Le porte-parole de Rabobank, Jacob Bergsma, annonçant l'exlusion du maillot jaune Rasmussen. Derrière lui, un gendarme venu perquisitionner l'hôtel (25 juillet 2007) © TF1/LCI
Jean-François Lamour dénonce la culture du dopage dans le cyclisme

Le manager de Cofidis : "Moreni a agi seul et s'excuse"
"On ne peut pas se moquer impunément du Tour de France". Malgré la débâcle d'une édition 2007 marquée par les affaires de dopage et les abandons en série, Christian Prudhomme a l'amère satisfaction du devoir accompli : Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour chasser la suspicion", affirme le directeur du Tour de France. "J'aurai au moins le sentiment de ne pas être déshonoré". Il a le soutien à distance de Lance Armstrong, pour qui "c'est la preuve que les contrôles fonctionnent". Soutien ambigu tant les soupçons de dopage ont accompagné la dernière victoire de l'Américain sur la Grande Boucle.
Mais les effets en cascade de ces révélations à répétition pourraient entacher tout le cyclisme... et lui coûter son rang de discipline olympique. Pour un membre éminent du CIO, qui n'a pas souhaité voir son nom cité, ce sport tout entier "est effroyable pour l'image du mouvement olympique et pour les Jeux eux-mêmes. Il y a scandale après scandale et il existe une probabilité sérieuse qu'il soit retiré des jeux Olympiques". La décision pourrait être prise par vote lors de la session du CIO de Copenhague en 2009. Si tel était le cas, le cyclisme serait interdit de compétition aux Jeux 2016. Il devrait alors tenter de regagner son admission pour l'édition 2020.
"Il a violé les règles de l'équipe"
Journée la plus apocalyptique pour le Tour, le 25 juillet, 16e étape de la Grande Boucle, a débuté par un sit-in de protestation de coureurs contre le dopage, au lendemain de la fuite honteuse de Vinokourov accusé de transfusion homologue et du départ de son équipe Astana. Elle s'est poursuivie par de nouvelles révélations... entraînant le retrait de l'équipe française Cofidis suite au contrôle antidopage positif de son coureur italien Cristian Moreni. Rien n'aura été épargné au Tour en cette journée où deux bombes auront même été placées par ETA sur le parcours de l'étape... De quoi, déjà, éclipser largement la nouvelle victoire au sommet de l'Aubisque du maillot jaune, le Danois Michael Rasmussen.
Mais le psychodrame se poursuivait en soirée avec l'exclusion de Rasmussen, lui-même soupçonné de dopage mais sans avoir été contrôlé positif, par son équipe Rabobank. Pour le porte-parole de Rabobank, Jacob Bergsma, "il a violé les règles de l'équipe". Rasmussen avait indiqué comme lieu d'entraînement en juin le Mexique (le pays de son épouse) alors qu'il se trouvait en Italie où il aurait été reconnu par un ancien coureur, Davide Cassani, devenu consultant à la télévision publique italienne. Or, Rasmussen avait fait l'objet de plusieurs avertissements pour avoir été absent lors de contrôles antidopage inopinés ratés. Devant les soupçons, Theo De Rooy, manager de la formation, a interrogé mercredi après-midi son coureur qui a reconnu les faits, s'il faut en croire le porte-parole de Rabobank.
Dans la soirée, l'hôtel de l'équipe Rabobank a été envahi par une foule de journalistes qui ont vu, à l'approche de minuit, entrer plusieurs gendarmes d'une unité spécialisée, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique. Les gendarmes n'ont pas trouvé Rasmussen qui avait déjà quitté les lieux. L'abandon de Rasmussen place désormais l'Espagnol Alberto Contador (de la formation Discovery Channel) en tête du classement général à quatre jours de l'arrivée à Paris. Un coureur dont les performances exceptionnelles alimentent, elles aussi, les soupçons.
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