A 15 ans, un train en retard, une nuit au poste

Par , le 03 août 2007 à 11h58 , mis à jour le 23 octobre 2009 à 11h55

Info LCI.fr - Après avoir, malgré lui, raté une correspondance, Jérémie a été envoyé passer la nuit au... commissariat de Toulouse. La SNCF a décidé d'ouvrir une enquête interne.

TF1/LCI : Jérémie et sa mère (4 août 2007)Jérémie et sa mère (4 août 2007) © TF1/LCI

Il partait en vacances découvrir les joies du surf, il aura aussi découvert un univers beaucoup moins fun, celui d'un commissariat, une nuit entière, seul avec la faune locale. Le voyage initiatique de Jérémie, 15 ans, débute le 9 juillet dernier. 15h25 à Avignon, l'adolescent prend le train-Corail. Destination finale : Bayonne. Il est censé y arriver à 23h45. Avant les Pyrénées-Atlantiques, le soleil et les vagues, deux changements : le premier à Montpellier, le second à Toulouse. A Montpellier, ça coince, un retard de 2h15 est annoncé. Pour cause de grève à Marseille et d'un problème technique sur la voie.

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Jérémie craint, à juste titre, de rater sa correspondance, il appelle ses parents, leur passe un contrôleur. Selon le récit de Laurent, le beau-père de l'adolescent, l'employé de la SNCF leur assure qu'il peut continuer sans problème jusqu'à Toulouse où il sera pris en charge avec une nuit d'hôtel. De là, il pourra reprendre le train le lendemain pour Bayonne. "Si le contrôleur ne nous avait pas dit cela, Jérémie aurait pu revenir à Avignon d'où il serait reparti le lendemain", explique le beau-père.
 
Sans repas, ni couverture
 
20h10, Jérémie arrive en gare de Toulouse. Sa correspondance pour Bayonne est partie depuis belle lurette. Comme tous les autres voyageurs, il se présente à l'accueil. La SNCF dirige les clients majeurs vers un hôtel. A Jérémie, on tient un autre discours : il n'a pas 18 ans, il ne peut pas bénéficier seul d'une nuit d'hôtel. Alors pour lui, ça sera l'hôtel... de police. La police ferroviaire le prend en charge à 20h30. Elle lui donne un plateau-repas. 22h30, une patrouille prend le relais et emmène l'adolescent au commissariat central de Toulouse.
 
Jérémie y passe la nuit. Selon lui, sur un banc, sans manger, sans couverture. "Il faut savoir qu'un type en garde à vue a droit à un repas chaud, un lit et une visite médicale", rappelle le beau-père de Jérémie, ex-policier. Et c'est en tant que tel qu'il contacte un ancien confrère du commissariat de Toulouse. "Ce collègue a fait le maximum pour héberger Jérémie mais à minuit passé, il n'a pas pu trouver une seule chambre d'hôtel libre", se désole Laurent. A 5h30 et après une nuit surréaliste, les forces de l'ordre mettent Jérémie dans le train pour Bayonne. Durée du retard : 10 heures et 45 minutes.
 
"La patate chaude"
 
Aujourd'hui, la mère et le beau-père de Jérémie sont en colère. Et d'écrire dès le lendemain des faits au service clientèle et à la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac. Aucune réponse. "A aucun moment la SNCF n'a cherché à me joindre et tous les intervenants contactés avec le portable de mon fils m'ont assuré qu'ils allaient s'en occuper", se souvient Valérie, la mère du garçon.
 
Du côté de la SNCF, on parle d'un "enchaînement de circonstances malheureuses". "Dans cette histoire, Jérémie a un peu été la patate chaude", commente-t-on. Une précision : les voyages accompagnés pour les enfants voyageant seuls s'arrêtent à l'âge de 14 ans, rien n'est prévu pour ceux de 15 à 18 ans. L'entreprise, qui a décidé d'ouvrir une enquête interne, regrette un défaut d'appréciation du contrôleur ainsi qu'un manque d'initiative. La SNCF précise toutefois qu'elle n'aurait pas pu envoyer Jérémie dans un hôtel. "Selon la loi, laisser un mineur dans un hôtel est considéré comme un abandon de mineur sur la voie publique, explique-t-on au service communication de l'entreprise. Et dans ces cas là, la loi stipule que le mineur doit être remis aux autorités". Contacté par LCI.fr, l'officier de communication du commissariat de Toulouse ne travaillant pas au moment des faits, a indiqué qu'il allait se renseigner sur ce qui était arrivé à Jérémie cette nuit-là.
 
De son côté, manifestement alertée par cette affaire via LCI.fr, la présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac a personnellement appelé jeudi soir la famille de Jérémie. "Elle était très désolée pour ce qui lui était arrivé", raconte la mère du garçon. Et lui dans tout cela ? "Cette histoire l'a pas mal chamboulé. Après ses vacances, j'ai dû aller le chercher à Bayonne en voiture", dit Valérie.
 
En guise de dédommagement, la SNCF lui a proposé vendredi le remboursement du voyage de Jérémie (environ 50 euros) et deux places pour la Coupe du monde de rugby, dont la SNCF est partenaire, avec deux billets de TGV. Pour la mère, qui parle de "préjudice moral" pour son enfant, ce n'est pas assez. D'ailleurs, Jérémie n'est pas fana du ballon ovale et depuis sa malheureuse expérience, il ne veut plus entendre parler de trains.

Cette information nous a été transmise par la famille de Jérémie via notre alerte LCI.fr

Par Amélie Gautier le 03 août 2007 à 11:58
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91 Commentaires

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  • Blaincourt, le 03/08/2007 à 18h11

    Les agents du SEVICE PUBLIC se sont toujours moqués du public ; par quel miracle cela changerait il. Ma fille de 13ans a été victime du même scandale il y a quelques années. Mme IDRAC est bien gentille, mais qu'elle prenne le train de temps en temps, elle aura loisir de voir la désinvolture de ses salariés.

  • Gaillard, le 03/08/2007 à 17h54

    Ce garcon est certes mineur mais surtout un passager de la SNCF, et à ce titre doit bénéficier d'une solution d'hébergement.Il n'y a pas à crier au loup, il doit simplement y avoir une procédure. Le pire dans l'histoire est la réaction de la mère qui ose parler de préjudice moral...et ne se contente pas du geste du PDG de la SNCF...Son garcon de 15 ans en verra bien d'autre, et celà ne l'a pas empêché de passer de bonnes vacances...

  • Loic, le 03/08/2007 à 17h54

    Allez mon petit Jeremie, y a pire, et pas pendant une nuit mais 365. T'as échappé au service militaire. Ta maman et ton papa n'auraient pas pu se plaindre au Colonel si ton repas n'était à bonne température. Quant à la courverte c'est vrai c'est super chiant , surtout en plein été!!!!

  • Laurent, le 03/08/2007 à 17h50

    Service public où les syndicats font la loi, on voit le résultat lamentable.

  • Fred, le 03/08/2007 à 17h35

    Je suis cheminot et pas surpris de tout cela ! Les cadres ne prennent jamais d'initiatives, ils ont peur ; brefs ils mênent l'entreprise dans le mur, vers la privatisation. J'ai honte, il faut prendre des sanctions d'urgence et rétablir la confiance avec nos clients.

  • Nisy michel, le 03/08/2007 à 17h25

    Bonjour je trouve cela scandaleux , encore des fonctionnaires qui se prennent trop la tete et apres on s'étonne que les jeunes soient des réactionnaires, ne vous étonnez pas messieurs ayant un téléphonne portable vous auriez pu avoir au moins l'intelligence de téléphoner aux parents ,on se demandes si certains ont des enfants et qu'il se mettent a la place des parents, mais il ne faut pas trop leur en demander espere que les parents porteront plainte et qu'ils auront gain de cause moi c'est ce que je ferais

  • Roussel, le 03/08/2007 à 17h25

    Comment çà seul la nuit !!! Evidemment ! A 12 ans mes gosses traversaient la France et même encore la semaine dernière,une de mes filles de 14 ns à pris un train couchette de Paris à Royan...Et seule! Arrêtons d'infantiliser les ados,ils savent lire les panneaux aussi bien que nous et ils ont de bons yeux.

  • Lolotte83, le 03/08/2007 à 17h22

    Bon restons calme! après tout Jérémie n'a quand même pas passé la nuit en prison, a mangé son plateau repas et n'a plus 5 ans.Mais je comprends la colère des parents. Par contre, gros probleme au sein de la SNCF que fait-on des 15-18 ans ceci est grave et mérite réfexion

  • Claude, le 03/08/2007 à 17h15

    Il s'agit peut-être bien là d'un cas relevant de la protection d'un mineur où suis-je d'un autre monde ? Fallait-il laisser cet ENFANT partir seul dans la nuit? Avant de commenter réfléchissons sur le rôle des parents !

  • Pierre MOULON, le 03/08/2007 à 17h14

    Bonjour, il m'est arrivé un problème similaire l'année dernière... Je vouslais simplement faire un St Etienne Bourges sans soucis... et a cause de nombreuses grève... j'ai pu prendre un train pour roanne ou une correspondance devait etre assuré, mais a roanne pas de train... un autre grève... du coup le chef de gare appelle le centre de clermont et m'assure qu'une chambre d'hotel sera reservé pour m'assurer la correspondance en gare d'aubusson. Arrivé a aubusson, le chef de gare n'était pas au courant de ma venue, alors que a roanne on m'avait assuré qu'il était au courant... Je pique donc une colère pour avoir un endroit ou dormir... il me propose un salle de repos des locaux de la sncf alors qu'il avait des chambres pour les emplyé de la sncf juste a côté. Je lui demande agréablement s'il peut dire a quelqu'un de me reveiller pour prendre ma correspondance le lendemain a 6h du matin.. Il me dit, si vous vous reveillez pas, vous prendrez le train suivant... que d'ironie non ???? Après une lettre a la SNCF je n'ai eu qu'un rembourssemment de 7? comme pour un banal retard de plus de 2H alors que j'ai eu plus de 10h de retard, je n'ai pa dormi de peur de louper ma correspondance... Ha merci la SNCF.... Pour moi pas d'enquête, le client est pris pour le roi des con par certain (excusez l'expression) mais de voir un cas similaire au mien me fait prendre conscience que la SNCF prend soin de ses clients a la legère....

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