Coureurs cyclistes des équipes françaises manifestant contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France (25 juillet 2007) © TF1/LCI"L'étau est en train de se resserrer grâce à l'action policière et aux contrôles de plus en plus efficaces. On ne peut pas exclure qu'au cours de cette dernière semaine d'autres contrôles se révèlent positifs". Après la révélation du scandale Vinokourov, accusé de transfusion sanguine homologue, en utilisant le sang d'un donneur compatible de même groupe sanguin et rhésus pour augmenter la concentration de ses globules rouges et doper ainsi ses performances, Roselyne Bachelot est montée à son tour au créneau. Et la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports a réaffirmé sur France Info sa "très grande détermination" à "continuer le combat contre le dopage".
Avant elle, les réactions d'écoeurement s'étaient multipliées au sein même de la caravane du Tour. Reprises et amplifiées par les titres de la presse de mercredi matin : "Tricheurs dehors", titrait Aujourd'hui en France/Le Parisien. "Tricheur", affirmait également France Soir en une. Pour Le Figaro, "ce nouveau coup de théâtre ressemble à un coup de grâce pour la présente édition du Tour et pour l'image du cyclisme." Pour Libération, "contrôlé positif, le cycliste kazakh quitte un Tour de France définitivement dénué de sens".
"Rasmussen n'a rien à faire sur le Tour"
Les coureurs des six équipes françaises et deux allemandes ont d'ailleurs organisé un sit-in de protestation contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France, ce mercredi à Orthez. Ils se sont avancés sur la ligne et se sont assis quelques instants sur la chaussée, laissant les autres coureurs du peloton s'élancer vers le lieu de départ réel.
Vincent Lavenu, directeur sportif d'AG2R, a lui impliqué Michael Rasmussen dans la crise, demandant aux organisateurs de l'exclure du Tour, en raison des soupçons de dopage qui pèsent contre lui. "La maison cyclisme, la maison Tour de France est en danger. Avec Vinokourov, avec Rasmussen, qui n'a pas été écarté par son manager, ce qui est scandaleux. Je crois que Rasmussen n'a rien à faire sur le Tour et il n'y a sûrement pas que lui quand on voit la vitesse à laquelle sont grimpés les cols", a-t-il déclaré.
Michele Ferrari, un médecin à la réputation sulfureuse
C'est par une porte dérobée que Vinokourov aurait quitté son hôtel de Pau mardi dès 16h30, alors que le car de son équipe Astana était toujours devant le bâtiment. Une sortie honteuse et une fin de Tour précipitée pour l'équipe, alors que les forces de l'ordre devaient effectuer le soir même une perquisition dans les chambres des coureurs et de l'encadrement d'Astana. Une vingtaine de membres de la gendarmerie, de la police scientifique et de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique portant des sacs de sport ont investi les lieux sans faire de commentaire, avant de repartir dans la nuit en emportant de nombreux sacs et cartons. Ils ont également rempli des sacs poubelle noirs d'objets non identifiés provenant du bus de l'équipe Astana. La même nuit, un véhicule de la même équipe était contrôlé par les douanes à un péage d'une sortie d'autoroute à Toulouse.
La réputation du Tour aura du mal à se relever de ce nouveau scandale, qui a éclaté quelques heures à peine après les explications du Danois Michael Rasmussen, le porteur du maillot jaune, pour tenter de diluer les soupçons de dopage le concernant. Comme Lance Armstrong, le septuple vainqueur du Tour qu'il avait évoqué avant le départ de Londres, Vinokourov avait eu aussi recours aux services du préparateur italien Michele Ferrari, un médecin à la réputation sulfureuse. Au point d'être stigmatisé par le président de l'UCI, l'Irlandais Pat McQuaid, qui estimait avant le Tour que son éventuelle victoire serait moins crédible.
"Michele Ferrari n'est pas mon médecin, c'est mon entraîneur particulier", s'était justifié le Kazakh avant le départ de Londres. L'explication n'avait pas levé tous les doutes sur Vinokourov, qui n'avait jusqu'à présent jamais été contrôlé positif depuis son début de carrière en 1997. Ni sous le maillot Telekom (devenu T-Mobile), où il s'était lié avec l'Allemand Jan Ullrich, emporté par l'affaire de dopage Puerto. Ni sous le maillot Astana, endossé voici treize mois.
Sarkozy apporte son soutien aux organisateurs |
Nicolas Sarkozy et ses ministres ont exprimé mercredi leur "soutien très clair" aux organisateurs du Tour de France dans leur "travail de fond sur la lutte contre le dopage", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez. "Ce n'est pas au moment où toute l'équipe du Tour de France entreprend un vrai travail de fond sur la lutte contre le dopage qu'il faut lâcher le Tour de France et ses organisateurs," a déclaré le porte-parole du gouvernement. "Les organisateurs ont besoin d'un soutien très clair de notre part. La présence du président de la République sur une étape du Tour de France (le 17 juillet) était de ce point de vue importante", a-t-il ajouté, évoquant "le lien presque affectif" du chef de l'Etat, grand amateur de cyclisme, avec la "Grande Boucle". "Un Tour de France sans dopage, ce serait un très beau Tour de France, et je pense que tous les spectateurs l'attendent", a poursuivi le porte-parole. |
D'après agence
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