Patrik SinkewitzLe cyclisme allemand avait retrouvé des couleurs et l'espoir de pouvoir à nouveau s'emerveiller devant des champions propres avec la formidable épopée de Linus Gerdemann, la semaine dernière sur les routes du Tour de France. Malheureusement pour l'équipe T-Mobile, l'un des coéquipiers de Linus Gerdemann, l'Allemand Patrik Sinkewitz, qui a abandonné dimanche dans le Tour de France, a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif le 8 juin dernier, a annoncé mercredi la Fédération allemande de cyclisme (BRD). Le coureur a simplement déclaré : "ce n'est pas possible".
Immédiatement après l'annonce, les chaînes de la télévision publique allemande ARD et ZDF ont décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre, la retransmission du Tour. Les deux chaînes qui diffusent alternativement les étapes, ont indiqué que cette mesure serait observée jusqu'à "l'éclaircissement du cas Patrik Sinkewitz". "Nous ne pouvons pas diffuser une épreuve avec des équipes et des coureurs sur lesquels plane le soupçon du dopage", a expliqué le rédacteur en chef de la ZDF. "Nous voulons montrer par ce geste que nous sommes prêts à soutenir le cyclisme si et seulement s'il est propre, c'est à dire sans produits dopants et prohibés. C'est un avertissement au cyclisme et à tous les autres sports", a-t-il ajouté. Le directeur des sports de France Télévisions Daniel Bilalian a lui réaffirmé son soutien à ASO, l'organisateur du Tour de France.
T-Mobile suspend son coureur
Selon la fédération allemande, le contrôle inopiné réalisé à l'entraînement a révélé la présence de testostérone dans l'échantillon A du coureur. "Comme c'est le cas dans ce genre de procédure, le coureur dispose de cinq jours pour demander une contre-expertise", a indiqué la Fédération allemande. "Si la contre-expertise devait confirmer le résultat de l'échantillon A, une procédure disciplinaire sera ouverte et Patrik Sinkewitz ne pourra plus être sélectionné en équipe d'Allemagne", a conclu la fédération allemande. Le coureur et quatre de ses coéquipiers de l'équipe T-Mobile se trouvaient au moment du contrôle inopiné dans les Pyrénées pour un stage d'entraînement en vue du Tour de France. Selon des sources proches du dossier, le rapport testostérone/épitestostérone de l'échantillon A s'est établi à 24, alors qu'il y a anormalité lorsque la valeur est supérieure à 4.
Agé de 26 ans, Patrik Sinkewitz a abandonné à l'arrivée de l'étape qui amenait la caravane du Tour à Tignes (Savoie) après avoir percuté un spectateur alors qu'il regagnait l'hôtel de son équipe : il est hospitalisé dans la région de Hambourg (nord) et devait être opéré de la mâchoire dans la journée. Originaire de Fulda (centre-ouest), Sinkewitz a rejoint en 2006 la formation T-Mobile en provenance de l'équipe QuickStep, où il avait fait ses débuts professionnels en 2001. Il a remporté en 2007 le Grand Prix de Francfort et terminé à la deuxième place du Championnat d'Allemagne sur route.
T-Mobile avait pourtant "purgé" son équipe
Le coureur a immédiatement été suspendu par son, équipe. "Nous allons continuer à suivre la voie mise en place depuis plusieurs mois et ce nouveau coup dur ne va pas nous décourager", a expliqué le directeur de la communication de T-Mobile. Le dopage revient en effet hanter l'équipe allemande, un après l'affaire Jan Ullrich, soupçonné d'être impliqué dans l'affaire Puerto. La formation allemande a également été rattrapée par les aveux d'anciens coureurs de Telekom comme Erik Zabel ou Bjarne Riis, qui ont admis avoir eu recours à l'EPO dans les années 1990.
Depuis l'affaire Ullrich, T-Mobile s'est profondément restructurée, s'est séparée des coureurs de la "vieille école", a changé sa direction sportive et mis en place un programme de contrôle antidopage très strict. L'opérateur de téléphonie mobile T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, avait failli mettre un terme à sa présence dans le cyclisme professionnel l'été dernier après l'affaire Ullrich.
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