Difficiles relations police/population dans le "93"

le 02 juin 2007 à 09h52 , mis à jour le 03 juin 2007 à 21h32

Un rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité dresse un constat accablant, évoquant parfois une césure" police/population en Seine-Saint-Denis.

TF1-LCI © TF1-LCI

"Les relations actuelles entre la police nationale et la population" en Seine-Saint-Denis "sont difficiles et empreintes de tensions évidentes". Voilà, entre autres, ce qu'indiquent les auteurs d'un rapport inédit de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), qui dépend du ministère de l'Intérieur.

Ce rapport dresse un constat accablant des relations entre police et population en Seine-Saint-Denis, évoquant un "climat d'insécurité permanent" qui risque de s'envenimer. Les auteurs du rapport parlent aussi d'une "déferlante de violence" avec un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance, une "dégradation", voire "parfois une césure" police/population.

"Délinquance hors norme"

L'état réel de la délinquance "révèle une face cachée significative d'un profond malaise", ajoutent les rédacteurs de cette étude : une "hausse considérable des violences", une "baisse discutable des faits constatés", une "violence endémique". La police se concentre trop sur la lutte contre les stupéfiants ou les clandestins, affirme par ailleurs l'étude, dénonçant une "hausse artificielle" de ses taux d'élucidation, qui donnent "une image agressive" d'elle en raison de son activisme. Il souligne un "décalage" entre la "suractivité permamente" de la police et les "réalités subies par la population".

Le "93", soutient l'étude, est dans une situation de "marginalisation croissante" avec une "délinquance hors normes". Un "fossé se creuse avec les autres départements" notamment pour ce qui est des faits violents constatés. L'étude constate par ailleurs un "faible taux de plaintes" et également une "faible réponse judiciaire vécue, selon les acteurs de terrain, par la population et la police". Tous les éléments mis en avant dans l'étude ont pour conséquence un "climat d'insécurité permanent entre la police et les habitants des quartiers sensibles". Les "racines du conflit" sont à chercher dans "l'affablissement du Parti communiste", dont le "93" fut un bastion, "et son réseau associatif (...) actif" ou dans une police "formée avant tout au maintien de l'ordre".

"Renouer les liens avce la population"

L'INHES demande de "prendre en compte le contexte dans lequel vivent" les "populations fragilisées" du "93" sur les plan économique et social; regrette qu'il n'y ait pas eu "d'analyse" des violences urbaines ou que la police soit perçue comme "partiale" du fait parfois de son "attitude irrespectueuse" à cause des "tensions".

Quelles sont les solutions ? Il faut "renouer les liens avec la population des quartiers", "réorganiser le travail de la police" et de ses "techniques d'intervention". Un train de mesures est préconisé comme l'accueil dans les commissariats, une "doctrine d'emploi" des policiers et particulièrement des CRS. La police de proximité, dit aussi l'étude, a eu des "effets positifs incontestables" dans certains de ces secteurs sensibles.

Ce rapport, auquel l'AFP a eu accès, a été finalisé en décembre 2006 après deux mois d'étude et de rencontres avec des acteurs municipaux, des policiers ou des magistrats du "93", d'où sont parties les émeutes de 2005. L'INHES l'a transmis en début d'année au ministère de l'Intérieur.

Un "document interne" selon la DGPN

La direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué samedi que ce rapport était un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé". Il a été demandé par le préfet de ce département. "Depuis" qu'il a été rédigé fin 2006, "beaucoup a été fait en Seine-Saint-Denis", a précisé la DGPN, notamment pour ce qui est du "renforcement des effectifs" policiers en Seine-Saint-Denis ou de "l'accueil dans les commissariats". "L'organisation du travail" des policiers a aussi été "revue" et "un partenariat police/justice a été engagé à haut niveau avec des résultats". La DGPN précise qu'une "enquête interne" va être diligentée "afin de trouver l'origine des fuites".

De son côté, Ségolène Royal s'est insurgée samedi contre le fait qu'un rapport finalisé fin 2006 et dressant un constat accablant des relations entre police et population en Seine-Saint-Denis ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent".

(D'après agence)

le 02 juin 2007 à 09:52
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24 Commentaires

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  • Vincent, le 03/06/2007 à 12h35

    LA POLICE NE DERANGE QE CEUX QUI ONT QUELQUE CHOSE A SE REPROCHER...

  • Philippe, le 03/06/2007 à 12h29

    Le problème n'est pas uniquement avec la police, c'est contre tout ce qui est en rapport avec l'état et c'est plus du ressort des familles à étudiquer leur progéniture !

  • Roucoucou, le 03/06/2007 à 09h47

    Il faut pas tout mettre sur la police quand vous avez des mineurs qui veulent faire la loi dans les quartiers c'est cette population des quartiers qui le subisse...ils en ont marre de ces petits delinquants qui eux ne se posent pas de question..et les parents dans tout cela???

  • Jacquet, le 03/06/2007 à 09h39

    Mr X cadre français remarié avec une Tunisienne vivant en France depuis 30 ans et a fait cadeau de son ancienne mercedes au fils diplomé de 26 ans de celle-ci=Controle de police avec tutoiement,sortie du véhicule, les mains sur le capot, palpation etc..tout ça pour vérifier les papiers alors que sur un " européen" on se contente de les lui demander poliment!et on s'étonne que la HAINE monte!!!

  • Sophie, le 03/06/2007 à 08h31

    Pourquoi ce rapport n'a-t-il pas été divilgué plus tôt ? Qui était Ministre de l'Intérieur à cette époque ? Qui est en partie reponsable de cet état de fait ? Qui cache une vérité qui aurait bien dérangée si les français avait eu les résultats de cette enquête avant la présientielle ?

  • Suzon, le 02/06/2007 à 19h04

    C'est triste à dire mais la police est jamais là quand il faut,au lieu de controler dix fois les mêmes personnes ils feraient mieux d'arrêter les voleurs de voiture et après ils s'étonnent que les jeunes ne les aiment pas .Messieurs les policiers arrêtés les provocations ce n'est pas parce-que vous portés un uniforme qu'il faut se croire tout permis .

  • Michael, le 02/06/2007 à 17h42

    J habite le 93 depuis 30 ans et la situation c'est vraiment dégradée. Les policiers ne sont plus craints et les lois actuelles ne les aident pas du tout dans leurs metiers. Certains endroits sont véritablement des zones de non-droits. Que font aujourd'hui les politiques ?

  • Mireye, le 02/06/2007 à 14h31

    Certains ressortent à chaque fois les 5 ans de nicolas sarkozy au ministère de l'intérieur , mais se rappellent-ils du temps où c'était monsieur chevènement qui parlait de tous ces délinquants avec une certaine mansuétude en les appelant "les sauvageons" !!! c'était si mignon !! et, le problème existait déjà ne vous déplaise !!!

  • Jean-yves, le 02/06/2007 à 14h02

    Le probleme avec le 93 est le meme que dans beaucoup de quartier et comme le dit dédé, se sont tous les services administratifs qu'il y a une violence à divers degrés. A 15 ans j'ai fais une betise = garde a vue, jugement avec une chance puis à 18 ans, service militaire dans un commissariat de banlieue. Maintenant j'ai 33 ans, je suis respectueux envers les jeunes, les retraités, les gens dépositaires d'autorité, les uniformes, les collègues de ma société...et la vie est belle

  • Johanna Eidler, le 02/06/2007 à 13h34

    Officier des douanes, je constate que oui, malheureusement cet article a raison. Il ne s'agit nullement de critiquer mais de constater. Un exemple révélateur. Ayant eu à me déplacer dans le 93 pour raisons personnelles et donc, en dehors de mon service, je me suis faites interpeller de manière cavalière car paraissant physiquement "jeune". Le policier a commencé par "Hé, toi, oui toi là-bas, tes papiers. Oh, j't'ai demandé tes papiers, tu te crois où?3 Je lui ai alors montré ma carte professionnelle des douanes. Il s'est excusé, mais cela en dit long si j'avais eu la "malheur" d'être une citoyenne "ordinaire".

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