Le gendarme aurait utilisé son pistolet personnel © LCIExcédé ou sous l'emprise de la folie, vendredi un gendarme tue son supérieur puis ses deux enfants, avec son arme personnelle. Très vite, la thèse du conflit individuel est privilégiée, car appuyée par la hiérarchie du gendarme. Le général Rémy, commandant la région de gendarmerie d'Ile-de-France déclare quelques heures après le drame : "cela n'a rien à voir avec la profession, c'est un conflit d'ordre individuel". Samedi, une source judiciaire avait indiqué que, selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, le gendarme auteur des coups de feu aurait pu être victime d'un "harcèlement sexuel" de la part de son supérieur. L'armée avait d'ailleurs ordonné une "enquête de l'inspection technique de la gendarmerie nationale" qui n'avait conclu "ni dans un sens ni dans l'autre".
Quatre jours après le choc, les langues se délient. L'association de défense des droits des militaires (Adefdromil) conteste la version du conflit d'ordre individuel et estime qu'il appartiendra "éventuellement à la justice de déterminer si une faute est imputable à l'institution". Le vice-président de l'association, le Colonel Jacques Bessy, évoque "un différend de service remontant à quelques mois" entre les deux gendarmes, sans en préciser la nature.
Des dénonciations calomnieuses
L'Adefdromil dénonce notamment la gestion par la gendarmerie du conflit entre les deux hommes. "Manifestement, le désarmement du meurtrier, auteur de la dénonciation calomnieuse, était une mesure insuffisante, d'autant plus que l'intéressé faisait l'objet d'un suivi psychiatrique", souligne-t-elle. "Par ailleurs, les militaires de la gendarmerie ont l'obligation professionnelle d'occuper les logements concédés par nécessité absolue de service en caserne" et les deux gendarmes étaient donc restés voisins malgré la mutation professionnelle de l'adjudant.
L'adjudant était membre de l'association "qu'il avait rejointe après qu'on ait porté des accusations calomnieuses graves contre lui et que ses chefs directs l'aient, sans enquête, destitué de sa fonction d'adjudant d'escadron, puis aient tenté de la faire muter", assure l'Adefpromil. A l'automne 2006, l'homme avait obtenu un entretien avec l'inspecteur général des Armées et "avait alors démontré le caractère calomnieux des accusations proférées par celui qui allait devenir son meurtrier et qui avait obtenu une promotion. Selon cette version, l'adjudant avait alors "sursis à déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse dans un souci d'apaisement".
(D'après agence.)
| L'avocat de la famille de l'adjudant abattu dénonce "une cabale" |
Maître David Dassa-Le Deist, avocat de la famille de l'adjudant abattu par un gendarme "dément formellement" les accusations de harcèlement homosexuel formulées à l'encontre de l'adjudant. Il assure "qu' une enquête interne diligentée par la Gendarmerie nationale en octobre 2006 a démontré le caractère mensonger et calomnieux de ces accusations" et "prouvé qu'une cabale avait été montée contre l'adjudant" tandis que "son principal accusateur avait reconnu le caractère mensonger de ses propos". L'avocat a expliqué que l'arrivée de l'adjudant dans ses nouvelles fonctions en août 2006 avaient été "mal perçue par certains" car il avait voulu "resserrer les boulons, remettre de l'ordre". Il souligne « qu'aucune plainte pénale ni aucune démarche n'ont jamais été engagées par l'assassin concernant les allégations aujourd'hui proférées" et "s'étonne que l'officier supérieur en charge de cette enquête auteur d'un rapport mettant formellement hors de cause son client n'ait pas encore à ce jour été entendu par les enquêteurs". |
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