Le porte-parole de Rabobank, Jacob Bergsma, annonçant l'exlusion du maillot jaune Rasmussen. Derrière lui, un gendarme venu perquisitionner l'hôtel (25 juillet 2007) © TF1/LCI
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La décision d'abandonner, évoquée la veille, a finalement été écartée : les coureurs de l'équipe Rabobank continuent le Tour... sans maillot jaune, et sans Ransmussen, parti la veille. Une équipe décapitée donc, dans un peloton plus que morose. Le manager Theo De Rooy a d'ailleurs annoncé officiellement avant cette 17ème étape l'exclusion du coureur danois de Rabobank. Pour Patrice Clerc, président de la société organisatrice ASO (Amaury Sport Organisation), Rasmussen avait menti à ses dirigeants à propos de sa localisation d'avant-Tour, "dans le but d'échapper clairement aux contrôles (antidopage) inopinés". Aussi, "devant cette évidence, Michael Rasmussen ne pouvait pas continuer la course. Il est clair que ce manque de clarté, de transparence, devenait de plus en plus difficile à accepter".
Interrogé sur le rôle d'ASO dans cette décision de Rabobank, Patrice Clerc a refusé d'utiliser le mot "pressions" mais a expliqué : "Il y a des mois que nous parlons aux sponsors et que nous mesurons avec eux les risques qui pèsent sur leurs entreprises, sur leurs marques" en cas de scandale sur le Tour de France. Mais au-delà de Rabobank, les responsables de la plus grande course du monde ont de nouveau accusé jeudi l'UCI d'avoir violé "l'union sacrée" décrétée contre le dopage, en ne fournissant pas au Tour les éléments en sa possession sur Rasmussen avant le départ de Londres le 7 juillet dernier. "Des gens savaient et auraient dû nous le dire, l'UCI avait tous les éléments puisqu'elle avait envoyé un avertissement à Rasmussen le 29 juin", a renchéri Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France.
Questions sur le cas Contador
"Nous ne recommencerons pas un Tour de France sans avoir pris un certain nombre de garanties", a ajouté Patrice Clerc, laissant entendre ainsi que le Tour pourrait reprendre la maîtrise des invitations d'équipes et poserait un préalable éthique à définir avec l'aide des instances antidopage.
L'Espagnol Alberto Contador (Discovery Channel) occupe désormais la première place du classement virtuel devant l'Australien Cadel Evans, à 1 min 53 sec, et l'Américain Levi Leipheimer, à 2 min 49 sec. Le prochain maillot jaune doit être remis à l'issue de la 17ème étape, en fin d'après-midi, à Castelsarrasin. "Le classement général est plus crédible aujourd'hui qu'hier", a déclaré Christian Prudhomme, interpellé sur la valeur sportive de la course, en jugeant que le départ de Rasmussen était "la meilleure chose qui nous soit arrivée depuis huit jours". Mais le cas Contador lui-même attise les soupçons. Il n'avait pas été autorisé à participer au Tour de France 2006 suite à l'affaire de dopage Puerto en Espagne.
"Le nom de Contador figurait dans la partie du dossier qui a été connue l'année passée. (...) A une lecture plus précise, son nom était cité dans le cadre de conversations téléphoniques pour des résultats de courses. En aucun cas, son nom ne pouvait être lié à la clientèle de Fuentes. Il a été très vite mis hors de cause du dossier Puerto", a détaillé Patrice Clerc. Mais après les innombrables affaires qui ont ébranlé le cyclisme et le Tour ces dernières années, "nous avons malheureusement à faire face à une présomption de culpabilité", a-t-il reconnu. "Il faut que nous puissions rétablir la présomption d'innocence pour tout le monde. Aujourd'hui c'est vrai, le système est ainsi fait qu'on a un petit doute derrière la tête".
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