Le palais de Justice de Metz © TF1-LCIUn magistrat de Metz a été poignardé mardi dans son bureau par la mère d'un enfant dont il venait de prolonger le placement. Le magistrat messin, Jacques Noris, 62 ans, vice-président du tribunal de grande instance (TGI) chargé de la fonction de juge pour enfants depuis 2002, a été grièvement blessé vers 10h30 par trois coups de couteau à l'abdomen, au cours d'une audience dans son cabinet, a-t-on indiqué de sources concordantes. Evacué sans connaissance par le Samu, il a été opéré à l'hôpital Bon-Secours de Metz. "Le processus vital n'est pas engagé", a-t-on précisé de source médicale après l'opération.
Le juge a été poignardé par une femme de 34 ans, Fatiah B, domiciliée à Metz, qui l'a frappé avec un couteau dont la lame mesurait une vingtaine de centimètres, a-t-on précisé de sources judiciaires.
"Dépressive et prostrée"
Ancien juge d'instruction et magistrat confirmé qui a fait toute sa carrière en Moselle, M. Noris venait de prolonger le placement de l'enfant chez ses grands-parents paternels en raison, semble-t-il, de "carences éducatives" constatées chez la jeune mère, a précisé une source judiciaire sous le couvert de l'anonymat. "Cette personne m'est apparue dépressive et prostrée, incapable d'expliquer son geste", a indiqué Me Samira Ghemarra, une avocate qui a vu l'agresseur présumé, placé en garde à vue à Metz.
"L'audience s'achevait calmement", a raconté son avocate, Me Charlotte Cordebar. "Le magistrat venait de rendre une décision à laquelle ma cliente pouvait s'attendre. Elle a manifesté son mécontentement, puis elle est devenue incontrôlable", a-t-elle ajouté. Me Stanislas Louvel, l'avocat du père également présent dans le cabinet du juge Noris, a poursuivi : "Elle a d'abord craché sur le bureau du juge qui a gardé son calme. Quand il lui a demandé de se lever, elle est passée derrière le bureau et lui a mis un coup de couteau. Je n'ai vu qu'un seul coup". "Cette personne m'est apparue dépressive et prostrée, incapable d'expliquer son geste", a par ailleurs indiqué Me Samira Ghemarra, une avocate qui a vu la jeune mère dans le cadre de sa garde à vue.
Le président de la République Nicolas Sarkozy a exprimé son "profond soutien" au magistrat agressé et demandé à la garde de Sceaux Rachida Dati de lui présenter des mesures pour améliorer "la sécurité des juridictions". (Lire notre article)
Il y a quelques jours à Montargis, une magistrate avait été prise à la gorge par la mère d'un enfant. En septembre 2005, au tribunal de Rouen, une greffière avaité été aspergée d'essence, rappelle Bruno Thouzellier, le président de l'USM.
(D'après agence)
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