Rassemblement de magistrats devant le palais de Justice de Paris, le 11 juin 2007 © TF1-LCIComme pour venir illustrer directement leur action, lundi encore, un père de famille a agressé un juge pour enfant, sans toutefois le blesser, au tribunal d'Hazebrouck, dans le Nord. L'homme, visiblement ivre, avait un sécateur dont il ne s'est pas servi. Il a malmené le juge qui devait statuer sur le placement d'un de ses enfants et un éducateur. Il doit être jugé ce mardi.
Cette nouvelle agression s'est produite alors que quelque 1.700 acteurs du monde judiciaire -magistrats, avocats, greffiers et personnels administratifs- se sont réunis lundi devant les palais de Justice de France pour exprimer leur soutien à un juge poignardé à Metz le 5 juin, et exiger plus de sécurité sur leur lieu de travail.
"Aujourd'hui, un musée est mieux protégé qu'un palais de Justice"
L'un des rassemblements les plus symboliques a eu lieu devant le palais de Justice du chef-lieu de Moselle où Jacques Noris, juge pour enfants, a été violemment agressé, le 5 juin, par la mère d'un enfant dont il venait de prolonger le placement. "Le jour même de l'agression de notre collègue, la garde des Sceaux, Rachida Dati, nous a promis des moyens très rapides pour assurer la sécurité du tribunal", a rappelé le délégué régional de l'USM (majoritaire), Guerric Hénon, en référence au déblocage vendredi d'une enveloppe de 20 millions d'euros. "Mais au lendemain de sa visite, puis le surlendemain, aucun policier n'était présent (...) tout un chacun pouvant de nouveau entrer à sa guise, sans le moindre contrôle", a-t-il regretté. Les services de police assurent "une surveillance étroite des accès au palais de justice" de la ville depuis le jour de l'agression en application d'instructions ministérielles, a rappelé le préfet de Lorraine lundi soir.
Au palais de Justice de Paris, où siègent à la fois le tribunal de grande instance (TGI), la cour d'appel et la Cour de cassation, ce sont environ 250 magistrats, avocats, greffiers et personnels administratifs qui ont exprimé leur solidarité avec le juge agressé. "Nos collègues ne supportent plus de travailler dans le risque et dans la précarité, le problème de l'Etat français, c'est pour les magistrats, les avocats et les personnels administratifs, de ne plus être agressé, de ne pas risquer de prendre un couteau dans le ventre", a affirmé le secrétaire général de l'USM, Bruno Thouzellier (voir sa réaction). "Aujourd'hui, un musée est mieux protégé qu'un palais de Justice", a-t-il regretté.
| Le tribunal d'Evry obtient gain de cause |
En cette même journée de lundi, une présence policière accrue au tribunal correctionnel d'Evry a été mise en place, à la demande de magistrats, dont plusieurs menaçaient de ne plus statuer sur le fond. Un policier sera "pour les jours qui viennent et le plus longtemps possible" présent dans chacune des deux salles d'audience correctionnelle, en plus du dispositif habituel, selon le procureur Jean-François Pascal. Ce dispositif permettait une présence policière en audience en fonction des nécessités. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



