Coureurs cyclistes des équipes françaises manifestant contre le dopage avant le départ de la 16e étape du Tour de France (25 juillet 2007) © TF1/LCILes coureurs français du Tour de France, dépassés sportivement et écoeurés par les affaires de dopage, ne mâchent plus leurs mots pour dénoncer ceux qu'ils considèrent comme des tricheurs, brisant les vieilles traditions d'omerta du peloton professionnel.
"On n'a plus peur de parler", témoignait mercredi soir Sébastien Hinault (Crédit Agricole) devant les caméras de France Télévision, avant de s'en prendre à Rasmussen, qui survole le Tour de France et nourrit les soupçons. "Rasmussen, il n'y a que sa grand-mère pour croire qu'il a raté quatre contrôles inopinés par accident. Il sait très bien ce qu'il fait, mais il a la loi pour lui pour l'instant, on ne peut pas le mettre dehors et c'est ça qui est dommage", a déclaré Sébastien Hinault.
"Moreni? C'est un voyou"
Même ras-le-bol chez le champion de France Christophe Moreau, qui participait mercredi matin au sit-in de protestation d'une partie du peloton, au départ de l'étape d'Orthez, pour s'élever contre le dopage. "Rasmussen, ce n'est pas de mon ressort, c'est aux instances de décider. Mais, à titre personnel, s'il n'a pas rendu compte de sa localisation, je souhaite qu'il quitte le Tour", a déclaré Moreau.
En fin de journée, le peloton apprenait le contrôle positif à la testostérone de l'Italien Cristian Moreni, de l'équipe française Cofidis, pourtant co-fondateur la veille du "Mouvement pour un cyclisme crédible", avec AG2R, Agritubel, Bouygues Telecom, Crédit Agricole, Française des Jeux et l'allemande Gerolsteiner. "Moreni? C'est un voyou", a fulminé Jérôme Pineau (Bouygues), accusant l'Italien de mettre toute son équipe et ses employés en danger. "Moi, si j'ai un type qui fait ça dans mon équipe, je lui fiche mon poing dans la g... Faut vraiment penser qu'à soi pour faire ça, être égoïste !".
"Vivement la fin du Tour"
Même si les moeurs semblent changer, parler haut et clair, dans le peloton, n'est pas toujours de tout repos. Après le contrôle positif de l'Allemand Sinkewitz en début de Tour, le jeune Mickaël Delage, de la Française des Jeux, l'avait vertement critiqué dans les médias. Delage affirme avoir été pris à partie par certains coureurs, et avoir subi des représailles sportives, en étant systématiquement pris en chasse lorsqu'il tentait de sortir du peloton. Moreni, selon lui, était parmi les plus virulents : "Depuis cette histoire, il me regardait méchamment. Je l'avais même dit à mon directeur sportif Marc Madiot, qui est allé lui dire de se calmer un peu", a témoigné Delage à la télévision.
Sylvain Chavanel, l'un des espoirs français sur ce Tour, avait l'air totalement écoeuré mercredi soir, en apprenant le contrôle positif de son coéquipier Moreni. "Vivement la fin du Tour de France", a-t-il dit à sa descente de vélo.
D'après agence
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