Le lieu où a été tué le gendarme de 38 ans, abattu d'un coup de fusil à Saint-Andéol-le-Château dans le Rhône, lors d'une interpellation © LCIUn cambriolage a mal tourné, dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Andéol-le-Château dans le Rhône. Alors qu'il dirigeait un dispositif visant à interpeller des cambrioleurs, un officier de gendarmerie a été tué. Vers 1h du matin, une quinzaine de gendarmes sont intervenus dans un stand de tir, lorsque l'un des cambrioleurs a ouvert le feu. Le chef d'escadron Norbert Ambrosse, âgé de 38 ans, deuxième adjoint au commandant du Groupement de gendarmerie du Rhône, a été abattu d'un coup de fusil. Quatre hommes ont été arrêtés dimanche, dont l'auteur présumé du coup de feu mortel.
Le principal suspect a été mis en examen lundi pour homicide volontaire sur un militaire. La circonstance aggravante précisant que la victime est un militaire de la gendarmerie fait qu'il risque la perpétuité. Les trois autres cambrioleurs présumés, parmi lesquels figurent le frère du principal suspect et deux "vagues relations", ont été mis en examen par le parquet de Lyon pour tentative de vol à main armée en bande organisée et détention d'armes.
Mal vécu son renvoi de l'armée
Selon les premières auditions du tireur présumé, celui-ci plaiderait l'accident, expliquant avoir appuyé sur la gâchette de son fusil, qu'il assure être très sensible, en se relevant. Son passé de militaire, et donc son habitude des armes à feu, rend toutefois la thèse d'un accident difficilement envisageable, a précisé une source policière. Pour le moment, cette thèse est difficile à vérifier, car l'arme du tireur n'a pas été retrouvée en totalité. "Il dit que l'arme s'est cassée au cours de sa fuite. Nous n'avons pas encore retrouvé la totalité du mécanisme mais nous espérons que les enquêteurs trouveront les pièces manquantes", a-t-on spécifié.
Cet ancien militaire a assuré avoir mal vécu son renvoi de l'armée en décembre 2006 après des condamnations judiciaires, a rapporté la même source. Il avait entamé un contrat de cinq ans au 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) en novembre 2003. "Son contrat initial de 5 ans a été rompu en décembre 2006", a pour sa part indiqué le sous-lieutenant Laurent Daneirole, chargé de communication au 3e RPIMa. Toujours selon la même source judiciaire, les motivations du cambriolage restent "assez floues". Le tireur présumé "était le meneur, c'est lui qui a réparti les rôles, il dit qu'il voulait voler des armes pour, selon ses complices, les revendre ou faire du ball-trap".
"La gendarmerie paye un lourd tribut"
Le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, a exprimé dimanche sa "vive émotion" à la suite de ce drame et a "assuré que tout sera mis en oeuvre pour que les auteurs de cet acte inqualifiable, dont plusieurs sont déjà arrêtés, en répondent le plus rapidement devant la justice".
François Fillon s'est incliné dimanche "devant la mémoire" de l'officier de gendarmerie. Ayant "une pensée toute particulière pour l'épouse et les quatre enfants" de l'officier, le Premier ministre a estimé qu'"une fois encore, la gendarmerie paye un lourd tribut dans la lutte contre l'insécurité". De son côté, l'Unsa-Police estime que la mort de l'officier "met en exergue la dangerosité" du métier et demande une meilleure reconnaissance des risques encourus.
Avec Agence
Le policier était impliqué dans l'affaire des "paillotes" |
L'officier de gendarmerie tué dans la nuit de samedi à dimanche était l'un des huit protagonistes condamnés dans l'affaire "des paillotes" en Corse en 1999. Ancien commandant du Groupement de pelotons de sécurité (GPS), avec le grade de capitaine, il avait été condamné en 2002 à deux ans de prison, dont six mois ferme pour avoir, avec quatre autres gendarmes, mis le feu à la paillote "Chez Francis", sur une plage du golfe d'Ajaccio, dans la nuit du 19 au 20 avril 1999. Il avait été brûlé dans cette opération puis hospitalisé. |
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