Michael Rasmussen © TF1/LCIParti d'un Tour qu'il dominait, exclu de son équipe, montré du doigt sans preuve formelle de dopage, le Danois Michael Rasmussen clame son innocence. Et accuse son manager : "Mon chef est fou", proteste-t-il dans une interview au quotidien danois BT. Si Theo de Rooy a choisi de l'exclure de Rabobank, "c'est l'oeuvre d'un homme désespéré au bord de la crise de nerfs", affirme Rasmussen. Et le coureur assure qu'il n'a pas menti sur son emploi du temps comme l'affirme son manager et qu'il était bien au Mexique et non Italie en juin dernier. "Je n'étais pas en Italie, pas du tout. C'est l'histoire d'un homme (Davide Cassani, ndlr) qui pense m'avoir reconnu. Mais il n'y a pas la moindre preuve".
Au bord des larmes, selon BT, Michael Rasmussen se dit un homme "brisé, détruit", qui ne sait rien de son avenir. Un désarroi dont le quotidien néerlandais Algemeen Dagblad s'était déjà fait l'écho dès mercredi soir : "Ma carrière est ruinée", avait alors déclaré le coureur en apprenant la décision de son équipe, alors qu'il venait de remporter la 16ème étape du Tour au sommet de l'Aubisque. "Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire ou de l'endroit où je vais aller".
Des soupçons à l'exclusion
Rasmussen, qui a remporté à deux reprises le maillot à pois de meilleur grimpeur (2005 et 2006) et s'est adjugé quatre étapes au total sur le Tour de France (1 en 2005, 1 en 2006, 2 en 2007), portait les couleurs de l'équipe Rabobank depuis 2003. Le coureur danois avait fait l'objet de plusieurs avertissements pour défaut de localisation à l'occasion de contrôles antidopage inopinés ratés. C'est pour la même raison qu'il a déjà été suspendu de l'équipe nationale danoise.
Mardi encore, lors de la journée de repos, Rabobank avait envoyé son avocat en première ligne pour défendre son coureur vedette devant la presse. La position de l'équipe semblait claire : Rasmussen avait commis des "erreurs administratives" en ne signalant pas à temps ses lieux d'entraînement, mais dans la mesure où les autorités du cyclisme ne l'avaient pas sanctionné, il n'y avait aucune raison de le retirer de la course. Mais les pressions exercées en coulisses par la direction du Tour sur le sponsor, la banque néerlandaise Rabobank, semblent avoir finalement conduit l'équipe à revoir sa position et à écarter Rasmussen.
Bras de fer entre l'UCI et le Tour |
Le président de l'UCI (Union cycliste internationale) Pat McQuaid a vivement répondu jeudi aux propos de la direction du Tour de France, affirmant que toutes les accusations portées contre lui étaient "complètement fausses". Jeudi matin, Patrice Clerc, patron de la société organisatrice du Tour, avait accusé l'UCI d'avoir violé "l'union sacrée" décrétée contre le dopage, en ne fournissant pas au Tour les éléments en sa possession sur Michael Rasmussen avant le départ de la course. "Il y a des éléments confidentiels sur chaque coureur et on ne peut pas donner ces éléments comme ça à chaque organisateur. Et ça inclut ASO (l'organisateur du Tour de France, dont Patrice Clerc est le président)", a répliqué Pat McQuaid. "A l'UCI, on a donné le droit à Rasmussen de prendre part au Tour, parce qu'au moment du départ du Tour, il n'avait pas violé le règlement. Il avait manqué deux contrôles inopinés, mais ça ne violait pas le règlement. On l'a donc averti que la prochaine fois qu'il manquerait un nouveau contrôle, une procédure disciplinaire serait engagée à son encontre", a-t-il poursuivi. "Nous, nous suivons le règlement dicté par l'AMA (Agence mondiale antidopage), s'est-t-il justifié. Et celui-ci dit qu'il faut manquer trois contrôles pour être sanctionné". |
D'après agence
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