Nelson est mort à 14 ans, à Marseille © TF1/LCILes sentiments devraient osciller entre tristesse et colère. Une marche silencieuse devait avoir lieu mardi matin, à Marseille, en souvenir de Nelson, 14 ans, fauché samedi par un véhicule de police alors que son conducteur a été libéré lundi soir.
A l'issue de 48 heures de garde à vue, Yohan B., policier stagiaire a été mis en examen pour homicide involontaire aggravé mais remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les trois circonstances aggravantes sont : "vitesse excessive, omission de céder le passage à un piéton sur un passage protégé et omission de marquer l'arrêt à un feu rouge", bien qu'en raison de témoignages contradictoires ce dernier fait n'ait pas été établi avec certitude à ce stade.
"Little big man"
Le parquet avait requis le placement sous mandat de dépôt du policier en soulignant "l'étendue du drame" et le fait que la nature de l'intervention des policiers ne "rendait pas nécessaire de prendre des risques au préjudice de nos concitoyens". Les policiers allaient garder un détenu à l'hôpital Nord. L'adolescent a été heurté à un carrefour dans le quartier Saint-Joseph, alors qu'avec son frère et un ami, il traversait sur un passage piéton en poussant son vélo. En coma profond, il est décédé dimanche soir.
Le policier stagiaire de 22 ans était sorti de l'école de police il y a six mois. Aujourd'hui, il "est effondré" selon le procureur. Une banderole à l'entrée de la cité où vivait Nelson proclamait : "La police a brisé le coeur d'une famille", tandis qu'une autre "Justice rapide et efficace pour les chauffards de Nelson".
"Tous ces messages de soutien, ça me fait du bien mais ça ne me rendra pas mon fils", a déclaré le père de Nelson, en brandissant une photo de son fils, un adolescent blond que ses amis appelaient "Little Big Man", en raison de son caractère bien trempé. "Cette affaire est particulièrement dramatique car l'insécurité est venue de gens a priori chargés de notre sécurité", a déclaré Me Gilbert Collard, avocat des parents de la victime, pour qui "il convient de mettre en cause tous les occupants de ce véhicule".
"Les sanctions adéquates"
Une enquête administrative, confiée à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), a été ouverte parallèlement à l'enquête judiciaire. Les deux collègues qui étaient avec le conducteur dans la voiture pourraient éventuellement faire l'objet de sanctions disciplinaires, selon le procureur. Il a précisé qu'au niveau juridique, seul le conducteur pouvait être tenu responsable.
A ce stade de l'enquête, il semble acquis que la sirène "n'était pas utilisée mais (que) le gyrophare était en fonctionnement", a déclaré Jacques Beaume. "Ce qui est quasi certain et reconnu par le conducteur, c'est que la vitesse de 50 km/h était dépassée". Venue assurer la famille de Nelson de son soutien, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a affirmé que si "des fautes sont avérées, les sanctions adéquates seront bien évidemment prises".
(D'après agence)
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