Le sans papiers russe de 12 qui a chuté d'un immeuble, le 9 août 2007 © LCISarkozy, Fillon, l'opposition... A la suite de la chute accidentelle d'un enfant russe survenue lors de l'interpellation à Amiens de sa famille en situation irrégulière, le monde politique a unanimement demandé que toute "la lumière soit faite".
Jeudi, le Parti Socialiste a souligné "sa très grande inquiétude face aux nombreuses poursuites de parents étrangers et de leurs enfants scolarisés". Le Parti communiste a "exigé" vendredi "que cessent (les) rafles qui plongent dans la terreur des familles entières. Il s'agit bien là d'un pouvoir nommé terreur, qui a poussé un enfant à commettre un geste désespéré", a estimé le PCF. Pour sa part, le Réseau Education sans frontière (RESF) de la Somme a demandé vendredi a être reçu "en urgence" par Nicolas Sarkozy pour lui demander une régularisation "à titre humanitaire" d'Ivan.
Une enquête d'inspection
Après l'annonce de l'ouverture d'une enquête d'inspection, par le gouvernement, Nicolas Sarkozy qui réclame des explications, a "noté que les dispositions ont été prises, aussi bien sur le plan judiciaire qu'administratif". Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, s'est engagé à "rendre public le rapport de l'Inspection générale de la police nationale, en toute transparence" et à en "tirer les conséquences."
Le Premier ministre a pour sa part témoigné "de toute sa compassion aux parents du jeune. Si la politique de l'immigration voulue par la Nation, et mise en oeuvre sous l'égide de Brice Hortefeux, nécessite une fermeté et un engagement fort de tous les agents de l'Etat, il est évidemment nécessaire de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame."
Traumatisme crânien
Ivan était toujours hospitalisé dans un état très grave vendredi matin. Agé de 12 ans, il présente un traumatisme crânien et des lésions cérébrales, et son pronostic vital est "engagé", a déclaré le procureur d'Amiens, Patrick Beau.
La chute a eu lieu jeudi vers 8h30, alors que la police intervenait dans le cadre d'une réquisition du procureur de la République de la ville. Selon Patrick Beau, l'enfant tentait de descendre derrière son père le long des balcons de l'immeuble pour échapper à la police venue demander à la famille de répondre à une "convocation pour audition". Le père, la mère, présente dans l'appartement au moment de l'accident, et le fils avaient vu leurs demandes d'asile politique rejetées et se trouvaient donc en situation irrégulière, a-t-il précisé.
Marche silencieuse à Amiens |
Environ 200 personnes ont participé à une marche silencieuse vendredi matin dans le quartier Nord d'Amiens après l'accident du jeune russe. La mère d'Ivan et son père étaient en tête du cortège de la marche, qui est partie de l'immeuble où s'est déroulé le drame pour aller quelques minutes devant le commissariat du quartier et s'est terminée devant l'hôpital où l'adolescent de 12 ans se trouve toujours dans le coma. Des habitants du quartier, des soutiens de la famille et des militants associatifs défendant les sans-papiers ont participé à la marche organisée à l'appel du Réseau Education sans frontières. Quelques participants tenaient des pancartes dont l'une proclamait notamment "Non à la chasse à l'enfant et à ses parents". Des militants associatifs ont pris brièvement la parole devant l'hôpital pour dénoncer "le harcèlement" des policiers à l'encontre des sans-papiers. |
Avec Agence
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