Francis Evrard © TF1/LCI
Le père d'Enis se dit "pire qu'écoeuré"
Un médecin de la prison de Caen, où était détenu le pédophile récidiviste Francis Evrard avant d'être écroué vendredi pour les rapt et viol du petit Enis, a reconnu lui avoir délivré une ordonnance pour du Viagra, a annoncé lundi le parquet de Lille. Le médecin "s'est présenté dans un service de police de Caen spontanément et a reconnu avoir fait cette prescription", a déclaré la procureure de la République adjointe de Lille, Brigitte Lamy, se refusant à donner plus de précisions.
Les propos du praticien corroborent ainsi les déclarations faites en garde à vue par Francis Evrard, qui avait été retrouvé mercredi soir, avec sa victime, en possession d'une plaquette entamée de Viagra, un médicament contre l'impuissance masculine. Selon des sources proches de l'enquête, le praticien, qui s'est présenté dimanche aux policiers, a expliqué avoir établi cette ordonnance en juin. Il a souligné qu'il n'avait "pas eu accès au dossier judiciaire de son patient", condamné en 1975, 1985 et 1989 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs.
Consternation
Des surveillants du centre pénitentiaire avaient averti la direction de la dangerosité de Francis Evrard avant sa libération le 2 juillet, selon un responsable syndical : "Nous avons signalé à notre hiérarchie qu'il tenait des propos dangereux, il disait par exemple qu'il souhaitait se rendre dans des pays où ce serait facile d'avoir des enfants", a indiqué lundi ce responsable de l'UFAP appartenant au personnel de surveillance de ce centre. Evrard "ne pensait qu'à ça en sortant, pour moi ce n'est pas une pulsion qu'il avait, mais quelque chose de bien réfléchi", a estimé ce responsable en précisant avoir fréquenté le pédophile pendant une dizaine d'années dans le cadre de son travail au centre pénitentiaire de Caen.
Francis Evrard, 61 ans, aurait indiqué au médecin vouloir "rencontrer des filles" après sa sortie de prison, le 2 juillet, d'après les mêmes sources. Son avocat Me Jérôme Pianezza avait indiqué samedi qu'il avait demandé du Viagra car il souffrait de "troubles de l'érection". Le pédophile, qui terminait alors une peine de 27 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs, aurait consulté le médecin dans le cadre de l'unité de consultations et de soins ambulatoire du centre pénitentiaire de Caen, ont précisé des sources proches de l'enquête.
Vérifications policières
La révélation samedi de la possible délivrance d'une ordonnance de Viagra par un médecin de la prison avait suscité la "consternation" de la famille d'Enis. "Si cela est avéré, c'est totalement scandaleux quand on connaît le profil de cet homme", avait déclaré dimanche l'avocat du père d'Enis, Me Emmanuel Riglaire. Il avait jugé cette prescription médicale incompréhensible : "On a l'impression que cette personne n'a finalement été qu'enfermée pendant 18 ans et que "quand elle sort, on lui donne les armes pour recommencer".
D'après l'avocat de la famille, la Ddass s'est rendue dimanche au service médical de la prison de Caen. Cette "perquisition", qui a eu lieu avant même la venue des policiers, représente "une interférence de l'administration dans le bon fonctionnement de la justice", a-t-il dénoncé. La Ddass n'a pas confirmé cette information, déclarant simplement que ses services avaient été "sollicités de différentes manières" dimanche. Des policiers de Lille se sont en outre rendus lundi au centre de détention de Caen, pour réaliser des "vérifications", et à Rouen pour enquêter auprès des pharmacies qui auraient pu délivrer le Viagra.
| Sarkozy a promis des "lois plus sévères", selon le père d'Enis |
Nicolas Sarkozy a apporté lundi son "soutien" au père du petit Enis, a indiqué Mustafa Kocakurt à l'issue de son entretien avec le président. "Si je suis venu ici aujourd'hui, c'est pour que les lois puissent changer, puissent être plus sévères, pour des monstres comme cette personne là, parce que je trouve pas ça normal qu'il puisse être dehors", a ajouté le père d'Enis. "Le président m'a promis de changer tout ça, et que tout sera mis en place pour que les lois puissent aller dans le bon sens, c'est-à-dire des lois plus sévères et que ces gens ne sortent jamais", a-t-il dit. "Des lois vont être mises en place, plus sévères, il me l'a promis, j'espère de sa part qu'il va tenir parole", a-t-il insisté. (D'après agence) |
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