Hommage à Sophie Gravaud à Nantes, au lendemain de la découverte du corps de la jeune femme (14 avril 2007) © TF1/LCIUn petit panneau porte des reproductions de portraits en noir et blanc, une copie de l'appel à l'aide lancé par la famille de Sophie Gravaud. Au sol, quelques roses. La jeune femme que montrent les photos sourit. Son corps a été retrouvé vendredi au bas d'une bretelle de sortie d'une voie express reliant Nantes à Pornic, sur le territoire d'une commune proche - très abîmé, selon les enquêteurs, et partiellement dévêtu. L'endroit, plutôt isolé, est situé à quelques kilomètres à peine de la zone commerciale Atlantis de Saint-Herblain où la jeune femme avait été vue pour la dernière fois samedi soir, en quittant le magasin de prêt-à-porter où elle travaillait. A Nantes, l'hommage a déjà commencé ; et les proches de Sophie Gravaud ont appelé à une marche silencieuse ce samedi à 16 heures dans le centre-ville.
La famille et les amis de la jeune femme, présentée par sa mère comme une jeune femme "aimée de tous", s'étaient fortement mobilisés pour tenter de la retrouver. "On est en rage, en colère. Sophie était gentille et souriante. C'est à nous d'aider les proches, de les soutenir", témoignait vendredi soir Stéphane au milieu d'une dizaine de proches rassemblés devant le palais de justice.
"On ignore comment les choses se sont passées"
Le principal suspect du meurtre, Ramiz Isemi, un père de famille de 46 ans, originaire de Bosnie et domicilié à Nantes, a été mis en examen et écroué à Nantes. Les chefs "d'enlèvement et séquestration" retenus avant l'annonce de la découverte du corps devraient être requalifiés en "enlèvement et séquestration suivie de mort". Interpellé mardi soir à Bourgoin-Jallieu, dans l'Isère, l'homme a nié, au cours de sa garde à vue à Lyon, tout lien avec la disparition de la jeune femme. Son épouse, âgée de 41 ans, avait déjà été écrouée jeudi soir après avoir été mise en examen pour complicité d'enlèvement, séquestration et détention ainsi que recel.
Ramiz Isemi est notamment soupçonné d'avoir utilisé la carte bancaire et le téléphone portable de Sophie Gravaud dans les heures ayant suivi sa disparition. Il a notamment été identifié par la caméra vidéo d'une station-service de la région nantaise, où a été utilisée la carte. La puce du téléphone portable a par ailleurs été actionnée à proximité du lieu de la découverte du corps et à plusieurs reprises entre Nantes et Bourgoin-Jallieu, ce qui a permis aux enquêteurs de l'interpeller. Mais le suspect a affirmé aux enquêteurs avoir acheté le téléphone portable de la jeune femme à un tiers. Il a par ailleurs expliqué s'être rendu dans l'Isère pour s'y faire prêter de l'argent par des amis après avoir perdu une somme importante dans un casino. Il avait pourtant interdiction de sortir du département de Loire-Atlantique en raison de sa mise en examen pour agression sexuelle sur mineure dans une affaire actuellement à l'instruction.
"On ignore comment la victime a été tuée et comment les choses se sont passées", reconnaît le procureur de la République de Nantes, Stéphan Autain. Les premières constatations ont montré "des compressions manuelles à hauteur des cervicales" ainsi que de "multiples ecchymoses, notamment à l'intérieur des jambes, qui laissent penser qu'il y a eu résistance à une agression sexuelle".
Avec agence
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