Des policiers à la Foire du Trône après le drame qui a coûté la vie à l'un de leurs collègues en 2007 © TF1/LCILes circonstances du drame restent floues. Un policier a été tué lundi soir par le bras de la nacelle d'un manège à la Foire du Trône sur la Pelouse de Reuilly à Paris (XIIe) en intervenant lors d'une rixe. Une source policière avait d'abord annoncé qu'Erwan Caron, 31 ans, avait été poussé volontairement sous la nacelle du manège Le Maxximum, ajoutant qu'un second policier aurait aussi été poussé et "extrait de justesse par un forain".
Mais, selon la préfecture de police, ce policier affecté à la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), est intervenu vers 21 heures avec "quelques-uns de ses collègues pour un incident qui opposait (...) quelques jeunes et l'un des employés du manège Maxximum". "Pour régler cet incident, lui et certains de ses collègues ont été amenés à monter sur la plate-forme qui sert de base de départ pour une nacelle basculante. A cette occasion, il a été très violemment percuté par cette nacelle a été projeté et est mort instantanément", a expliqué mardi Pierre Mure directeur du DOPC. "Jusqu'à présent, tout semble laisser penser qu'il s'agit d'un accident", a-t-il affirmé. "Toutefois il faut être extrêmement prudent et seule l'enquête révèlera de manière plus précise dans quelles circonstances exactes M. Caron a trouvé la mort", a-t-il souligné.
"Le policier a été poussé"
Selon le syndicat de police Alliance qui réclamait des renforts, une compagnie de CRS (80 hommes) a été mise en place mardi après-midi à la Foire du Trône. Le ministre de l'Intérieur François Baroin s'est rendu sur place vers 23 heures 30. A la presse, il a déclaré qu'il s'était déplacé "pour se rendre compte des circonstances du drame", sans s'exprimer sur le fond. Devant le Maxximum, le gérant de l'attraction, Jack Bazin, a déclaré que, selon les employés qui avaient assisté à la scène, une "bande de 15 jeunes" étaient montée sur la plate-forme d'accès. Puis "il y a eu une bagarre et un policier a été poussé", et a été percuté par le bras de la nacelle, a-t-il dit. "Je ne sais pas par qui il a été poussé", a-t-il ajouté.
Deux autre hommes se présentant comme des témoins directs de la rixe ont réfuté mardi devant la presse la thèse de l'accident, répétant que le policier a été "poussé". "Aux alentours de 21h, on attendait comme tout le monde et des jeunes sont montés (sur la plate-forme d'accès au manège) par la gauche", a raconté l'un des deux témoins, 40 ans, affirmant que les jeunes voulaient "resquiller". Ils étaient "deux ou trois, puis dix ou douze ; les forains leur ont dit de descendre. Les jeunes ont tapé sur les forains. Cela a dégénéré", a ajouté ce visiteur. Selon lui, les policiers ont alors tenté de s'interposer : "ils ont poussé le CRS (en réalité un gardien de la paix, ndlr), il est tombé, la nacelle est arrivée, l'a accroché, il a valsé. On l'a vu partir. C'était comme un film d'horreur", a-t-il raconté.
L'enquête a été confiée à la brigade de répression de délinquance à la personne (BRDP) et la 2e division de police judiciaire (DPJ). L'Inspection générale des services (IGS, police des polices) a également été saisie. Aucune interpellation n'avait été rapportée peu après 2 heures du matin.
Les syndicats choqués
Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), a exprimé son "émotion" et s'est dit, par la voix de son secrétaire nationale Frédéric Lagache, "choqué" après la mort du policier. "Le symbole de l'autorité de l'Etat est une fois de plus bafoué" et "il faut restaurer cette autorité", a-t-il dit. Il a d'autre part réclamé un "renforcement de la surveillance" à la Foire du Trône "par une compagnie de CRS" et par "l'augmentation des caméras vidéo sur place". Selon lui, lundi soir, il y avait une cinquantaine de policiers sur place ce qui est, dit-il, "pas assez quand on sait que, les jours d'affluence", comme ce week-end pascal, "il y a jusqu'à 60.000 personnes".
Pour Nicolas Comte, secrétaire général du Syndicat général de la police (SGP-F, 3e syndicat), "ce drame est à mettre en perspective avec l'augmentation considérable, depuis plusieurs mois, du nombre de fonctionnaires (de police) blessés en service" qui "se comptent par milliers". Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a quant à lui demandé mardi que l'enquête "détermine de façon incontestable les conditions" de la mort du policier.
(D'après agence)
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