L'arrivée du Tour de France 2007, le 29 juillet, sur les Champs-Elsyées © France 2
Quel visage pour le Tour 2008 ?
Les organisateurs avaient demandé "l'union sacrée" contre le dopage. Visiblement, leur appel n'aura pas été entendu. Après l'arrivée dimanche après-midi sur les Champs-Elysées, la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, a aussitôt dit sa "détermination entière et complète" à lutter contre le dopage. Pour cela, la ministre a annoncé qu'elle allait réunir "dès demain (lundi) dans mon bureau un certain nombre de responsables de cette lutte contre le dopage" et "continuer tout au long de l'été" ces réunions pour la lutte "sous toutes ses formes" contre le dopage.
Parmi les "responsables de cette lutte contre le dopage" dont parlait Roselyne Bachelot, Patrice Clerc. Le patron d'ASO a affirmé dimanche dans l'Equipe que les organisateurs envisageaient "sérieusement" de modifier la formule du Tour de France en optant pour "une formule mixte en mélangeant des groupes sportifs et des équipes nationales". Une idée qui n'a toutefois pas convaincu les acteurs de ce sport. "Un dopé arrête-t-il de tricher parce qu'il porte le maillot national ? Le dopage a-t-il disparu des jeux Olympiques ?", a interrogé un responsable d'équipe étrangère en haussant les épaules. "Les équipes nationales ont bercé ma jeunesse mais nous vivons aujourd'hui une autre époque", a souri Francis Lafargue, manager de l'équipe Caisse d'Epargne en soulignant là encore: "Je ne vois pas le rapport avec la lutte contre le dopage".
La performance du vainqueur ternie par des soupçons de dopage
De son côté, Jean-François Lamour, vice-président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), a estimé dans un entretien publié par Sud Ouest Dimanche que, dans le nouveau code de l'AMA, la sanction maximale en cas de dopage pourrait doubler et des remises de peine être offertes aux repentis. Jean-Fraçois Lamour, ancien ministre français de la Jeunesse et des Sports qui briguera à Madrid la succession de Dick Pound à la tête de l'AMA, a par ailleurs indiqué que l'Agence "étudiera un système de remise de peine pour les repentis qui fourniront des informations de qualité sur les filières". Enfin, "l'AMA proposera de conserver par congélation les échantillons de sang et d'urine pendant huit ans (ndlr : soit la durée de prescription des infractions au Code mondial), afin d'effectuer des analyses rétrospectives quand de nouveaux procédés de détection seront au point".
Il faut dire qu'après l'affaire Landis en 2006, le Tour 2007 a été fortement secoué par les affaires de dopage et les rumeurs. Y compris sur le vainqueur de cette 94e édition, l'Espagnol Alberto Contador. Samedi, à la veille de cette victoire, le quotidien Le Monde affirmait qu"Alberto Contador "n'aurait pas dû participer" à la compétition car son nom apparaîtrait dans le dossier d'instruction de "l'affaire Puerto" qui avait mis au jour l'année dernière, un réseau de dopage organisé par le Docteur Fuentes. Selon Le Monde, le nom de Contador n'y est pas seulement cité "dans le cadre de conversations téléphoniques comme le disait le patron du Tour de France" mais bien dans "la documentation relative aux activité présumées illicites." Samedi, la plupart des questions des journalistes tournaient autour de ces révélations. Ce à quoi il répondait : "je suis totalement en dehors de tout cela".
Trois semaines de révélations et rumeurs
- Tout commence dimanche dernier, à une semaine des Champs-Elysées. Le coureur de la formation allemande T-Mobile, Patrik Sinkewitz, abandonne le Tour de France, après une chute à l'arrivée de la 8e étape à Tignes. La Fédération allemande de cyclisme déclare alors que le coureur a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif le 8 juin dernier. Les craintes de nouvelles affaires commencent à enfler...
- ... et se confirment. Mardi, le Kazakh Alexandre Vinokourov (Astana), 23e du classement remporte le contre-la-montre d'Albi du Tour. Mais un contrôle antidopage révéle la pratique d'une transfusion sanguine homologue. Suite à l'annonce de ce contrôle, son équipe Astana décide de se retirer du Tour de France. Selon le code éthique mis en place par Astana Cycling Team, Alexandre Vinokourov est suspendu de l'équipe avec effet immédiat. Et samedi, on apprend, quelques heures après les rumeurs sur Contador, que la contre-expertise pratiquée sur l'échantillon B du Kazakh, qui continue de nier, confirme le contrôle positif du premier échantillon.
- Mercredi, le Tour de France est frappé de plein fouet par une nouvelle affaire de dopage, avec le contrôle positif à la testostérone du coureur italien de la formation Cofidis, Cristian Moreni. Celui-ci est contrôlé positif à l'issue de la 11e étape entre Marseille et Montpellier et affirme avoir agi seul, sans l'assistance de son équipe. Cofidis décide de se retirer du Tour.
- Le même jour, coup de théâtre. Peu après 23h, le porte parole de la formation Rabobank demande à son coureur, le Danois Michael Rasmussen, maillot jaune du Tour de France de se retirer de l'épreuve. Rasmussen a menti à son équipe sur son emploi du temps durant le mois de juin. Le coureur danois se serait trouvé en Italie le mois précédant le Tour et non au Mexique comme annoncé.
- Samedi, Patrice Clerc, Président de la société organisatrice du Tour (ASO), demande la démission des hauts responsables de l'UCI (Union cycliste internationale) qu'il accuse d'incompétence dans la gestion des dossiers de dopage. Quand on se comporte ainsi, "on n'a pas d'autre choix que la démission", indique le président d'ASO, stigmatisant "le manque de clarté, de transparence, de compétence, le manque certain de professionnalisme" d'une partie des hauts dirigeants de l'UCI. Mais, pour l'Irlandais Pat McQuaid, président de l'UCI, les dirigeants du Tour de France se sont servis de ces trois semaines pour régler leurs comptes. Patrice Clerc et Christian Prudhomme ont en revanche annoncé la poursuite du partenariat entre la Grande Boucle et les principaux sponsors de l'épreuve.
Le Tour de France 2007 se termine bel et bien dans la douleur...
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