Le gendarme aurait utilisé son pistolet personnel © LCILe gendarme qui a tué par balles un adjudant puis ses deux enfants avant de se suicider vendredi à Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, aurait préparé ses crimes. "Des éléments retrouvés tendent à prouver que c'était prémédité", a précisé le parquet de Nanterre, en charge de l'enquête pour déterminer les circonstances du drame. Vendredi, aux alentours de 12h, le gendarme a commencé par tirer sur l'adjudant, dans le hall de leur immeuble. Il est ensuite monté dans son appartement, où il a tué ses deux enfants.
Des gendarmes ont accouru, alertés par les premiers tirs, et ont assisté au suicide du gendarme, a-t-on précisé de source proche de l'enquête, en précisant qu'une pathologie "psychiatrique" pourrait expliquer ces meurtres. Les autopsies des quatre corps, pratiquées samedi et dimanche, sont achevées, et montrent que l'adjudant a reçu cinq impacts de balle, de même que chacun des enfants, selon le parquet. L'arme utilisée était "un revolver de famille", dont on ne sait comment il a pu se le procurer, a-t-on ajouté de même source.
"inimités" dans la caserne
L'adjudant, muté dans cette caserne fin août-début septembre 2006, avait des tâches d'organisation et gérait notamment l'emploi du temps du second, lui-même conducteur. Selon l'avocat de sa famille, Me David Dassa-Le Deist, il s'était attiré des "inimités" dans la caserne, pour avoir tenté d'y mettre de l'ordre alors que les choses partaient "à vau l'eau, sur les horaires ou encore les tenues vestimentaires".
Le gendarme l'avait accusé, en interne, de lui avoir tenu "des propos déplacés à connotation sexuelle", sans que les faits aient pu être établis, a précisé lundi la direction de la gendarmerie. Suite à ce différend, en décembre 2006, l'adjudant avait été détaché au poste de responsable du service des affaires immobilières du groupement de gendarmerie mobile d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Pendant ce temps, le gendarme avait fait l'objet d'un "suivi psychologique", ayant entraîné le retrait de son arme de service, dès le mois d'octobre.
Outre sa mutation, l'adjudant s'était vu proposer un déménagement à Issy-les-Moulineaux, mais avait répondu "être très bien à Malakoff", selon la gendarmerie. Le 6 juillet, une semaine avant le drame, le gendarme s'était entretenu "avec son commandant de groupement et n'avait pas fait part de problèmes, laissant entendre qu'il voulait tourner la page", indique-t-on de même source. Mais le gendarme n'avait en réalité pas passé l'éponge. La famille de la victime pourrait envisager une saisine de la justice administrative, pour qu'elle détermine si une "faute lourde" a été commise par la hiérarchie, faute de précautions suffisantes. La gendarmerie a annoncé que son inspection technique avait été saisie d'une enquête.
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