Quatorze morts suspectes à l'hôpital de Besançon

le 03 juillet 2007 à 06h35 , mis à jour le 03 juillet 2007 à 07h01

Dossier : Euthanasie: le débat

Une information judiciaire a été ouverte pour "empoisonnement de patients en fin de vie" ; une expertise médicale a conclu à des cas d'euthanasie.

TF1/LCI : Les membres de l'équipe médicale d'un hôpitalLes membres de l'équipe médicale d'un hôpital © TF1/LCI

Il aura fallu cinq ans d'enquête préliminaire avant l'ouverture d'une information judiciaire pour "empoisonnement de patients en fin de vie". La décision du procureur de la République de Besançon, prise vendredi, a été rendue publique lundi. L'affaire avait démarré au printemps 2002, avec les révélations d'infirmiers et d'aides-soignants du service de réanimation chirurgicale du CHU de Besançon accusant les médecins du service, avec lesquels ils étaient en conflit, de "thérapies de fin de vie" qu'ils jugeaient "choquantes". Dès 2004, des articles de presse révélaient en partie les conclusions de l'expertise médicale : celle-ci jugeait que "l'équipe (de l'hôpital) était loin d'appliquer les "règles de bonne pratique" recommandées en réanimation" et que "les décisions non seulement n'étaient pas toujours collégiales, mais étaient parfois prises par un membre de l'équipe contre l'avis d'un autre membre".

Toujours selon cette expertise médicale, sur 18 cas de patients décédés au service de réanimation chirurgicale du CHU entre 1998 et 200 - tous des cas désespérés, qualifiés par les experts eux-mêmes de cas "au-delà de toute ressource thérapeutique" - 14 ont fait l'objet d'euthanasie. Parmi eux, quatre auraient subi une euthanasie "directe" par injection de produits ayant pour objet d'entraîner la mort. Les dix autres décès correspondraient à des euthanasies "indirectes", résultant de l'administration de substances antalgiques, pouvant soit avoir un simple effet calmant, soit provoquer une dépression respiratoire aboutissant à la mort.

Une seule plainte déposée

Le procureur de la République de Besançon, Jean-Yves Coquillat, qui a repris le dossier en juin 2003, avait reconnu à l'époque qu'il aurait à prendre une décision "compliquée" et qu'il souhaitait le faire avec "humanité", en examinant les motivations de ces pratiques d'euthanasie et leur contexte.

Seule une famille d'un patient décédé avait porté plainte dans cette affaire, mais sans constitution de partie civile. Le plaignant "s'étonnait des conditions de décès de son parent et se plaignait de l'absence d'humanité d'un des médecins du service", selon le procureur. "La loi actuellement ne distingue pas celui qui empoisonne son conjoint pour s'en débarrasser et celui qui agit pour des motifs humanitaires", avait-il déclaré en 2004.

D'après agence

le 03 juillet 2007 à 06:35
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7 Commentaires

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  • Mariedu13, le 03/07/2007 à 10h21

    Chapeau bas Messieurs les mèdecins j'ai demandé il y a quelques années que ma maman puisse partir dans la dignité et non comme un cobaye, je me suis faite insultée personne n'a eu le courage de faire le nécessaire et comme j'ai demandé à le faire moi même on a menacé de faire intervenir la police résultat de trop longues heures d'agonie sous morphine. Soyons un peu humain pour les malades et surtout pour les familles.Vite qu'une loi soit votée pour légaliser l'euthanasie

  • Simon, le 03/07/2007 à 10h18

    C'est ce que je voudrais pour moi mème,j'ai 60 ans,vis avec une maladie grave qui ne me permet pas d'avoir un compagnon,je suis abandomnée par les miens,la déchéance plus la VRAIE solitude,pas une ame que je ne puisse ne serait ce qu'appelée au téléphone,personne à voir...je ne vois pas l'intéret DEJA de continuer,alors,sur un lit d'hopital en fin de vie,à quoi bon?l'euthanasie dans ce cas est un acte humanitaire

  • Nadine duprat, le 03/07/2007 à 10h12

    Avnt de tirer sur les medecins examinons vraimant les faits. les medecins sont la pour prendre aussi en compte la douleur physique certes mais aussi la douleur morale ils sont avant tout des humains et oui merci a ces hommes de faire pour nous "famille" le geste pour apaiser la souffrance (je sais qe quoi je parle mon pere est decede d un cancer il ya a peine un an ) merci de bien vouloir respecter ces medecins

  • Madden fixxen, le 03/07/2007 à 09h49

    Il serait utile de préciser que l'une des infirmières ayant révèlé cette affaire est membre active d'une secte chrétienne et que l'une des aides-soignantes est encartée chez les Témoins de Jehova. Vive la religion en service hospitalier !

  • Lara, le 03/07/2007 à 09h43

    Pour moi, tuer, ou "euthanasier" si vous préférez quelque'un qui ne l'a pas réclamé (auquel cas on aide quelqu'un à se suicider), c'est tout simplement assassiner : à force de se prendre pour Dieu, on en arrive à justifier le meurtre !! Le monde tourne vraiment à l'envers !!! Tuer quelqu'un pour abréger ses souffrances est geste "humanitaire" ???... c'est ce qu'on fait avec les chevaux...

  • Christophe, le 03/07/2007 à 09h25

    Merci de laisser ces medecins en paix, si j etais en stade terminal je serai bien heureux de les avoir avec moi pour en terminer au plus vite et sans douleurs... et oui la pensee religieuse de certains ne pese pas lourd... face a ma lacheté devant la mort. merci de publier

  • Bertj, le 03/07/2007 à 09h24

    Tout ça montre qu'il est URGENT de légiférer: le parlement doit adopter une loi beaucoup plus claire sur le sujet de l'euthanasie, certains pays voisins l'ont fait.

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