Jean-Baptiste Jérôme Colonna le 17 juin 2004 dans la salle du tribunal correctionnel d'Ajaccio, au début de son procès pour recel d'abus de biens sociaux © TF1-LCI/AFP-O.Laban MattéiL'hypothèse de la police avait été une attaque cardiaque au volant qui avait entraîné l'accident et la mort de celui qui était considéré comme le dernier "parrain" corse mais avec un casier judiciaire vierge de toute condamnation grave. Selon le quotidien Le Monde (de mardi), Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", ne serait pas mort le 1er novembre à 67 ans de manière accidentelle.
Un "élément mécanique étranger au moteur" aurait été trouvé durant l'expertise mécanique sur la voiture dans laquelle il s'est tué en Corse-du-Sud, selon Le Monde qui cite les premières conclusions d'experts remises au parquet d'Ajaccio. "Des traces de composant chimique qualifié de 'brisant' intégré à un explosif" ont été détectées, explique le journal. Une hypothèse qui explique d'ailleurs aussi l'absence de traces de freinage.
Le procureur n'exclut aucune piste
Toutefois le procureur de la République d'Ajaccio a tenu lundi à mettre au conditionnel les affirmations du Monde. "La thèse criminelle ne peut donc plus être totalement écartée, car il y a la présence suspecte d'un engin qui pourrait -je le dis bien au conditionnel- être un engin incendiaire ou explosif", a-t-il déclaré, en précisant qu'une contre-expertise (dont les résultats devraient être connus "la semaine prochaine") était en cours pour déterminer s'il s'agissait d'une bombe.
Le procureur n'exclut d'ailleurs pas les autres hypothèses : accident, explosion accidentelle de l'"engin suspect" s'il s'agit bien d'un engin explosif, ou encore attentat qui ne l'aurait pas visé car Jean-Jé avait emprunté au dernier moment la voiture d'un ami. Et une source policière proche du dossier a jugé "très improbable, l'hypothèse d'un crime visant directement Jean-Jé Colonna".
"En parfaite santé"
Un autre élément troublant est avancé par Le Monde : l'expertise, médicale cette fois, aurait dévoilé que Jean-Jé n'aurait pas eu, comme l'avait affirmé sa famille, une attaque cardiaque trois jours avant l'accident, ni au moment de l'accident. Il était même "en parfaite santé". Pas de rupture d'anévrisme non plus, ajoute le journal.
Quant aux commanditaires : toujours selon Le Monde, les policiers, qui avaient un temps cru que Jean-Jé avait lui-même posé cet explosif pour échapper à la justice, privilégieraient désormais un "acte criminel" d'un tiers, peut-être de "son entourage".
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