Les forces de l'ordre déployées lors d'une manifestation anti-Sarkozy place de la Bastille mardi soir © TF1/LCIAlors que les violences contre Nicolas Sarkozy seraient à la décrue, les condamnations pleuvaient ce mercredi. A Charleville-Mézières, deux jeunes majeurs ont été condamnés en comparution immédiate à 6 et 4 mois de prison ferme mercredi pour leur participation à des affrontements avec la police dans la nuit de dimanche à lundi après l'élection de Nicolas Sarkozy. Ils étaient poursuivis pour avoir participé à un attroupement armé, outragé les policiers et jeté des pierres sur ces derniers.
Moins sévère, le tribunal correctionnel de Toulouse, qui devait juger mercredi 16 personnes pour des incidents similaires, a pour sa part condamné 8 étudiants à un mois de prison ferme pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. "La sanction est très dure. De la prison ferme est une peine très lourde pour des faits très isolés pour des personnes étudiantes au parcours exemplaire", a réagi leur avocat.
A Paris, ce sont deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années arrêtés dimanche soir place de la Bastille qui ont été condamnés à 4 mois ferme chacun mercredi soir par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir lancé des pavés sur les forces de l'ordre. Le tribunal a ordonné leur maintien en détention. Il n'a pas complètement suivi le parquet qui demandait six mois de prison ferme.
A Bordeaux, 7 hommes, âgés de 20 à 35 ans, ont été condamnés mercredi à Bordeaux à des peines de 4 à 6 mois de prison ferme pour "violences aggravées sur personne dépositaire de l'autorité publique avec arme et en réunion". Ils avaient jeté des projectiles sur des forces de l'ordre au cours d'une manifestation dimanche. Les condamnations du tribunal correctionnel ont été globalement plus lourdes que les réquisitions de la représentante du ministère public, qui avait réclamé des peines de deux à six mois ferme. "Dans une démocratie, on a le droit de manifester sa joie, sa peine. C'est un droit fondamental qui fait partie des libertés publiques. Mais il y une limite, cette limite ce sont les débordements et les violences", avait-elle estimé.
Six hommes, interpellés à Rennes, ont été condamnés mercredi en comparution immédiate à des peines allant de 105 heures de travail d'intérêt général (TIG) à trois mois de prison ferme. Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné un homme de 34 ans à la peine la plus lourde pour avoir foncé avec son véhicule sur les gendarmes. Un homme de 42 ans a été condamné à deux mois de prison ferme pour jets de canettes et pour avoir uriné devant les forces de l'ordre.
A Lyon, sur quatre personnes -essentiellement de jeunes majeurs- jugées en comparution immédiate pour des violences sur policiers et dégradations dimanche soir, deux ont écopé de peines de prison ferme (6 mois et 3 mois). Enfin, au Creusot (Saône-et-Loire), un majeur interpellé à la suite de jets de pierre sur un véhicule de police dimanche a été condamné à six mois de prison, dont deux ferme.
"Situation pas acceptable"
Alors que de nouvelles manifestations d'hostilité au nouveau chef de l'Etat se sont déroulées dans la nuit de mardi à mercredi dans plusieurs villes en France, le ministre de l'Intérieur François Baroin a dénoncé sur France Info une "situation pas acceptable". Démentant toute violence policière et louant le "professionnalisme" des forces de l'ordre, il a cependant noté que ces violences étaient "en décrue" avec environ 200 véhicules incendiés et 80 interpellations dans la nuit de mardi à mercredi. La direction générale de la police nationale (DGPN), a publié mercredi soir le chiffre de la nuit de mardi à mercredi : au total, 292 voitures ont été incendiées et 86 personnes interpellées, dont 3 à Paris.
Mercredi soir, 300 personnes défilaient sans violence à Paris, en présence de nombreuses forces de l'ordre. Les manifestations d'hostilité mardi soir dans plusieurs villes de France s'étaient traduites par des échauffourées et plusieurs interpellations.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



