Manifestation devant le rectorat en soutien à la directrice placée en garde à vue, le 26 mars 2007 © TF1/LCIIls entendaient "exprimer leur totale indignation, dénoncer la détention arbitraire - de la directrice d'école - et exiger l'arrêt des poursuites engagées". Plusieurs centaines de personnes (2500 selon les organisateurs, plus d'un millier selon la police) se sont rassemblées lundi à 18h devant la direction du rectorat de Paris, dans le Ve arrondissement de Paris, pour protester contre la garde à vue vendredi de la directrice d'une école du XIXe. Les principaux syndicats enseignants parisiens, la FCPE (parents d'élèves), le Réseau Education sans Frontières (RESF) et SOS Racisme avaient appelé à ce rassemblement.
Une délégation de douze manifestants, reçue pendant plus d'une heure par le recteur Maurice Quénet et l'inspecteur d'académie du premier degré, a fait part de son mécontentement. "Le recteur n'a pris aucun engagement sur les enfants de sans-papiers et il a annoncé que la directrice serait convoquée par le responsable du premier degré", a déclaré Jean-François Fontana, de Sud Education. Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges-lycées, a fustigé, dans une motion à l'ouverture de son congrès à Clermont-Ferrand, "l'attitude du ministre de l'Education nationale et du recteur de Paris qui laissent faire et déclarent ne pas se sentir concernés par des pratiques contraires aux valeurs de l'Ecole de la République".
La directrice de l'école maternelle Rampal Valérie Boukobza a été placée en garde à vue pendant près de sept heures vendredi au commissariat du XIXe avant d'être remise en liberté sur ordre du parquet. Sa garde à vue faisait suite aux incidents qui avaient opposé mardi des parents d'élèves aux forces de l'ordre après l'interpellation, dans un débit de boissons voisin de l'école, d'un Chinois en situation irrégulière qui venait chercher ses deux petits-enfants.
"Je ne regrette rien"
Valérie Boukobza a revendiqué lundi son action en faveur d'une famille de sans-papiers, affirmant "ne pas avoir outrepassé" son "devoir de discrétion" en tant que fonctionnaire. "Ce que nous avons fait" "beaucoup d'autres l'auraient fait de la même manière", estime la directrice, selon laquelle "il ne s'agit là que du devoir de protection des enfants et de leurs famille et de celui de résistance pacifique à une forme d'oppression".
"En ce qui me concerne, mes actes et mes choix de citoyenne ne différent pas en l'occurence de mes obligation de fonctionnaire et ne se limitent pas aux heures d'ouverture et de fermeture des bâtiments. Tous les parents le savent (...)", ajoute-t-elle.
Affirmant s'être "présentée aux représentants de la force publique en indiquant" sa "fonction, dans le but de ramener le calme et la raison dans une situation qui" lui "semblait pouvoir conduire à des débordements impliquant les enfants et leurs familles", Valérie Boukobza conclut : "Evidemment, je ne regrette rien, et j'attends sereinement les suites de l'enquête en cours".
D'après agence
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