Traitement par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal © TF1/LCIL'affaire pourrait avoir plus d'ampleur que ce qu'imaginé auparavant. Du coup, le procureur d'Epinal a annoncé vendredi qu'il avait demandé au juge d'instruction en charge de l'accident de radiothérapie d'Epinal de se dessaisir au profit du pôle de santé publique à Paris. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), chargé de faire la lumière sur les pratiques de radiothérapie à l'hôpital d'Epinal, dans les Vosges, a annoncé vendredi y avoir découvert un 24e cas grave d'irradiation. Comme 23 autres patients de l'hôpital Jean Monnet - dont 4 sont décédés - ce malade a reçu un surdosage important de rayons en raison d'une mauvaise utilisation du logiciel d'un appareil d'irradiation. Les faits se sont passés entre mai 2004 et août 2005.
Et ce n'est peut être pas fini. Une enquête téléphonique laisse penser qu'il "existe dans la population de patients concernée un taux de lésions radio-induites supérieur à ce que l'on peut attendre en moyenne pour cette technique de traitement", a indiqué l'institut. "Ceci reste cependant à confirmer par une consultation médicale et des examens exploratoires appropriés", a précisé l'expert du nucléaire. Un questionnaire adressé à d'autres patients traités pour un cancer de la prostate à Epinal a en effet permis de déceler un taux d'incidences de rectites (complication au niveau du rectum liées à l'irradiation) bien supérieur à ce qui pouvait être normalement attendu. Dans 140 cas (soit 32% du total), il y a soit des rectites avérées (17%), soit une suspicion forte de rectite (15%).
"Sous réserve de la confirmation du caractère radio-induit des troubles déclarés par les patients, qu'il est nécessaire d'établir à partir d'un examen clinique, un taux d'incidence de rectites radio-induites de 32% placerait la cohorte d'Epinal au delà des taux constatés dans les études internationales", selon l'IRSN.
L'expertise de l'IRSN avait été sollicitée il y a deux semaines par le ministère de la Santé, pour compléter un premier rapport rendu par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Seule une synthèse est disponible sur son site (www.irsn.org), le document dans son intégralité devant être versé au dossier judiciaire.
(D'après agence)
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