Le calme ne revient dans la gare qu'après minuit, au bout d'une dernière charge des CRS... © TF1/LCILes heurts dont la gare du Nord, à Paris, a été le théâtre mardi soir, "en disent long sur le climat d'incompréhension, de défiance et de tension qui s'est installé entre la police et une partie de la population", analyse Le Monde dans un éditorial intitulé "Dérapages". Et le quotidien du soir de mettre en garde: "Chacun se souvient que la campagne présidentielle de 2002 s'était jouée, pour une bonne part, sur le thème de l'insécurité et sur l'exploitation de quelques faits divers inquiétants. Chacun devrait donc comprendre qu'il est dangereux de surfer ainsi sur la peur, sauf à jouer les pompiers pyromanes".
Pour Le Figaro, "ironiquement, les violences de l'autre nuit réveillent le clivage droite-gauche, au moment où certains doutaient de sa pertinence". Et Nicolas Barré de conclure: "La reconquête des "territoires perdus de la République", voilà l'urgence qui attend le prochain pouvoir". Renaud Dély estime pour sa part dans Libération que "l'ordre n'est respecté que s'il est respectable. Le tout-répressif peut appâter, un temps, l'électeur. Il est non seulement inefficace, mais foncièrement dangereux". L'Humanité choisit d'interpeller par la plume de Pierre Laurent le ministre de l'Intérieur François Baroin : "Pourquoi et comment la police a choisi de donner, et sur ordre de qui, à cet incident la tournure spectaculaire qu'il a prise, convoquant au fil des heures caméras et photographes au spectacle ? Il faut donc faire la clarté, éclairer la disproportion entre l'incident initial et ses conséquences. C'est la première des exigences".
"Un échec sociétal dont les responsabilités sont largement partagées"
La Croix renvoie gauche et droite dos-à-dos. "Aucune famille politique ne peut prétendre avoir la formule magique pour rétablir le dialogue, tant les causes des violences sont multiples", écrit Dominique Quinio, qui ajoute : "Le candidat Jean-Marie Le Pen, lui, engrange des voix". Même posture pour Gérard Noël dans La Liberté de l'Est : "Les candidats de tous bords sont montés au créneau dans une cacophonie de réactions à chaud où chacun n'a songé qu'à camper sur des positions dogmatiques qui ne risquent pas de faire avancer le débat". Didier Pobel, dans Le Dauphiné libéré, dénonce lui aussi "tous ceux qui ne cessent d'alimenter la polémique, prouvant qu'ils savent très bien, eux aussi, prendre le train en marche. Celui de l'exploitation politique dont, hélas, on entrevoit assez mal le terminus".
Résumant la position adoptée par nombre de ses confrères, Jacques Camus fait ce constat amer dans La République du Centre : "Gauche et droite classiques ont une fois de plus grand tort de s'empoigner sur un échec sociétal dont les responsabilités sont largement partagées".
D'après agence
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