Renouveau dans la douleur ou agonie pour le Tour ?

Par F.L., le 26 juillet 2007 à 12h01 , mis à jour le 26 juillet 2007 à 14h18

Pour Jean-François Lamour, l'épreuve est frappée à mort. "L'avenir, nous allons le reconstruire", rétorque l'un des "patrons" du Tour, Patrice Clerc.

TF1/LCI : Coureurs cyclistes des équipes françaises manifestant contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France (25 juillet 2007)Coureurs cyclistes des équipes françaises manifestant contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France (25 juillet 2007) © TF1/LCI

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Jean-François Lamour
 dénonce la culture du dopage dans le cyclisme

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Le manager de Cofidis : "Moreni a agi seul et s'excuse"

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Rasmussen limogé

C'est déjà une certitude : le monde du cyclisme ne sera plus le même après le Tour de France 2007. Un Tour placé tout entier sous le signe du dopage, mais aussi des abandons en série des coureurs et équipes mis en cause. Dernier en date, le maillot jaune en personne, Rasmussen. Contrairement à Cofidis, qui avait jeté l'éponge la veille, l'équipe a décidé de prendre le départ de la 17ème étape. Il est vrai qu'elle avait pris l'initiative d'exclure son coureur vedette sans preuve formelle de dopage - même si les soupçons de plus en plus lourds se traduisaient à chaque nouvel exploit de Rasmussen par les sifflets des spectateurs.

Ces scandales à répétition étaient-ils une crise nécessaire pour avoir enfin un Tour "propre"... ou marquent-ils l'agonie de l'épreuve reine du cyclisme ? Les organisateurs de l'épreuve affirment leur volonté d'une révolution :  "Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour chasser la suspicion", affirme Christian Prudhomme. "On ne peut pas se moquer impunément du Tour de France". Pour sa part Patrice Clerc, président de la société organisatrice ASO (Amaury Sport Organisation), assure : "L'avenir, nous allons le reconstruire". Et aussi : "Nous ne recommencerons pas un Tour de France sans avoir pris un certain nombre de garanties". Parmi ces garanties possibles, le Tour pourrait reprendre la maîtrise des invitations d'équipes et poser un préalable éthique à définir avec l'aide des instances antidopage.

"La révolution sinon rien"

Le psychodrame s'étale dans la presse et Le Figaro espère un renouveau, en titrant : "Tour de France : la révolution sinon rien". A l'opposé, France Soir s'orne d'une Une en forme d'avis de décès du Tour. Le quotidien Libération titre dans la même veine sur "La mort du Tour", et affirme son intention de ne plus publier le classement de la Grande Boucle, "ni même le profil de l'étape", en raison des affaires de dopage qui "enlèvent toute valeur sportive à l'épreuve". La crise déborde des frontières françaises et une bonne partie de la presse européenne s'interroge aussi sur l'avenir du Tour. Pour la presse allemande, les organisateurs devraient mettre un terme à une épreuve ternie par "le dopage, le mensonge et la tromperie" et les journaux espagnols, tel El Pais, titrent sur une "course blessée à mort". Au Danemark, pays de Rasmussen, avec une croix tombale sur laquelle est inscrit "Le Tour de France", Ekstra Bladet écrit que le "Kylling danois jeté aux lions (...) a été le symbole d'un sport cycliste mensonger. Mais le mensonge ne disparaîtra pas avec lui".

Les politiques eux-mêmes s'en mêlent. Pour l'ancien ministre des Sports Jean-François Lamour, aujourd'hui vice-président de l'Agence mondiale antidopage, le Tour est clairement "à l'agonie". Interrogée sur LCI, la ministre de la Justice Rachida Dati réaffirme : "Il est important que le Tour reste propre". Sur RTL, François Fillon assène : "Il y a des gens qui trichent, il faut qu'ils soient sanctionnés de la manière la plus sévère qui soit. Le rôle qui doit être celui des pouvoirs publics, c'est d'encourager les organisateurs du Tour de France qui finalement font leur boulot. Il y a des contrôles, il y a des gens qui sont pris en flagrant délit, qui sont sanctionnés. Evidemment ça donne une image désastreuse du Tour de France et du sport, mais en même temps si on encourage les organisateurs, on nettoiera le sport français, en particulier le cyclisme".

Mais au-delà du Tour, c'est l'image même du cyclisme tout entier qui est menacée. Un membre éminent du CIO, qui n'a pas souhaité voir son nom cité, évoquait jeudi matin "une probabilité sérieuse que le cyclisme soit retiré des jeux Olympiques". La décision pourrait être prise par vote lors de la session du CIO de Copenhague en 2009. Si le Tour sombre, le monde du cyclisme en sortira souillé.


Retrouvez toute l'actualité du Tour sur Eurosport.fr 
 

Par F.L. le 26 juillet 2007 à 12:01
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5 Commentaires

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  • Marie, le 26/07/2007 à 17h37

    Les journalistes enterrent bien vite le tour.je suis spectateur et je me félicite de toutes ses affaires car les controls marchent puisse que l'on trouve les tricheurs et qu'ils sont virés il faut juste continuer ne pas baisser les bras le tour ne mourra pas tant qu'il y aura des spectateurs et des telespectateur dont je ferais parti bon courage aux organisateurs et bravo aux coureurs propres !

  • Jtv, le 26/07/2007 à 16h21

    Au delà de ce qui a été déjà écrit par ailleurs, ce qui me fait rigoler ce sont les commentaires des étrangers sur le Tour de France... qui ne globalisent pas sur toutes les courses !!! Quid des classiques et des autres tours comme la Vuelta ou le Giro ? Les coureurs ne doperaient-ils "que" pour le Tour de France ?... C'est bien d'un problème global au cyclisme dont il s'agit !

  • Jean Peyrade, le 26/07/2007 à 15h50

    Cecilia étant la spécialiste du sauvetage d'otages, il faut qu'elle sauve ce pauvre tour, prisonnier d'odieux individus depuis trop longtemps

  • Mariane, le 26/07/2007 à 15h48

    Libé veut jouer à quoi : c'est maintenant qu'ils s'apperçoivent qu'il y a du dopage ? Et pourquoi tirer sur les organisateurs du Tour ? Si depuis le début tout cycliste surpris avait eu sa licence enlevée à vie et une amende correspondant à son salaire et autres primes depuis le début de la saison durant laquelle il s'est fait prendre, il y aurait longtemps que le cyclisme serait propre ... et IDEM pour les autres sports qui ne sont pas plus propres que le vélo, même en amateurs

  • Yannick, le 26/07/2007 à 14h28

    Je pense que le retrait volontaire de Cofidis est une bonne reaction. Le fait que Rabobank ne se retire pas est aussi comprehensible. Personne n'a ete controle positif dans leur equipe. Ils prefere retirer leur leader car ils le soupsonnent de dopage et ne veulent pas prendre de risque. Une equipe sportive est comme une entreprise. Si un salarie est illegale, on retire ce salarie mais on ne dissous pas l'entreprise. Les autres coureurs (les propres) n'ont pas a etre limoges. Rabobank a ete proactive. Tant mieux! Seule Astana a ete pitoyable car en plus d'avoir des coureurs dopes, ils ont organise ce dopage. Il faut retirer a vie Astana et les personnes cles d'Astana. Par contre, il faut aider les equipes qui accepte de faire le menages dans leur rang. Tuer le Tour de France pour empecher le dopage est une solution bien trop facile!

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