Meurtres de Montigny : Heaulme bientôt disculpé ?

Par , le 24 avril 2007 à 16h00 , mis à jour le 24 avril 2007 à 18h32

Les empreintes génétiques retrouvées sur un pantalon du tueur en série ne sont pas celles des deux petits garçons tués en 1986 dans ce village de la Moselle.

TF1-LCI : Francis HeaulmeFrancis Heaulme © TF1-LCI

Le pantalon de jogging gris et tâché constituait probablement le dernier élément pouvant impliquer Francis Heaulme dans l'affaire du "crime de Montigny". Le vêtement va sans doute valoir un non-lieu au tueur en série, mis en examen en juin 2006 pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Bekrich. Les corps de ces garçonnets de 8 ans avaient été retrouvés le 28 septembre 1986, gisants sur une voie ferrée où ils avaient l'habitude de jouer. Tués à coups de pierres.

Le pantalon appartenant au "routard du crime" avait été retrouvé, fin octobre 2006, lors d'une perquisition chez sa grand-mère à Vaux, petit village coquet à l'Est de Metz, où Heaulme vivait depuis la mort de sa mère. Cette découverte ouvre à l'époque une nouvelle piste inespérée pour les enquêteurs qui viennent de faire chou-blanc avec une reconstitution.

Un nouveau procès pour Dils ?

Sur le vêtement trouvé dans le grenier, deux éléments troublants : une "empreinte génétique masculine" qui s'avèrera, après expertise, ne pas être celle des deux garçons. Et des poils découverts dans la poche, dont l'analyse ADN ne correspond pas non plus à celui des petits Cyril et Alexandre. "C'est vraiment un non-événement, a réagi Me Glock, l'un des avocats de Heaulme. Ce pantalon faisait partie des éléments fabriqués et exhibés par les gendarmes, 25 ans après. On ne sait même pas si ce pantalon est à sa taille ! La justice n'a jamais accordé le moindre crédit à cette piste."

La "quasi-signature criminelle de Heaulme" 

La piste Heaulme semble ainsi se refermer faute d'éléments probants. En 2002, Patrick Dils, condamné à la perpétuité pour le double-meurtre avait été acquitté par la cour d'assises du Rhône après les confessions troublantes de Francis Heaulme et cette enquête de synthèse de la gendarmerie pour qui le double-meurtre portait sa "quasi-signature criminelle".

A l'époque, en 1986, l'homme travaillait à 400 mètres du lieu du crime. Il évoquera pêle-mêle une voie ferrée, des enfants jetant des pierres aux cyclistes -le passe-temps favori des petits Cyril et Alexandre-. Aujourd'hui, âgé de 47 ans, le "routard du crime" nie tout en bloc. L'un de ses avocats rappelle que le jour des meurtres, Heaulme portait une tenue de cycliste, pas un jogging gris.

Au vu de ces nouveaux résultats, les parties civiles vont demander un non-lieu pour Francis Heaulme. "L'élément nouveau qui avait fondé le procès en révision de Patrick Dils s'effondre au terme des investigations scientifiques", explique Me Dominique Rondu, avocat de la famille du petit Bekrich qui souhaite obtenir "in fine" la révision du procès de Lyon. Le défenseur de reconnaître cependant qu'une telle démarche nécessiterait une réforme législative.

Par Amélie Gautier le 24 avril 2007 à 16:00
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1 Commentaires

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  • Jean-Pierre, le 24/04/2007 à 16h43

    Patrick DILLS a été condamné par deux fois par deux cours d'assises différentes. Quelle chance il a eu la troisième fois quand une espèce de cinglé a raconté qu'il se trouvait dans les parages de ce crime!

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