Accident de canyoning : le moniteur s'est jeté à l'eau le premier

Par D.H. (avec agence), le 13 août 2007 à 18h24 , mis à jour le 14 août 2007 à 09h23

Les enfants de la colonie s'accordent à dire que l'adolescent s'est élancé après le moniteur. Tous deux sont morts dimanche près de Cluses, en Haute-Savoie.

TF1-LCI © TF1-LCI

Apparemment le moniteur avait respecté les consignes de sécurité. Les gendarmes ont établi lundi une nouvelle version de l'accident de canyoning qui a fait deux morts, un adolescent de 12 ans et le moniteur, dimanche près de Cluses en Haute-Savoie. Les premiers témoignages avaient fait penser qu'Elias, 12 ans, s'était élancé dans le toboggan naturel du canyon Balme, sur la commune de Maglan, en premier. Toujours selon ces premiers témoignages, le moniteur de 39 ans avait plongé pour secourir l'enfant emporté par les flots, se noyant à son tour. Mais les six autres enfants de la colonie ont affirmé aux gendarmes de Cluses que le moniteur avait respecté la consigne selon laquelle il doit se lancer en premier pour reconnaître l'obstacle avant d'y engager son groupe.
 
Selon le directeur de l'enquête, le scénario est donc le suivant : l'accident s'est en fait produit lors du passage d'un deuxième tobbogan, le premier ayant été franchi sans encombre. "Le petit Elias est passé en troisième position, derrière le moniteur et un autre enfant. Le moniteur, diplômé et fort de 14 ans d'expérience, est ensuite remonté sur la berge pour surveiller le groupe", a poursuivi l'officier. C'est alors qu'il a vu l'enfant s'enfoncer dans l'eau, et ne pas remonter. "Il a aussitôt plongé mais lui-même n'est pas reparu", a ajouté le capitaine qui a précisé que les membres du groupe étaient "bien équipés". Interrogée sur LCI, la substitut du procureur de Bonneville a confirmé que le moniteur "est passé en premier sur ce toboggan. Il s'est mis en bas au niveau de la cuvette et a attendu que les enfants viennent l'un après l'autre et sautent ce toboggan".

Les enfants ont choisi de rester

L'enquête ouverte pour homicide involontaire par imprudence devra également déterminer s'il était opportun de maintenir la sortie malgré les pluies qui avaient dangereusement gonflé le torrent. En temps normal, ce parcours d'initiation est facile. Mais le courant était assez fort. Et c'est justement parce qu'il y avait beaucoup trop d'eau et que le canyon était peu praticable, que ce site d'ordinaire très fréquenté était peu pratiqué ces derniers jours. "Jeudi, il avait plu et neigé en altitude dans le secteur, et il faut compter quatre jours pour que le volume de l'eau baisse", souligne un autre guide. Contacté par l'office de tourisme des Carroz, à 20 km des lieux du drame, pour une série de photos de canyoning le 14 août, le bureau des guides de la station avait réservé sa réponse à dimanche soir, "car la hauteur de l'eau rendait l'expédition trop dangereuse".

Parallèlement, "les enfants ont décidé de continuer le séjour", jusqu'au 23 août, "dans le deuil et la continuité des activités", selon le maire de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, d'où ils sont originaires. Les enfants et les animateurs ont eu dimanche deux séances de travail avec des psychologues. "La première s'est faite avec les six enfants concernés, qui ont merveilleusement réagi car ce sont eux qui ont prévenu les secours", a souligné le maire. L'accompagnatrice de 24 ans qui s'était à son tour lancée à leur secours était toujours, lundi, dans un état grave. Le pronostic vital était toujours réservé lundi matin.

Par D.H. (avec agence) le 13 août 2007 à 18:24
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8 Commentaires

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  • Phil, le 05/05/2009 à 21h34

    Mes condoléances aux familles endeuillées... Toute activité présente des risques. Je suis animateur de jeunes et constate un durcissement excessif de la législation des activités de jeunesse. Résultat, le coût des séjours ne cesse d'augmenter, par nécessité d'un encarement toujours plus pro, et son corrélaire est l'impossibilité de nombreux jeunes de partir en centre de vacances. Arrêtons de légiférer à chaque accident, soyons responsables, acceptons un certain niveau de risque ... pour ne pas finir enchainés à notre lit par peur de mourir .. ou d'être accusé de la mort de qq'1 par négligence.

  • Phil, le 05/05/2009 à 21h33

    Mes condoléances aux familles endeuillées... Toute activité présente des risques. Je suis animateur de jeunes et constate un durcissement excessif de la législation des activités de jeunesse. Résultat, le coût des séjours ne cesse d'augmenter, par nécessité d'un encarement toujours plus pro, et son corrélaire est l'impossibilité de nombreux jeunes de partir en centre de vacances. Arrêtons de légiférer à chaque accident, soyons responsables, acceptons un certain niveau de risque ... pour ne pas finir enchainés à notre lit par peur de mourir .. ou d'être accusé de la mort de qq'1 par négligence.

  • Bidou, le 14/08/2007 à 18h33

    Il faut laisser les spécialistes débattre du risque pris par l'expert accompagnateur. Théoriquement, celui-ci est compétent mais nul ne dit si sa compétence est plus vive que celle des bacheliers en orthographe ou en géographie. Le problème réside dans l'évaluation objective des compétences, donc il n'y a aucun problème.

  • Charles, le 14/08/2007 à 16h18

    Je suis tout à fait d'accord avec toi Carine. De plus, je suis de tout coeur aussi avec les parents des deux victimes. Par contre, pourquoi il n'y a pas eu un arrêté prefectoral comme il y avait eu deux semaines auparavant pour d'autres dicipline, comme le rafting à Morillon aussi.

  • Stéfan, le 14/08/2007 à 13h19

    Personnellement, je connaissais bien Yannick. J'ai été animateur et directeur adjoint dans ce centre de vacances . Je connais donc tous ceux que vous voyez à la télé etc.. notamment le directeur qui est un ami. 1/ Yannick était trés scrupuleux sur la sécurité et l'encadrement des enfants. Il n'hésitait pas à pousser une soufflante à quiconque ne respectait pas les consignes, notamment à engueuler des touristes qui se permettaient de cueillir des fleurs dans une réserve naturelle de Samoens 2/ Le centre de vacances lui-même, par l'intermédiaire de son Dir. Dominique LOISEAU, est scrupuleux quant à l'organisation des sorties (rando, rafting etc...) Pour finir, je pense énormément à Yannick qui n'a pas hésité à plonger pour sauver ce gamin, au péril de sa vie. A cette animatrice qui a fait la même chose, bien que n'étant qu'une "simple" animatrice de centre de vacances. Je pense aussi à sa femme et sa fille que j'avais eu le plaisir de rencontrer.

  • Claude, le 14/08/2007 à 08h32

    Peut-être une idée idiote , mais ne pourrait-il pas disposer en secours d'un mini matériel de plongée , petites bouteilles et masque , par responsable . Etre expérimenté apporte peut - être aussi trop de confiance en soi et puis il y a l'imprévisible .

  • Carine, le 14/08/2007 à 08h27

    Je voulais juste dire que je suis de tout coeur avec les parents des deux victimes. Je voulais également dire à toutes ces personnes qui ont réagi aux articles précédent et qui se sont permis de jugés le moniteur comme étant un inconscient qu'il avait respecté les règles de sécurité et qu'il s'agit là d'un accident lié à "pas de chance" et non à une erreur humaine. Alors avant de juger attendez d'avoir toutes les cartes en main. Merci de me publier...

  • Karine, le 14/08/2007 à 07h34

    Une énorme pensée pour les parents du petit elias mais aussi du moniteur, on parle énormément du jeune homme mais moins de son moniteur qui n'a pas eu peur de se jeter a l'eau pour sauver un jeune comme l animatrice qui est dans le coma a 24 ans. Une erreur a peut être eu lieu mais pensons comme même aux enfants .... énormes pensées pour la famille des deux disparus

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