© AFPUn samedi soir sur la Seine à Paris. Rémy, matelot de 22 ans s'affaire sur le bateau mouche où il travaille. La péniche de croisière vogue sur les flots, passe le Pont des Arts. A son bord, les touristes admirent les monuments de la capitale, "sur votre droite, le Louvre". Il est 20h50, la VHF (radio des péniches, NDLR) diffuse un message d'alerte. Il dit en substance : "un barrage a cédé en amont, une assez haute montée des eaux de 2 mètres est probable, elle devrait être brutale, les bateaux doivent regagner leur anneau".
Au même moment, 400 personnes assistent à un cocktail sur la péniche du Maxim's-sur-Seine, quai de Suffren, près de la Tour Eiffel. Ils fêtent la fin d'un colloque de psychologues. Soudain, deux hommes se présentant comme des policiers en civil demandent l'évacuation du bateau. "Ils sont arrivés comme des fous, raconte Catherine, responsable commerciale. Ils nous ont expliqué rapidement qu'un barrage avait cédé, qu'une vague de 2m50 pourrait déferler".
Aucune vague n'a agité les flots
Les passagers évacuent dans le calme et trouvent refuge sur le pont d'Iéna. La péniche de Rémy rentre elle à son port, situé quai de la Bourdonnais en prétextant un problème technique pour ne pas affoler ses clients. "Autour de nous, les bateaux faisaient tous demi- tour, raconte le jeune marin. Le nôtre a pris soin d'éviter le bras de la Monnaie, partie la plus étroite de la Seine." Vingt minutes après, les bords de Seine retrouvent leur calme. Selon les témoins, aucune vague n'a agité ses flots.
Les témoignages évoquant ce petit vent de panique sur les eaux parisiennes affluent depuis samedi soir... tout comme ceux qui démentent une quelconque alerte à bord, comme à terre. Parmi ces derniers, la préfecture de police de Paris. "La brigade fluviale n'a lancé aucune demande d'évacuation, assure-t-on en martelant, qu'il ne s'est rien passé". Pour les autorités, "c'est une fausse rumeur". "Elle est tenace depuis samedi soir, témoigne Véronique amarrée près du Trocadéro et qui n'a rien senti, rien entendu. Cela dit, mieux vaut être évacué à tort que pas du tout. Mais nos bateaux sont capables d'encaisser une vague de 1m50."
Le téléphone arabe
La préfecture précise toutefois qu'"une manœuvre était bien prévue à l'écluse de Varenne mais que le barrage n'a pas lâché". "Il y a eu une rupture du circuit hydraulique", détaille Marie-France Brault des Voies navigables de France à Paris. En clair, un tuyau s'est percé et un des clapets s'est affaissé dans l'eau provoquant une vague importante sur l'aval à Melun où quelques jardins ont été inondés, "rien de plus". Elle précise que de "tels événements sont très rares et n'ont rien de dramatiques, les niveaux d'eau n'étant pas énormes." "Ce ne sont pas des barrages comme EDF, complète Dominique Terracher-Beard, chef de la subdivision de Melun qui gère l'écluse. Elle raconte que les mariniers du secteur ont été avertis du petit problème. Les marins ont dû ensuite se prévenir entre eux, via la VHS. Et la rumeur d'une vague de grossir jusqu'à Paris.
Alors un gros "il paraît que" entraînant un petit vent de panique ? Sûrement à en croire ce pompier, racontant, selon certains témoins, "avoir eu la peur de sa vie n'étant pas du tout préparé pour ce genre de situation". La seule vague ce week-end était politique.
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