Un avion s'abîme à Moorea : au moins 16 morts

le 10 août 2007 à 06h51 , mis à jour le 10 août 2007 à 21h46

L'appareil d'Air Moorea, dans lequel avaient pris place 19 passagers et un pilote, s'est écrasé jeudi soir en mer, pour une raison encore inconnue.

Images RFO Les opérations de recherche se poursuiventLes opérations de recherche se poursuivent © Images RFO

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Que s'est-il passé ?

L'accident s'est produit peu après minuit, heure française. Selon les témoins, l'avion qui venait de décoller a immédiatement disparu dans les flots, dans le lagon de Moorea en Polynésie française. Pour l'heure, les corps de 16 des 20 personnes qui se trouvaient à bord de l'appareil de la compagnie Air Moorea, ont été repêchés par les sauveteurs. Les dépouilles ont été regroupées dans une chapelle ardente dans la salle omnisports de la commune associée d'Afareaitu à Moorea.
 
"L'avion a semble-t-il eu des difficultés à s'élever", a raconté un témoin, employé à l'aéroport de Moorea. "Puis il  a plongé et on a entendu le bruit d'une explosion", a-t-il ajouté. Sur place, les premiers sauveteurs n'ont trouvé que des débris et des corps flottants. "Les corps remontaient lentement, les uns après les autres", a expliqué l'un d'entre eux, "ce qui semble confirmer que la carlingue a dû se pulvériser au moment de l'impact, car tous les passagers étaient encore attachés, une minute après le décollage".

"Un deuil cruel"
  
Dix-neuf passagers et le pilote se trouvaient à bord de l'appareil, un bi-moteur Twin Otter, qui s'est abîmé dans le chenal d'une profondeur d'environ 1.500 mètres qui sépare les deux îles distantes de 17 km.
  
Le président de la Polynésie francaise, Gaston Ton Sang, qui s'est immédiatement rendu sur place et a survolé les lieux de la catastrophe a évoqué un "deuil cruel pour la Polynésie comme pour son gouvernement". Michèle Alliot-Marie, a quant à elle "fait part à toutes les familles touchées par ce drame de ses sincères condoléances et de son soutien attristé". Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, est attendu sur place. Vendredi, Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau ont tenu "à exprimer leur profonde tristesse aux familles touchées par cette catastrophe" et ont souligné qu'une "enquête est en cours afin de déterminer les causes exactes de l'accident".

L'avion contrôlé en juillet dernier
  
Cinq membres du ministère polynésien de l'Environnement, dont le directeur de cabinet Didier Laurier, étaient à bord de l'appareil avec deux hauts fonctionnaires de la Commission européenne (Fonds européen de développement). Il s'agit de Jean-Pierre Piérard et Michel Gauche, respectivement chargé d'affaires du bureau des Pays et territoires d'Outre-mer (PTOM) à Nouméa et premier conseiller à la délégation de la Commission européenne pour le Pacifique à Suva (Fidji).  Deux ressortissants australiens, un Belge et un Français figurent parmi les victimes du crash.
 
Les opérations de recherche pour retrouver les autres passagers se poursuivront samedi. Une porte-parole de la compagnie Air Moorea a cependant déclaré qu'il était peu probable qu'il y ait des survivants. Air Moorea, qui assure la liaison Tahiti-Moorea-Tahiti, est une filiale de la compagnie locale Air Tahiti, qui couvre la desserte intérieure de la Polynésie française. Le Twin Otter d'Air Moorea était exploité par la compagnie depuis un an et avait passé une visite de contrôle le 18 juillet.

Ouverture d'une cellule d'accueil téléphonique

Une cellule d'accueil téléphonique pour les familles endeuillées a été mise en place à  Paris vendredi, a annoncé Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de  l'Outre-Mer. Cette cellule joignable au 01.53.69.20.00, "est en mesure de fournir toutes  informations utiles et de prêter assistance aux proches des victimes qui se  trouvent actuellement en métropole", selon un communiqué du ministère. Une cellule de crise a été mise en place au Haut-Commissariat de la  République en Polynésie française, joignable au 00 689 468 468.

Avec Agence 

le 10 août 2007 à 06:51
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6 Commentaires

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  • Terai carl, le 10/08/2007 à 09h17

    J'habite Afareaitu a Moorea, et ici nous sommes tous attriste et touchés car notre Pays est endeuillé, et pire notre village a perdu un enfant, Hélène, bon voyage, et faaitoito a ton mari Petero, a ta fille Keula, et toute ta famille, faaitoito a toutes les familles endeuillées. Ce soir a Moorea, c'est tres calme, encore beaucoup de question. Une chose s'est passé dans la journée juste après le Crash, une très grosse pluie, des nuages gris, et ceci durant 30 minutes pour ensuite que le beau temps revienne. Que pensez de cela ? Carl

  • MEERS PASCAL, le 10/08/2007 à 09h14

    Aujourd'hui est un jour terrible, mes pensées iront à toutes ces familles endeuillées,ainsi qu'à la population polynesienne. Je vous souhaite beaucoup de courage. Vous êtes si acceuillants, si vrais, si . . . pacifistes que vous ne méritiez vraiment pas ça ! IA ORA TATO. Meers Pascal.

  • Candide niort, le 10/08/2007 à 09h05

    La tristesse naturellement ;mais au troisiéme millénnaire :des gilets pare- balles ultra légers ,des vitres anti-effraction et qu'on fasse des carlingues de plus en plus légères je peux le comprendre mais rien ne semble avoir été fait ou étudié pour la résistance !Ce ne sont pas les matériaux qui manquent.Le titane cela reviendrait cher mais bon sang que font les chercheurs ?!

  • Bertrand DEVAUX, le 10/08/2007 à 08h56

    ....et il est faux de dire que l'appareil semblait avoir des difficultés à s'élever; le décollage a été tout à fait normal et l'avion a ensuite, sans raison apparente, infléchi sa trajectoire vers la surface de l'océan.

  • Bertrand DEVAUX, le 10/08/2007 à 08h53

    Je viens de regarder le journal de LCI et je voudrais réagir aux erreurs commises dans ce journal. Tout d'abord, les passagers originaires de l'Ile de Moorea n'étaient que deux. (le présentateur disait que la plupart des "locaux" disparus dans l'accident étaient de Moorea). D'autre part, ce n'est pas parce que le décalage horaire est de 12 heures entre la Métropole et Tahiti qu'il faut dire, je cite "l'avion qui s'est écrasé dans la nuit" laissant croire aux téléspectateurs métropolitains que l'accident s'est produit dans une totale obscurité alors qu'il était midi trente.Il faut indiquer l'heure locale. Bertrand DEVAUX

  • Bertrand DEVAUX, le 10/08/2007 à 08h29

    Je suis d'autant plus touché par cet accident qu'en tant qu'élève-pilote, j'ai très souvent fait les mêmes décollages de la piste 12 de Moorea que le Twin-Otter F-OJQI d'Air Moorea qui s'est abîmé au-delà de la barrière récifale. Ce qui est terrible, c'est que là où l'avion s'est enfoncé, les profondeurs océaniques atteignent déjà 700 à 800 mètres et que l'on ne pourra sans doute récupérer les 5 ou 6 corps manquants et l'épave qu'en utilisant un ROV (remote-operated vehicle), petit sous-marin télécommandé. Ce type d'appareil ne comporte pas de boîte noire et l'une des hypothèseqs d'explication de cet accident est que le pilote (seul PNT en cockpit chez Air Moorea) ait eu une syncope ou un arrêt cardiaque. On ne sait toujours pas si son corps figure parmi les victimes repêchées, mais ce qui est sûr, c'est qu'il est très important de pouvoir pratiquer une autopsie sur le corps de ce pilote pour espérer comprendre.

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