gens qui venaient d'être expulsés de Damas où ils avaient été interpellés par les autorités syriennes alors qu'ils cherchaient à pénétrer en Irak pour "combattre la coalition", a-t-on précisé de même source. Ils ont été aussitôt placés en garde à vue dans les locaux parisiens de la SDAT, dans le 8e arrondissement de Paris.
Leur retour en France a conduit la police antiterroriste à déclencher mercredi à 6 heures du matin, son coup de filet, qui s'est concentré sur Toulouse où six personnes, "essentiellement des jeunes gens" de nationalité française, ont été arrêtées, dont trois femmes, principalement dans le quartier sensible du Mirail. Parallèlement, un couple de français d'origine syrienne, un homme de 60 ans et son épouse de 55 ans, étaient arrêtés en Ariège, et un homme en banlieue parisienne, à Torcy (Seine-et-Marne). Tous "sont mis en cause dans l'organisation d'une filière d'acheminement de jihadistes vers l'Irak. Ils ont été placés en garde à vue", a souligné le ministère de l'Intérieur.
La nébuleuse terroriste
Selon une source proche du dossier, ce réseau "facilitait, par la fourniture de moyens ou de contacts, le départ vers l'Irak, principalement via la Syrie, de 'combattants' jihadistes volontaires pour aller affronter les forces de la coalition" américano-britannique.
Leurs "liens avec Al-Qaïda" soulignés par le ministère de l'Intérieur, portent surtout sur les "contacts" vers lesquels ils dirigeaient les volontaires une fois arrivés en Syrie, susceptibles de les mettre en rapport avec des affidés de la nébuleuse terroriste qui pouvaient leur permettre de franchir la frontière. En revanche, a-t-on assuré de même source, "aucun des membres du réseau démantelé en France ne s'était fait connaître pour des activités terroristes directes. Aucun, par exemple, n'avait déjà combattu ou même ne s'était rendu sur des théâtres du jihad comme l'Afghanistan par exemple".
Selon les premiers éléments matériels recueillis lors des perquisitions de mercredi matin, "rien ne permet de supposer que le réseau aurait projeté de commettre des attentats en France", a-t-on ajouté. En l'état actuel de l'enquête, il est impossible de dire si d'autres volontaires au jihad que les deux expulsés de Syrie mardi avaient pu y être acheminés par le réseau.
(D'après agence)
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