Un car transportant des pèlerins polonais s'est écrasé près d'un torrent à Vizille, en Isère, le 22 juillet 2007 © TF1-LCIUne juge d'instruction grenobloise a rendu une ordonnance de non-lieu dans l'affaire de l'accident d'un car qui avait provoqué la mort de 26 pèlerins polonais à Vizille en juillet 2007.
Plus d'infosNon-lieu dans l'accident mortel du car polonais en Isère

"Les freins ont lâchés !"

Accident de car dans l'Isère : un riverain furieux

Le propriétaire du car témoigne
- Un véritable carnage
Les images témoignent de la violence de l'accident : une carcasse de bus qui a littéralement brûlé, de la fumée et des débris, des corps épars auprès desquels les pompiers s'affairent... Peu avant 10h dimanche matin, un autocar qui transportait 47 pèlerins polonais, une accompagnatrice et deux chauffeurs est sorti de la route et tombé au bord d'un torrent entre Grenoble et La Mure, faisant au moins 26 morts et 24 blessés dont 14 graves, selon le dernier bilan. Le plan rouge a été déclenché. Une centaine de pompiers ont été mobilisés. L'un des chauffeurs est mort, l'autre a été grièvement blessé.
- Le car a manqué le virage
Au moment de l'accident, le car roulait sur la Route Napoléon, la RN85, une route très pentue reliant Grenoble et Gap. Dans la descente de Laffrey, à une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble, l'autocar a manqué un virage. A cause d'un problème de frein ? De la vitesse ? L'enquête judiciaire ouverte pour homicides involontaires le dira. Toujours est-il qu'il a défoncé le parapet à l'entrée d'un pont surplombant le torrent La Romanche et s'est écrasé sur ses berges, une quinzaine de mètres plus bas, avant de s'enflammer. Quatre motards, qui suivaient le car dans la descente, ont indiqué qu'il roulait à 70 km/h depuis un certain temps, avec les feux stop allumés, a rapporté le procureur. Des étincelles jaillissaient du véhicule qui a pris de la vitesse à la fin de la desente, où elle atteint 14%, avant de basculer par dessus le parapet. Pourtant, de longues traces de freins sont visibles sur la route. Le car a été hélitreuillé dimanche soir pour être expertisé.
- Selon une rescapée, les freins ont lâché
"Accrochez-vous aux sièges! Les freins ont lâché !", a crié aux passagers le chauffeur juste avant que l'autocar polonais ne s'écrase, selon le témoignage d'une rescapée de l'accident. "Nous ne roulions pas très vite. Le bus descendait plutôt lentement. Soudainement, quelque chose a craqué à l'avant de l'autocar et nous avons entendu ce cri du chauffeur", selon une femme de 22 ans citée par l'agence polonaise PAP. La jeune femme a réussi à quitter l'autocar en flammes grâce à l'aide d'une amie qui venait d'en être éjectée au moment de la chute.
- Sarkozy et le président polonais au chevet des blessés
"Bouleversé par l'ampleur de la catastrophe", Nicolas Sarkozy a promis de suivre de "très près l'évolution de l'enquête" et que cette "catastrophe épouvantable" ne resterait pas "sans conséquences". Il est allé en fin d'après-midi à l'aéroport de Grenoble pour accueillir le président polonais Lech Kaczynski. Les deux chefs d'Etat se sont aussitôt rendus au Centre hospitalier de Grenoble au chevet des victimes. Dans la matinée, Nicolas Sarkozy avait adressé à Lech Kaczynski ses condoléances et s'était entretenu longuement par téléphone avec lui. "Dans cette épreuve, la solidarité du peuple français vous est acquise", a-t-il écrit dans un message de condoléances.
- Fillon suggère que le car n'avait pas à rouler là, le procureur veut attendre
En attendant, le Premier ministre François Fillon est arrivé sur les lieux dimanche en début-d'après-midi. Accompagné du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, il est descendu, dès son arrivée, dans le pré où l'autobus s'est écrasé, avant de rencontrer les équipes de secours et de se rendre au chevet des blessés à Grenoble. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s'est également rendue à leur chevet. Alors que Jean-Louis Borloo a annoncé un "plan d'action" (lire notre article), François Fillon a laissé entendre que le car était en infraction (voir la vidéo) pour avoir pris cette route sans le dispositif de freinage approprié. Chose que le procureur de la République de Grenoble a refusé d'admettre dans l'immédiat. Il est, a-t-il dit, "trop tôt pour dire" si le car "était en infraction".
- Une route pentue interdite aux cars non munis d'un freinage approprié
Les riverains sont en colère : depuis 30 ans, la portion de la Route Napoléon sur laquelle le car polonais s'est écrasé est interdite aux cars et véhicules de plus de 8 tonnes dans le sens de la descente, sauf s'ils sont équipés d'un triple système de freinage ou dérogatoions, et selon eux cet autocar n'avait pas eu l'autorisation de passer par cette route. Ll'interdiction est signalée de façon explicite par des panneaux, compréhensibles même quand on ne parle pas français. Très pentue et donc dangereuse, le RN85 n'en est pas à son premier accident meurtrier. En 1973, il y avait eu 43 morts au même endroit. Et en 1975, 29 morts. A chaque fois, il s'agissait de cars.
- "Tests techniques il y a 3 semaines"
Selon l'organisateur du voyage, le transporteur à qui a été loué le car aurait assuré que le véhicule, "datant de 2000, avait subi avec succès des tests techniques en Allemagne, il y a trois semaines". Un responsable de l'inspection routière polonaise a confirmé que l'état technique d'autocars au départ de Pologne laissait souvent à désirer, même si "la situation va en s'améliorant". "Environ 5% d'autocars contrôlés sont retenus au départ, à cause de leur mauvais état technique", a-t-il déclaré.
- Emotion énorme en Pologne
Le groupe de pèlerins, composé de personnes âgées de 40 à 70 ans, venait de Szczecin et de Stargard Szczecinski. Partis de Pologne le 10 juillet, ils étaient sur le chemin de retour d'une tournée de pèlerinages en Espagne et en France. Ils avaient passé la nuit de samedi à dimanche au sanctuaire marial de Notre-Dame de la Salette dans l'Isère. L'émotion a gagné la Pologne. Des veillées de prière étaient organisées à Szczecin et dans sa région du nord-ouest de la Pologne, en deuil et la messe de dimanche soir à Notre-Dame de Paris était récitée en hommage aux victimes. Les familles des victimes de l'accident sont attendues lundi matin à l'aéroport de Grenoble-Saint Geoire.
- Un autre accident de car, en Pologne
25 personnes, probablement des Bélarusses, ont été blessées, dont cinq grièvement, dans un accident survenu à un autocar assurant une liaison régulière entre Moscou et Paris dimanche près de Poznan, dans l'ouest de la Pologne. Le bus transportait 47 personnes. Les causes de l'accident n'ont pas encore été déterminées.
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Non-lieu dans l'accident mortel du car polonais en Isère
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