© AFP/Jack GuezLa directrice de l'école maternelle Rampal, Valérie Boukobza, ne fera l'objet d'"aucune poursuite", administrative ou judiciaire, à la suite de sa garde à vue vendredi dernier liée à l'arrestation d'un sans-papiers, a indiqué jeudi le ministère de l'Education. Me William Bourdon, l'avocat de la directrice, a confirmé que le parquet avait décidé de ne pas poursuivre Valérie Boukobza, qui avait été placée en garde à vue le 20 mars à la suite d'incidents entre policiers et parents d'élèves lors de l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers.
"Les poursuites administratives contre Mme Boukobza n'ont pas lieu d'être" car elle était "en dehors de ses fonctions de directrice d'école", a expliqué l'entourage de Gilles de Robien, dans la mesure où les faits se sont déroulés à l'extérieur de l'enceinte scolaire et au delà des horaires de classes.
"Emotion suscitée"
Le ministère "a pris soin de prévenir les organisations syndicales pour éviter les polémiques inutiles parce que l'acte éducatif nécessite une certain sérénité", a commenté le ministère. Dans un communiqué, le Sgen-CFDT a "pris acte d'une mesure de justice" et a espéré que "pareille situation, en particulier à l'égard des enfants de familles sans-papiers, ne se reproduise plus".
Cette annonce est "le résultat de la mobilisation qui a pris une ampleur considérable à la hauteur de l'émotion suscitée", a commenté Gilles Moindrot du SNUipp-FSU, regrettant que "le ministère de l'Education se soit tenu à l'écart et n'ait pas apporté son soutien juridique à la directrice".
"Silence total du ministère"
L'ensemble des syndicats du primaire a toutefois décidé de "maintenir" la grève à Paris vendredi. "Les organisations syndicales dénoncent l'attitude du recteur de Paris qui non seulement a refusé d'accorder la protection juridique à notre collègue mais a laissé entendre qu'elle 'aurait à assumer les conséquences de ses actes'", ont-elles expliqué dans un communiqué.
Les syndicats SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, Sud-Education, Snudi-FO et CNT ont également dénoncé "le silence total du ministère tant concernant notre collègue que sur le problème des arrestations aux abords des écoles". Ils lui ont demandé d'"assurer la protection de tout collègue menacé dans l'exercice de ses missions" et de "s'engager à intervenir pour que plus aucune arrestation n'ait lieu aux abords des écoles".
Une manifestation doit démarrer à 14h vendredi du métro Sèvres-Babylone en direction du ministère de l'Education, rue de Grenelle, à l'appel de l'intersyndicale, des parents d'élèves FCPE, du Réseau éducation sans frontières (RESF) et des lycéens de la Fidl.
D'après agence
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