© TF1-LCILes condamnations sont unanimes à propos de la (brève) garde à vue vendredi de la directrice de l'école maternelle Rampal dans le XIXe arrondissement à Paris, trois jours après des heurts violents entre parents et policiers lors de l'arrestation d'un parent sans-papiers d'enfants scolarisés (lire notre article). Au point que le ministère de l'Intérieur a rappelé vendredi soir dans un télégramme aux préfets qu'une mesure d'éloignement d'étrangers sans-papiers ne devait "en aucun cas" donner lieu à des interpellations dans les écoles où à leur proximité. Les "incidents récents" l'ont conduit "à renouveler les instructions qui vous avaient été adressées par un télégramme" le 14 septembre 2006.
Pour le Réseau éducation sans frontière RESF, "la situation s'envenime ces derniers jours". Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, et la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, se sont déclarés indignés par l'arrestation de la directrice. Vendredi après-midi, une cinquantaine de personnes, membres de RESF ou parents d'élèves s'étaient retrouvées devant le commissariat en soutien à la directrice d'école. Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a à son tour dénoncé "une tentative d'intimidation intolérable", après cette garde à vue.
Les candidats s'emparent de la polémique |
- François Bayrou a condamné, depuis La Réunion, cette mise en garde à vue, estimant que "dans cette affaire, on a franchi des limites". "Ca ne se fait pas dans la République d'arrêter une directrice d'école maternelle et de la mettre en garde à vue, simplement parce qu'elle a témoigné son indignation au moment de l'arrestation spectaculaire et violente du grand-père d'un enfant scolarisé dans son école", a-t-il affirmé jugeant l'émotion parmi le éducateurs "compréhensible".
- Dénonçant à son tour cette interpellation, Ségolène Royal a déclaré à Nice que "les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police". "Il faudra que la France reste fidèle aux valeurs qui sont les siennes. Quand une institutrice est en garde à vue parce qu'elle protège les enfants de son école, ce n'est pas la France telle que nous l'aimons", a-telle déclaré. "Ce n'est pas comme ça qu'on défend l'identité nationale, bien au contraire", a-t-elle conclu. Le PS avait auparavant "demandé solennellement à ce que toute la lumière soit faite", indiquait dans un communiqué Julien Dray, porte-parole de Ségolène Royal. "Nous dénonçons ces méthodes d'un autre âge pour traquer les sans papiers: guet-apens aux abords des Restos du coeur ou à la sortie des écoles, devant les enfants".
- Pour le candidat LCR à la présidentielle, Olivier Besancenot, "le ministre candidat Sarkozy montre son vrai visage (...) Pour draguer l'électorat de Le Pen, il veut expulser les immigrés sans papiers et punir celles et ceux qui les soutiennent".
- Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a jugé vendredi "inacceptable d'organiser des formes 'd'embuscades' près des établissements scolaires". Dans une lettre au Premier ministre, il a évoqué une "dérive préoccupante". "J'en appelle à votre sens de la responsabilité afin que cessent de telles provocations (...).
- Pour Marie-George Buffet, communiste, candidate "rassemblement de la gauche populaire et antilibérale" à la présidentielle, "Ces pratiques rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et elles doivent cesser".
- Arlette Laguiller, candidate LO à la présidentielle s'est site "profondément indignée par la rafle. (...) Je joins ma protestation à celle de tous ceux qui ont exprimé leur révolte contre cette action de la police qui n'hésite pas à utiliser les écoles comme une véritable souricière pour faire la traque aux enfants et à leur famille.""
- Pour la candidate des Verts à la présidentielle Dominique Voynet, "C'est à l'un des derniers refuges des valeurs de la République -l'école- que le ministre-candidat de l'UMP s'attaque en posant la dernière pierre de son action au sein de ce gouvernement".
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